Saint Denis de La Réunion 21,22 et 23 novembre 2011
Discours du Président du Conseil régional de Martinique Serge LETCHIMY
Monsieur le Président du Conseil régional de la Réunion,
Monsieur le Président….
Mesdames, Messieurs,
Je tiens d’abord à vous présenter mes excuses pour mon absence à ce séminaire Convergence « Préparons l’avenir » au moment même où, suite aux récentes propositions législatives de la Commission européenne, notre avenir est en train de se jouer dans les différents débats inter institutionnels du parlement et du conseil.
Lors de la conférence des Présidents des RUP qui s’est tenue à la Martinique en ce début de mois et pour laquelle je tiens à remercier individuellement et collectivement tous les participants pour la qualité de leur intervention, nous avons avec force, ensemble, rappelé à la commission Européenne l’importance de maintenir un traitement spécifique pour les RUP.
A l’heure d’une Europe à 27 mise à mal par la crise financière mondiale et de la diffusion généralisée d’une approche « gagnant-gagnant», quelle reconnaissance, quelle place pour les RUP ?
Je partage l’idée que nous sommes les premiers acteurs de notre propre lendemain. Notre reconnaissance est d’abord une reconnaissance de nous-mêmes, par nous même de nos atouts, de nos richesses. Placés aux quatre coins du monde, riches d’une biodiversité exceptionnelle, d’un métissage culturel, nous pouvons être une chance pour l’Europe de demain.
Alors oui, nous devons nous battre pour que nos territoires ne soient pas réduits à des statistiques mais reconnus pour leur juste valeur. Et la reconnaissance de cette juste valeur passe d’abord par notre capacité à nous inscrire dans de nouveaux schémas de gouvernance où logique de projets, innovation, mesure de l’impact qualitatif sont les maîtres mots.
Les propositions actuelles de la commission ne nous sont pas favorables, j’en veux pour preuve que l’article 349 du TFUE n’est pas toujours visé dans les considérants des règlements spécifiques.
En particulier sur l’allocation spécifique RUP, la dilution de notre article est patente :
• Réduction significative de l’enveloppe de l’allocation spécifique des RUP : – 44%
• Obligation de justifier de nos surcoûts
• Taux de cofinancement de 50 % alors que le mainstream est à 85 %
• Un fléchage de l’ASRUP de 50% sur la diversification économique, qui bien que fondamental ne correspond pas aux enjeux premiers de l’ASRUP qui vise à compenser des handicaps structurels permanents
En général sur l’ensemble des politiques sectorielles :
Telles que la pêche, l’agriculture où nos spécificités sont ignorées et notre développement endogène menacé par certains accords commerciaux, comme par exemple, les APE UE –Mauritanie ou encore UE – CARICOM ou UE – MERCOSUR semblent en contradiction avec la stratégie de l’UE à destination des RUP et notre incapacité à mobiliser les clauses de sauvegarde, trop rigides. Si je salue la proposition du parlement européen qui vise à allouer au POSEI une enveloppe supplémentaire de 30 millions pour le secteur de la banane, qui a été lésée par ces accords MERCOSUR je rappelle que c’est tout le secteur agricole et toute la pêche qui sont impactés.
En tant que frontières extérieures de l’Europe, les RUP doivent pouvoir bénéficier d’une protection accrue de leur production locale, aujourd’hui menacée par la concurrence internationale.
Et enfin en matière d’insertion régionale, où si la proposition d’augmenter de 80 % est un effort significatif de la commission européenne, cette dernière n’a pas été au bout des possibilités laissées par les mécanismes de fonds de coopération et n’a pas abordé la problématique posée par une meilleure articulation FED / FEDER.
En ce sens, la conférence des Présidents qui s’est tenue à Martinique aura posé le principe d’une plateforme régionale de coopération en vue de renforcer le dialogue ACP –RUP dans chaque bassin régional.
Je sais pouvoir compter sur la Présidence des Açores pour continuer à porter haut le flambeau des RUP pour que nos atouts soient reconnus et que l’Europe n’ignore pas le caractère permanent et structurel de nos handicaps.
Je vous remercie

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