Archive pour décembre 2009

Communiqué de presse

Dimanche 20 décembre 2009

ppm-logo

Le PARTI PROGRESSISTE MARTINIQUAIS rappelle que dans le cadre de la campagne sur l’évolution institutionnelle et statutaire de la Martinique, il a choisi d’adhérer à la démarche initiée par le Mouvement des Autonomistes et Progressistes (MAP) et milite de ce fait pour une autonomie pleinement et collectivement assumée à travers « la Troisième Voie ».

De fait, le PPM n’est impliqué dans aucun autre front, rassemblement ou collectif existant à ce jour.

Fort-de-France, le 20 décembre 2009

Didier LAGUERRE
Secrétaire Général du PPM

IN MEMORIAM, Camille Darsières, 3 ANS DÉJÀ 14/12/2006 – 14/12/2009

Lundi 14 décembre 2009

Trois ans déjà que Camille Darsières nous a laissés. C’est à la fois comme si c’était hier et en même temps comme si c’était incroyablement lointain. Comme si c’était hier parce que ses amis ne peuvent pas ne pas se rappeler ce triste petit matin du jeudi 14 décembre 2006 quand la nouvelle nous a sorti du lit, incapable dire un mot pendant de longues minutes, mal en point, tout juste en mesure de nous traîner jusqu’à son domicile à Clairière, mais hors d’état de faire la moindre déclaration. Comme si c’était incroyablement lointain, parce que, en ce troisième anniversaire, nous n’avons pas senti autant qu’il nous paraissait souhaitable, l’élan qui au lendemain de sa disparition semblait devoir soulever le PPM, pour le mettre au niveau de l’espérance du meilleur de ses bâtisseurs.

J’avais essayé d’intervenir à la cérémonie organisée au siège du PPM deux jours après son enterrement au cours d’une de ces réunions du lundi dont il avait été l’inventeur et le mainteneur. Pour assurer la pérennisation de la mémoire du principal organisateur du parti d’Aimé Césaire, j’ai décidé le soir même d’écrire à la direction du Parti pour faire deux ou trois propositions que j’avais été incapable de formuler clairement devant les militants.

La seule réponse écrite que j’ai alors reçue de mon balisier m’a amené à commencer à rédiger une justification de ces propositions. Dans mon esprit, cela devait tenir en une page ou deux. C’est cette réponse qui est devenue le livre de quelque trois cents pages qui devait paraître le 14 décembre 2008 pour le second anniversaire de sa mort, Hommage à un grand Martiniquais, Camille Darsières. C’est en le relisant juste avant d’en remettre à l’éditeur la copie définitive que j’ai mieux mesuré tout ce qu’il y manquait, que je n’avais pas eu le temps de développer et qu’il faudra bien compléter un jour ou l’autre, moi-même ou un autre, peu importe, si on veut rendre à Camille l’hommage qu’il mérite et signaler au pays tout l’enseignement qu’il peut tirer d’une meilleure connaissance d’un de ses serviteurs qui ne mettait rien au-dessus de l’amour et du respect qu’il portait à son peuple.

Deux ou trois traits de son caractère me paraissent dignes de retenir l’attention : sa modestie, sa sensibilité et son optimisme. Sa modestie d’abord. Trois ou quatre mois à peine avant sa mort, je lui avais annoncé mon intention d’écrire sur lui, à la demande du directeur du monumental Dictionnaire Biographique du Mouvement Ouvrier Français, Claude Pennetier, une brève notice. Il s’y était opposé estimant qu’il n’y avait pas sa place et me suggérant d’autres noms plus dignes, selon lui, de figurer dans ce dictionnaire.

Le second trait de ce caractère apparemment si froid, si distant, c’était son extraordinaire sensibilité. Jean-Claude Duverger, son suppléant aux élections législatives de 1993 à 2002 et l’un de ses plus fidèles amis, m’accompagne souvent dans la présentation de mon livre. Il rappelle chaque fois une anecdote qui l’a beaucoup frappé. Devant les accusations ignobles portées contre lui à partir de 1992-1993, touchant les difficultés financières d’une Collectivité qui, sous sa présidence, avait construit trois lycées en trois ans, il lui arrivait de fondre en larmes devant Jean-Claude en lui racontant les affres de sa mère (plus de 95 ans), qui ne croyait pas un traître mot de cette campagne odieuse, mais ouvrait chaque matin France-Antilles avec la hantise d’y voir annoncer l’arrestation de son fils.

Le troisième trait qui me semble mériter l’attention c’est pourtant l’optimisme dont il pouvait faire preuve dans les moments difficiles. À l’heure où les noyeurs de poissons racontent tant et tant de sottises à propos de la construction d’un lycée de transit pour accueillir quelque 1200 élèves en attendant la reconstruction du Lycée Schœlcher, je me souviens de l’une des plus belles performances jamais réalisées par un responsable politique au profit de la jeunesse de son pays. Informé par le recteur Claude Lambert, fin février 1989, du risque de se retrouver avec 800 élèves sans domicile fixe à la rentrée de septembre 1989, Camille avait fait adopter par la Commission Permanente une délibération prévoyant la construction d’un lycée de transit pour la rentrée de 1989. Il n’y avait ni terrain, ni plans, ni financement. La première pierre de cet établissement a été posée début Avril, ce qui devait provoquer sourires amusés, haussements d’épaules sceptiques et ricanements homériques. Le Lycée de transit, Acajou 1, au Lamentin, n’en ouvrit pas moins ses portes le 1er septembre 1989, au bout de cinq mois, à la grande satisfaction de toute la communauté, élèves, professeurs, personnels et parents.

À l’occasion de ce troisième anniversaire de sa mort, je ne sais lequel de ces traits mérite le plus de respect. Je me flatte de l’avoir assez bien connu pour ne pas me craindre de me tromper en affirmant qu’il eût sans doute apprécié qu’on rappelât en quoi il était aussi un digne fils de Césaire : dans les moments les plus difficiles, il savait dompter le pessimisme de sa raison par un inaltérable optimisme de sa volonté.

Un dernier mot. À un mois d’une importante consultation populaire sur nos institutions on ne me pardonnerait pas mon silence sur la position de Camille Darsières sur cette question. Il était l’ennemi de tous les simplismes. Il refusait de tenir ses adversaires pour des imbéciles et pour des lâches. Le contraire de ces petits marquis aux talons roses au nationalisme d’autant plus ombrageux qu’il est plus tardif, d’autant plus hargneux qu’il a beaucoup à se faire pardonner. Ils n’ont pas encore commencé à faire avec lui ce qu’ils ont fait ou plutôt qu’ils tentent de faire avec Césaire. Après l’avoir couvert de tombereaux d’injures et des tonnes de crachats, ils voudraient l’enterrer sous des montagnes de fleurs.

Ils se contentent pour l’instant de faire porter à Camille, avec la formule du « chat en sac » – qui n’était d’ailleurs pas de lui – la responsabilité de l’échec de ceux qui préconisaient en 2003 le vote en faveur de l’article 73 de la constitution. Soit dit en passant, ce même article qu’ils présentaient alors comme le premier pas d’une démarche nationaliste et qu’ils dénoncent aujourd’hui comme le dernier avatar de l’assimilationnisme.

Je rappelle qu’à la consultation du 7 décembre 2003, Camille Darsières a assumé, probablement avec moins de conviction que de discipline, la position de son parti dans un article du 8 octobre 2003 qui se termine sur ces mots : « le oui ne devra pas stopper notre vigilance. Mais tout au contraire susciter et impulser une authentique mobilisation. ».

Le PPM ne dira pas autre chose le 10 janvier prochain. En ce sens il est dans le droit fil de la pensée de l’un de ses meilleurs dirigeants parce que, tous comptes faits, l’un des plus fidèles disciples de Césaire.

Au Robert 12/12/09
Edouard de Lépine

Lycée Schoelcher

Samedi 12 décembre 2009

L’ARROSEUR ARROSE ou comment l’UPEM paie son engagement politique

Tout le monde connaît l’UPEM, l’Union des Parents d’Elèves de la Martinique. L’association passe pour turbulente car elle semble de tous les combats. Tous ? Certainement pas ! Les deux figures emblématiques de l’UPEM, permanents en réalité de l’association, Arneton et Marajo, auxquels il faut ajouter M. Lavril qui fut un temps président de l’UPEM.

Ce sont en effet eux que l’on a vu monter au créneau pour attaquer le SNES et les lycéens du lycée Schoelcher, allant jusqu’à réclamer sa fermeture. Car, l’UPEM apparaît directement liée à la Région et ne semble travailler que pour faire le travail que la Région de Marie-Jeanne n’est pas en mesure de faire. On les a ainsi vu une dizaine bloquant la voie Robert-Fort-de-France au rond point de Mango-Vulcin pour s’opposer vainement à la construction de l’hôpital censé permettre de reloger tout ou partie de Colson. Ils s’y opposaient sous prétexte que la méthode antisismique utilisée n’avait rien à voir avec celle que l’architecte Hubert préconise au sein de la Région, avec des appuis antisismiques fait de ressorts de caoutchouc censés permettre d’amortir les chocs sismiques et dont éviter tout délabrement du bâti. Cela méritait-il cependant de tenter de bloquer la construction de l’hôpital ? Oui sans doute si la vie des malades était en danger, non s’il s’agit en réalité de mener un autre combat, plus occulte celui-ci, pour renforcer le discours d’une Région systématiquement opposée à la France et qui tente de démontrer par le discours qu’elle est mieux placée que la France pour gérer les problèmes essentiels qui se posent aux Martiniquais.

Dans un passé un peu plus éloigné, on découvre Joe Arneton – que d’aucuns appellent Averel – muni d’un porte-voix et haranguant les élèves de Jacqueline Julius ex Godissard pour les sommer de ne pas aller en cours sous prétexte que leurs professeurs les méprisaient. Le seul effet de cette prestation aura été de liguer tous les professeurs – quelle que que soit leur appartenance syndicale – contre lui.

Mais il est un talent que l’on ignore chez Joe Arneton, c’est sa capacité à parler aux foules populaires. Il harangue comme un prêcheurs, avec des images simples, un discours qui emprunte des raccourcis et qui peut mentir éhontément pour aller droit au but.

Qu’il s’agisse d’Arneton ou de Marajo, ce sont les exécuteurs des basses besognes.

Dans l’affaire du lycée Schoelcher, ils tentent de peser de leur représentation de l’UPEM pour faire croire qu’ils parlent en connaissance de cause. On oublie qu’ils sont intervenus au rectorat il y a quelques années pour séquestrer le recteur madame Le Morzellec parce qu’elle avait décidé de fermer le lycée de Bellefontaine à la suite d’un rapport d’expert alarmant et après avoir obtenu l’accord du Préfet. La, l’UPEM avait affrêté des cars pour amener élèves et parents ainsi que sympathisants et claque pour s’opposer au recteur. En réalité, ils étaient là encore le fer de lance de la Région qui entendait rester maître chez soi. Le débat tournait en fait à l’affrontement Région-rectorat où la Région et l’UPEM faisaient du recteur le représentant d’un « Etat Français » qui se mêlait de ce qui ne le regardait pas, comme s’il continuait à se comporter en état colonial.

On ne peut manquer, au fond, de constater une certaine continuité dans la conduite de ces mousquetaires de l’UPEM, derrière une apparence incohérence. A l’époque de l’affaire de Bellefontaine, Arneton et Marajo criaient en choeur que si l’on fermait le lycée de Bellefontaine il faudrait fermer le lycée Schoelcher et tous les lycées de la Martinique qui n’étaient pas construits aux normes para-sismiques. Ils faisaient semblant d’ignorer que les lycées de la Martinique échappaient à ces normes en termes juridiques quant à la responsabilité des autorités de tutelles parce qu’il n’existait pas de telles normes à l’époque de leur construction. En même temps, lorsque le responsable académique du SNES de cette époque leur disait « chiche, faisons fermer tous les lycées de la Martinique », ils déclaraient que là n’était pas la question.

Voir nos deux compères aujourd’hui se faire les porte-parole de la sécurité et de la fermeture du lycée peut sembler paradoxal au regard de leur comportement pour le lycée de Bellefontaine. Et pourtant, dans les deux cas, ils volaient au secours d’une Région qui considére qu’elle décide seule chez elle. C’est en effet cette même intolérance qu’on a entendu chez Marie-Jeanne lorsqu’ils s’est adressé aux élèves du lycée Schoelcher venus à la Région réclamer la pérennité du lycée et de sa communauté. Le projet du lycée Schoelcher, s’il devait voir le jour ne pouvait être que la seule affaire de la Région.

Entendre et voir aux informations de ce mercredi 2 décembre, que les parents d’élèves du lycée ont fait taire Arneton et qu’ils l’ont fait partir de la salle de réunion avec le recteur témoigne d’un tournant intéressant en Martinique. On a même entendu une mère d’élève clamer « nous sommes le peuple » ! Puisse Marie-Jeanne l’entendre !…

Car, après tout, ce rôle de sbires de la Région est tout de même bien ingrat…à moins qu’il n’ait des compensations réelles. Que l’on sache, Marajo n’est plus père et Arneton s’il a paraît-il un enfant qui grandit a en tout cas finit depuis longtemps avec l’époque où ils étaient en collège et lycée. On a donc affaire à des permanents de UPEM. Cette dérive – car c’est une dérive de la démocratie – est inquiétante car elle témoigne bien d’un fonctionnement mafieux du pouvoir. Utiliser des hommes de main qui menacent les syndicalistes, qui menacent les élèves, cela relève du macoutisme. Et il faut le dénoncer systématiquement, si l’on veut qu’une démocratie puisse vivre.

De même avoir une telle haine – affichée – du blanc, et de tout ce qui pourrait apparaître comme un intellectuel,

cela s’appelle du fascisme.

Mentir aussi éhontément en déclarant sur les ondes que les représentants du collectif des élèves à la Région étaient venus s’excuser, alors que c’est Marie-Jeanne et Soumbo qui les ont rappelés; déclarer que le SNES ou que le collègue qui interpelle Marie-Jeanne a sa carte du PPM; tous ces mensonges dénotent une absence de scrupule, de morale et d’honnêteté sidérante. Cela dénote aussi une volonté assoiffée de pouvoir, et non une soif de justice.

Et l’on voudrait donner plus de pouvoir à ces énergumènes ?

Par Charles Savannah 2 déc. 2009
http://www.chat-en-sac.fr

Editorial d’Henri PASTEL sur Radio Canal Antilles 100.6

Samedi 12 décembre 2009

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Marigot, laboratoire du 74

Samedi 12 décembre 2009

On a beaucoup glosé sur ces maires palayi-palaya, « Oui padouvan/Non padèyè », qui après leurs macaqueries de 2003, font aujourd’hui la démonstration que la « mûre réflexion » du Congrès de décembre 2008 n’était qu’une mise en scène politicienne. Un de ceux qui sont suspectés de pratiquer le double langage est Ange Lavenaire, Maire-Conseiller général du Marigot, Président de la Communauté de Communes du Nord et fidèle bras droit de Claude Lise au RDM.

Suspecté sans doute parce que ses états de service de militant de gauche ne sont connus que de rares initiés, et qu’une simple allégeance au patron du Conseil général ne saurait servir de cache-sexe à 15 ans de politique conservatrice appliquée avec persévérance dans le fief bananier du Marigot. Ce dékalaj du politique par la rhétorique creuse et la démagogie hypnotique crée, avec mépris, l’abstention et l’apolitisme des masses par lesquels se maintiennent ces hommes de réseau. Ayant conquis une majorité par le vèglaj et la reconnaissance, formé et soutenu de manière occulte par son « parrain », Michel Renard, il fait partie de ces élus qui aiment à discourir sur le développement ou la jeunesse tout en confiant les clés de la commune au 3ème âge quand ses très nombreuses responsabilités (?) l’amènent hors de la commune, qu’il n’habite pas. Après 15 ans de conservatisme, d’immobilisme, de démission et d’incompétence le bilan de cette gouvernance est désastreux.

On peut dire que le Maire n’a investi sur rien (à part des parkings), et que ce que nous avions obtenu avec Michel Renard, nous l’avons perdu. A part la carrière politique du Maire, tout a vieilli, s’est tassé et effondré en silence. Le Marigot est sans doute la seule commune de l’île à n’avoir aucun terrain homologué dans aucun sport collectif. Les bénévoles et les jeunes de l’ASC Dominante, multiples championnes de Martinique dans les catégories de jeunes, doivent compter sur la compréhension de communes voisines, la JS Marigot joue à Macouba. Les deniers publics sont dilapidés par des décisions incohérentes et des chantiers mal gérés. Même Mona est passé par pertes et profits. Politique du trois-tapes-en-dos, du vin d’honneur, du job-6-mois (sé san ayen ki pa bon…) et de la gestion en « bon père de famille »…

Dans cette désolation sinistrée, j’étais vraiment curieux de la plaidoirie militante du prochain sénateur de la Martinique en faveur du 74 et de l’Autonomie. Et je ne fus pas déçu ! Première leçon : Ange Lavenaire n’est pas un tanbou dé bonda, qu’on se le dise ! Il défend effectivement l’Autonomie auprès de ses administrés ; sinon en meetings ou autres conférences, mais du moins dans la proximité de son bureau ou de ces échanges familiers qu’il affectionne. Mais quelle conception de l’Autonomie défend-t-il ? Leçon n°2 : Ange Lavenaire serait en réalité un des grands pionniers en la matière, il explique ainsi bravement que l’Autonomie c’est ce qu’il a toujours pratiqué et qui s’imposera de plus en plus à tous :

« l’Etat n’a plus d’argent, la commune n’a pas d’argent, le département est dépouillé par l’Etat, Chaben fait de la confiture avec l’argent de la Région, que chacun se démerde ; voila la réalité de l’Autonomie… ».

La logique voudrait que lorsque l’on n’a rien à proposer on reste chez soi profiter de sa retraite ; et qu’on favorise ceux qui, sur le terrain, prouvent que lorsqu’on « veut-ensemble », on peut… Mais au Marigot « être autonome » c’est ne rien demander au Maire, ne rien attendre de lui. Tout un appareil confisqué au bénéfice de quelques ego ; circulez, y’a rien à voir ! Car, c’est humain paraît-il, on ne saurait contenter tout le monde. Etre un « élu autonome » c’est être moins regardant, c’est légitimer la combine du chacun pour soi avec l’excuse de l’ « exceptionnelle crise » : I bon kons sa, débwouya pa péché… L’Autonomie à la sauce RDM est expérimentée depuis 15 ans au Marigot et j’invite chaque Martiniquais à faire le déplacement. Pour mesurer combien aucun article de la constitution ne peut rien à l’affaissement d’une ambition (ici même, il y a deux générations, Michel Renard fut élu communiste révolutionnaire, plus jeune maire de France, à 23 ans). Pour ensuite se poser froidement la question : une analyse en termes de 73 / 74, suffira-t-elle pour faire comprendre aux Marigotains –et à leurs nombreux semblables– qu’avec les mêmes au pouvoir, à l’avenir ils ne peuvent s’attendre qu’à encore moins ? C’est, pour aveu, ce qu’ils appellent « le langage de la responsabilité », et qu’il s’agit de contester en ce qu’il masque d’inertie incompétente et d’inhabilité chronique face aux enjeux réels de notre temps…

KENJAH

Serge Letchimy interroge le gouvernement sur situation économique et sociale de la Martinique

Mercredi 9 décembre 2009

Mme la présidente. La parole est à M. Serge Letchimy, pour exposer sa question, n° 815.

M. Serge Letchimy. Monsieur le secrétaire d’État chargé de l’emploi, la Martinique connaît une situation économique très difficile, due à la fois à la crise économique mondiale et aux différentes crises que nous avons connues sur le plan social. Les entreprises les plus touchées sont les TPE ou les PME, qui représentent, je le rappelle, 90 % des entreprises locales. La crise a entraîné une perte sèche d’environ 10 000 emplois, ce qui porte le nombre de chômeurs à la Martinique à 45 000, soit 25 % de la population.
Des dispositifs sont mis en place par les institutions locales mais je souhaiterais savoir quels mécanismes d’accompagnement sont susceptibles d’être mis en œuvre et quel bilan le Gouvernement dresse de l’intervention d’Oséo et de l’Agence française de développement en Martinique.
Par ailleurs, des associations très importantes jouent un rôle fondamental, notamment en matière d’économie sociale. Quelles contributions peuvent être apportées et peuvent-elles notamment bénéficier de mesures d’accompagnement ?
L’activité touristique n’échappe pas à la crise. Nous sommes passés de 1 million de touristes par an à moins de 400 000. Existe-t-il des dispositifs particuliers, d’autant que nous sommes touchés par « l’effet chlordécone » ? Comment l’État peut-il accompagner les institutions locales pour la commercialisation de la destination martiniquaise ?
Le chlordécone a des effets collatéraux. Ainsi, le préfet de la Martinique a pris la décision d’arrêter la commercialisation de produits venant de la mer. Quelles mesures sont prises pour compenser ces pertes financières très importantes ?
Enfin, les conditions de mise en œuvre du RSTA et du régime fiscal qui lui sera applicable risquent, du fait de certaines dispositions, de faire perdre à certains bénéficiaires une partie de leur pouvoir d’achat. Des mesures de compensation sont-elles prévues pour ces familles ?

Mme la présidente. La parole est à M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi.

M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi. Monsieur le député, vous soulignez à juste titre la situation économique délicate dans laquelle se trouve la Martinique suite à la crise mondiale et à la crise sociale du début de l’année.
Le dernier conseil interministériel de l’outre-mer a prévu un ensemble de réponses en faveur des PME qui constituent, vous l’avez indiqué, le tissu économique majoritaire en Martinique. Les objectifs sont au nombre de trois : améliorer l’accès au marché, rendre les TPE-PME plus compétitives et renforcer leur structure financière.
S’agissant des conditions d’intervention d’Oséo, il faut savoir que cet établissement public est représenté outre-mer par l’AFD, le but étant d’améliorer l’intervention outre-mer en étendant la gamme des produits d’Oséo distribués outre-mer. Par ailleurs, le fonds de garantie DOM permet la couverture des crédits bancaires à moyen terme à l’investissement et à la restructuration des entreprises. À ce dispositif s’est ajouté un nouveau volet de garantie des crédits.
Vous m’avez interrogé également sur les associations d’insertion. Je suis prêt, par l’intermédiaire des services de l’État déconcentrés, à voir comment mieux venir en aide aux associations d’insertion. C’est un domaine auquel je crois, en faveur duquel nous avons investi de l’argent au titre des politiques de l’emploi et qu’il faut continuer à soutenir.

Concernant le RSTA, il avait été mis en place dans l’attente du RSA par un amendement au PLF pour 2010. Dès lors que le RSA sera mis en oeuvre dans les DOM, il le sera dans les mêmes conditions fiscales que le RSA en métropole, ce qui est parfaitement normal en termes d’équité républicaine, à laquelle je sais que vous êtes attaché.

Pour les activités touristiques, le but est d’abord de préserver l’offre hôtelière dans la crise, ensuite de soutenir la demande, notamment par des campagnes de promotion, enfin, à moyen terme, de mettre en place un groupe de travail notamment sur la desserte aérienne des Antilles, qui est un des goulets d’étranglement majeurs.
S’agissant enfin de la question de la contamination des produits de la mer par le chlordécone aux Antilles, des mesures ont en effet été prises par le préfet, qui concernent uniquement la commercialisation dans certaines zones. Dans le même temps, les services du ministère de l’agriculture travaillent à définir un dispositif d’accompagnement des pêcheurs. Enfin, des campagnes de promotion pour la consommation des poissons frais issus de la pêche locale sont en cours d’étude avec les professionnels.

Mme la présidente. La parole est à M. Serge Letchimy.

M. Serge Letchimy. Concernant Oséo, je crois qu’il serait intéressant de dresser un bilan de son impact. Il semble qu’une vingtaine de dossiers soient traités, alors que des dizaines d’entreprises sont en difficulté. J’aurais aimé que votre ministère fasse une expertise, en concertation bien sûr avec les institutions locales, pour voir comment on peut augmenter le nombre de personnes pouvant bénéficier du dispositif d’accompagnement.

Lycée Schoelcher: motion du conseil d’administration

Lundi 7 décembre 2009

Communiqué de presse

Le Conseil d’Administration du lycée Schœlcher samedi 5 décembre 09 s’est déroulé en présence du recteur qui a tenté une ultime médiation entre ville et région également présentes.

Malgré une discussion longue, aucun accord n’a manifestement été trouvé, le représentant de la région rappelant qu’il n’avait rien à négocier.
La motion suivante, émanant du SNES, a été votée par 9 voix pour, 1 voix contre, 3 abstentions et 3 ne prenant pas part au vote :

Le Ca du lycée Schœlcher, réuni en sa séance du 5 décembre 2009 déclare, en dehors de tout débat politicien, vouloir :

  • La non dispersion de la communauté scolaire (personnels et élèves)
  • Le maintien de la structure pédagogique actuelle
  • Le transfert dans un lycée de transit à proximité pendant la durée des travaux
  • La reconstruction du Lycée Schœlcher sur site et dans les plus brefs délais.

Il se prononce contre la disparition d’un outil d’excellence, alors même que celui fonctionne encore très bien.

Le CA considère que si un audit doit être fait, il doit l’être par un organisme international, type SOCOTEC ou VERITAS dûment habilité pour ce genre d’audit sur la solidité en cas de séisme.

Serge Letchimy dans le débat à l’assemblée nationale sur la consultation

Lundi 7 décembre 2009

Monsieur le Premier Ministre,

Madame la ministre,

Chers collègues,

Le Président la République a décidé de consulter les populations de la Guyane, et de la Martinique, sur une éventuelle évolution institutionnelle et statutaire de leurs territoires respectifs, les 10 et 24 janvier prochains.

Ces deux dates sont un moment important dans l’histoire de la Martinique, comme l’ont été :

- 1946, ce grand moment qui consacrait 150 ans de lutte pour arracher l’égalité des droits, la fin du régime colonial, la fin de la spécialité législative qui autorisait toutes les inégalités et tous les dénuements….
- 1956, année où une revendication fondamentale, celle du droit à la différence et du droit à la lutte contre toutes les formes d’assimilation et d’aliénation subies par les peuples colonisés, était proclamé par la fameuse lettre à Maurice Thorez.

Cette consultation n’est pas seulement un évènement pour nous, martiniquais ou guyanais, c’est aussi un évènement pour la République française elle-même.

Soyons clair, ce n’est pas une lutte pour plus ou moins de subventions ou de franchise. C’est une lutte plus fondamentale. C’est une lutte pour la reconnaissance de la personnalité collective du peuple martiniquais, ce qui fonde la revendication, d’un droit à initiative, d’une autonomie capable d’instaurer l’expression de la différence sur un socle d’égalité et de solidarité incontestable ; une autonomie capable d’admettre qu’une loi puisse se construire localement sans que pour autant, le principe régalien de l’égalité des droits soit fragilisé, voire supprimé…
Or, les modalités de la consultation sont bien singulières : on vote d’abord et le contenu de la loi organique est connu après ! Cela ne donne pas toute la transparence démocratique nécessaire pour permettre à la population de voter en pleine connaissance de cause.
Certes, personne ne peut vous en vouloir, Madame la Ministre, vous appliquez les textes en vigueur.

Aujourd’hui, on nous demande de nous contenter d’un service minimum : 1h30-10 mn par député et, bien entendu, pas de vote ! La preuve est faite : nous Martiniquais sommes au stade des doléances et vous, au gouvernement, conformément à l’avis du Conseil d’Etat de 2003, vous n’êtes tenue qu’à une information d’ordre général.

Le Conseil d’Etat est d’ailleurs très clair à ce sujet. Je cite : « les documents qui seront adressés par l’administration aux électeurs ne doivent contenir aucune autre information que celles relatives aux conséquences qui résulteraient nécessairement, en application de la constitution elle-même, du changement proposé, quelles que puissent être, par ailleurs, les modalités de statut de la nouvelle collectivité qui seront ultérieurement fixées par le législateur ».
C’est un bien curieuse conception de la bonne information des électeurs. Est-ce cette idée que la République se fait des droits politiques et des droits démocratiques dans nos différents pays ?
Mais si vous le permettez, Madame la Ministre, j’aimerais ici m’attacher à cette notion « d’Egalité » pour tenter d’en faire le lieu d’une conscience républicaine ouverte.

Je dis d’emblée que l’égalité, ce n’est pas une demande d’assistanat.

Ainsi, lorsque le débat sur notre autonomie s’est ouvert en Martinique, je dois avouer que je me suis d’abord référé à la devise de la République à laquelle j’adhère.
Et je dirais même que c’est au nom de cette devise que, depuis Aimé Césaire, notre Parti – le Parti Progressiste Martiniquais – a fondé sa revendication d’autonomie dans le cadre de cette République.
Autonomie dans une conception généreuse de cette notion de « Liberté » : je le veux bien.
Autonomie dans la « Fraternité », cette fraternité qui sert aussi de base à la construction d’un monde plus juste et plus équitable : je le souhaite.
Mais autonomie dans la pleine reconnaissance de notre identité et de notre personnalité collective en tant que peuple : on en est loin.

Mais surtout : autonomie dans l’Egalité des droits.

Et c’est là que se pose le véritable problème.
Le dogme de l’Etat-nation a aussi conduit à cette conception d’une unité monolithique qui se traduit par une République dite une et indivisible. Une et indivisible, cela conduit à l’érosion voire à la néantisation plus ou moins active de la différence.

Mais dans ce monde globalisé, une autre Pensée s’affirme et devient essentielle, c’est celle de la diversité.

C’est cet esprit de diversité qui m’anime quand je défends la thèse de notre accès à un processus de responsabilisation. Mais dans le cadre actuelle de la conception assimilationniste de la République, cela ne peut se concevoir clairement sans une fragilisation, voire sans une rupture de l’égalité des droits.

J’ai défendu la nécessité d’une période d’expérimentation, de transition qui viserait à transformer notre future assemblée unique – celle à laquelle conduira la consultation du 24 janvier – en une « assemblée instituante » ; c’est-à-dire, une assemblée qui nous permettra d’enrichir de notre différence le fond commun républicain ;

C’est-à-dire, une assemblée qui nous permettra de préciser, en préalable à toute décision, les détails, tout au moins les grands principes de la loi qui réglera le transfert des compétences dans le cadre d’un changement de régime constitutionnel.
C’est pour cela que je demande de voter oui le 24 janvier à la collectivité unique dans le cadre de l’article 73, que je considère comme étape inaugurale d’une nouvelle ère de responsabilisation.

Comme nous refusons de nous enfermer dans le 73, nous considérons et nous disons bien qu’il s’agit d’un point de départ qui devrait comporter un pouvoir d’habilitation permettant aux autorités locales de légiférer au delà de deux ans. La loi organique doit être à cet effet revue, puisque la Constitution ne prévoie aucun délai.

Je ne m’inscris pas dans cet article 74 tel que rédigé aujourd’hui car il relève d’une conception étroite de la responsabilité. Il nous impose de décider avant même de savoir comment nous serons traités et dans son esprit, il proclame que toute accession à un degré réel d’autonomie doit se payer, de fait, par une fragilisation de la notion d’égalité.
Sur ce point, le comité Balladur est clair. Je le cite : « un tel choix, celui du 74, emporte pour principale conséquence que le régime d’identité législative n’est plus garanti par la Constitution elle-même, mais par la loi organique ce qui implique que s’ils étaient appelés à se prononcer sur cette question, les électeurs soient pleinement informés de leur choix ».
Dès lors, la vraie question est de savoir comment concevoir l’égalité dans le cadre d’une République qui reconnaît le droit à la différence, comme élargissement de l’espace de liberté.

La réponse doit venir d’une véritable constitutionnalisation de la notion d’autonomie, qui favorise l’élan des différences et des génies particuliers, sur le socle jamais remis en question, de la liberté, de l’identité et de l’égalité.

Madame la Ministre, l’article 74 tel que rédigé dans cette constitution, pose d’incontestables problèmes qu’il faut résoudre.

Il ne conduit qu’à une autonomie de rupture, voire de sanction. La gouvernance qui en découle est tronquée, fragmentée, saucissonnée !

Alors comment peut-on proposer pour la Martinique, un développement, dans le cadre de l’article 74, avec des compétences parcellaires, un pouvoir limité à l’adaptation des textes et des lois qui continuent à se faire en France ? Comment peut-on, libérer les énergies, la créativité et donner un cadre pour affronter les grands défis de ce monde, les drames sociaux et économiques qui minent nos pays sans se donner les moyens d’une gouvernance globale et la possibilité de maîtriser les principaux leviers économiques ?

Ici même, dans cette assemblée, A. Césaire parlant d’adaptation disait « vous voulez adapter la loi française aux département d’outre mer, autrement dit vous voulez changer le détail alors qu’il convient de changer l’esprit.. C’est là une entreprise absurde, et tout le génie du monde n’y parviendra pas…. »
De plus, le Conseil constitutionnel est sans concession à se sujet. Il précise que « adapter la loi, ce n’est pas en altérer la substance car l’adaptation n’est pas la dérogation ».
C’est pour cela, Madame la Ministre, qu’il faut donner au peuple Martiniquais la main, et du coup vous leur donnerez la plume : la première des libertés c’est la liberté de l’esprit. Il faut alors éviter de nous prédéterminer dans un article étroit et inadapté : l’article 74.
Je crois comprendre que le peuple martiniquais veut avant tout être martiniquais, caribéen et exister dans l’ensemble européen et français dans le respect mutuel et dans la dignité. Cela leur donne autant de devoirs que de droits. C’est pourquoi cette collectivité unique ne peut être qu’un point de départ, un espace de recommencement, un premier espace d’auto-organisation.

J’ai compris que la réforme constitutionnelle de 2003, a ouvert la possibilité de régimes politiques à la carte. Si en 2003, un pas a été franchi par des possibilités de légiférer localement, il nous reste à franchir un pas de plus.
Nous appelons à une transition constructive. C’est pourquoi nous vous interpellons Madame la Ministre solennellement. Le Président de la République a en effet ouvert une perspective le 26 juin 2009 en Martinique en déclarant que « la création d’une collectivité unique serait assortie d’un pouvoir normatif renforcé ». Il a même ajouté qu’après plusieurs années et à l’issue d’une évaluation du fonctionnement de cette collectivité, une seconde étape, vers plus d’autonomie pourrait être engagée.

Quelles initiatives seront envisagées par le Gouvernement sur cette question fondamentale ?

L’outre-mer a jusqu’ici été le moteur de la modernisation de notre constitution ; il est aujourd’hui indispensable que nous parvenions à la constitutionnalisation d’une véritable autonomie comme en Espagne, en Italie et au Portugal.
Au sortir de cette consultation, quelle qu’en sera le résultat, nous serons confrontés à la nécessité d’une beauté nouvelle : celle de transformer cette constitution pour que cette diversité qui fait la richesse de la France puisse se vivre dans la liberté, dans la fraternité et dans l’égalité inaliénable ! Je demande que la représentation nationale se saisisse de cette perspective, et qu’elle nous accompagne dans ce combat commun qui sera le nôtre durant les mois qui viennent.

Je ne peux conclure sans penser aux 200 000 martiniquais qui vivent ici dans l’hexagone et qui seront malgré eux des spectateurs passifs au moment d’un choix décisif pour leur pays.

Nous leur devons du respect. Nous avons besoin d’eux, comme ils ont besoin de nous.

Tableau comparaison Art.73, Art.74 de la constitution

Dimanche 6 décembre 2009

Des agents pris en otages?

Vendredi 4 décembre 2009

L’invitation du président MARIE-JEANNE, reçue par le personnel du Conseil Régional pour entendre des explications sur l’évolution statutaire et la fusion des deux collectivités était elle une opération de propagande politique formellement interdite par la loi ? A écouter le président du conseil régional, ce n’était nullement le cas ! Il ne s’agissait, pour lui, en tant que chef de l’administration régionale, que d’expliquer aux agents de la collectivité comment se passerait la fusion avec le conseil général.

Que c’est touchant, cette sollicitude toute paternelle et qu’est-ce qu’on aimerait croire Alfred MARIE-JEANNE ? Malheureusement, les faits démontent cette version servie à la presse !

Invitation ou convocation ?

Le personnel du conseil régional, plus de 700 agents, avait-il le choix ?
Conviés sur leur temps de travail, après que les services du conseil régional eurent été fermés pour l’occasion, les agents de la collectivité qui devait se rendre à Madiana par leur propre moyen, étaient invités à SIGNER UNE LISTE D’EMARGEMENT.
Pourquoi faire et pourquoi pointer si chacun était libre d’y venir ou non ? Etait-ce pour identifier ceux qui auraient le culot de ne pas déférer à la convocation, car s’en est bien une, de leur employeur ?

Des invités…. en vedette américaine

Dans la salle, on aurait pu s’attendre à un dialogue entre le président de la collectivité, en qualité de chef de l’administration régionale et ses agents. Ils eurent en prime, Daniel MARIE-SAINTE, Vincent DUVILLE et Sandrine SAINT-AIMEE, présentée en sa qualité de juriste parce qu’avocate dans le civil !
Il ne s’agissait donc pas, comme on a pu l’entendre, d’une réunion « intime », mais bien d’une rencontre convoquée par le président de la collectivité à des fins partisanes puisque ses 3 supplétifs dont la présence et l’intervention ont soigneusement été dissimulées à la presse sont tous membres du MIM !

Un contenu…..aussi creux qu’une calebasse

De quoi a-t-il été question ?
Il s’agissait de dire aux agents de ne pas avoir peur du 74, sentiment d’autant plus infondée qu’ils sont fonctionnaires et que, par conséquent, aucun licenciement ne pourrait les frapper ! C’est à voir ! Car à coté des fonctionnaires, la gestion MIM-CNCP a multiplié les emplois de contractuels qui permettent d’embaucher et de rétribuer des militants ou de faciliter des élections, à Sainte Luce comme à Rivière Salée ou aux Trois Ilets !!
Quant à la fusion, en dehors des platitudes habituelles, aucune précision n’a été apportée puisque qu’aucun projet de fusion n’existe à ce jour.
Il s’agira d’une opération délicate à mener car de nombreux services feront double emploi : services techniques régionaux et DDST, Service Education, logement, santé, action sociale de chacune des collectivités, lesquels étudient souvent les mêmes dossiers…etc. Sous la direction de qui vont se trouver les nouveaux services créés dans le cadre d’un nouvel organigramme ?
En pareil cas, la loi naturelle, c’est que le plus gros (le Conseil Général) avale le plus petit et, le Conseil Régional ! Faire croire que cela ne posera aucun problème est donc totalement mensonger.

En dépit des apparences, le personnel de la Région est resté sur sa faim car il n’y a pas eu de réponses précises à ces questions légitimes ! Mais tel n’était pas le but de cette réunion.

L’objectif d’Alfred MARIE-JEANNE est évident : battre le rappel, mettre le personnel sous pression, assurer devant un auditoire pris en otage la propagande d’un camp, la diffusion des idées d’un camp, et ce au mépris de l’obligation de neutralité qui est exigée de la fonction publique.
Jolie conception de la démocratie que voilà ! Que c’est facile de tenir un discours partisan lorsque l’on s’arrange pour ne pas avoir de contradicteurs ! Et c’est à cet homme là que les martiniquais devraient confier leur avenir ?

Une gestion du personnel d’un autre âge

Le personnel du conseil régional a d’autant plus de raison de se méfier que déjà aujourd’hui, c’est le règne des petits copains et du favoritisme qui sévit. Pour obtenir une promotion, mieux vaut être du coté du manche, c’est-à-dire du MIM ! Même ceux qui se cantonnent dans une stricte neutralité ont du souci à se faire ! Quant aux autres, ils n’ont pas intérêt à être aperçus aux réunions publiques de Serge Letchimy, crime s’il en est.

Ainsi plus d’une vingtaine d’agents qui ont passé avec succès un concours leur permettant d’accéder au grade supérieur n’ont pas été nommés alors que la Région a financé leur préparation. Certains ont attendu 3 voire 4 ans pour obtenir que le succès à un concours soit pris en compte. D’autres agents (attachés territoriaux et attachés principaux), inscrits sur la liste d’aptitude, espèrent une promotion tout en sachant que des critères autres que celui de la compétence président au choix.
Les commissions paritaires sont vidées de leur rôle et le président de la collectivité n’en fait qu’à sa tête. Aucune administration, ni territoriale, ni hospitalière ni d’Etat ne fonctionne de cette manière et on n’imagine pas que cela serait possible sans que les personnels et les organisations syndicales ne se mobilisent.

Mais voilà, en Martinique, quand il s’agit de la Région, les centrales syndicales ouvrières regardent ailleurs et les personnels de la collectivité sont pétrifiés de peur.

Car chacun le sait qu’à la Région, l’ambiance de travail y est détestable, que la délation y est favorisée, que la proximité politique tient lieu de compétences et que beaucoup d’agent viennent y travailler à reculons. Et beaucoup espèrent un changement……en mars 2010 !!

Le 3 décembre 2009
Karl PAOLO