Archive pour la catégorie ‘Cooprération’

Accident mortel à Sainte Lucie: télégramme au premier ministre

Dimanche 13 novembre 2011

Monsieur le premier ministre de Sainte Lucie

Attristé par la douloureuse épreuve qui frappe votre Pays, je tiens à vous adresser ainsi qu’à toutes les familles des victimes, mes plus sincères condoléances. Sachez que tous les Martiniquais se joignent à vous et aux familles des victimes, et vous prient de croire en leur fraternel et affectueux soutien.

Serge Letchimy

Président du conseil régional de Martinique


XVIème Conférence des Présidents des RUP

Mercredi 26 octobre 2011

10ème Congrès caribéen des travailleurs sociaux

Jeudi 14 juillet 2011

Allocution de M. Serge LETCHIMY
Prononcé le 11 juillet 2011 à l’ouverture du 10ème Congrès caribéen des travailleurs sociaux – Atrium

«  Madame la Présidente, Monsieur le Président, Monsieur le représentant du Préfet, Monsieur le représentant de la Présidente du Conseil général, chers participants.
je veux tout d’abord saluer l’ensemble des personnalités qui viennent de la caraïbe et de l’Amérique centrale et des Etats-Unis, j’ai dénombré 17. C’est donc un congrès qui a de l’importance et qui est fondamental.

Cette expérience que vous menez depuis plus de dix d’années, je l’ai tentée en tant qu’urbaniste en réalisant ce qu’on appelle un congrès des architectes et des urbanistes de la Caraïbe. On a commencé cela, vers la  fin des années 80, par ce que mes camarades, dont certains que je reconnais ici dans la salle, sociologue qui y ont participé, ressentaient un désir extrêmement profond de se connaître, de partager, et surtout de partager une ambition de développement d’ingénierie, de conceptualisation de la question à partir à de notre histoire commune, de notre culture et de notre identité.

Cela semblait tellement important pour nous qu’on a complètement oublié l’argent, je veux dire le fric, parce que toute réflexion de celui qui conçoit c’est surtout de savoir comment on paie, comment on finance, avant toute chose.

On a complètement ignoré cela par ce qu’on s’est attaqué à un champ qui n’est pas très habituel pour les architectes et urbanistes, quand on parle de (rénovation) puisque généralement on s’attaque à la construction de bâtiments modernes : de grands buildings, des résidences pavillonnaires.

Nous nous sommes attaqués comme les architectes et urbanistes de la rue et des quartiers populaires, aux petits, aux pauvres, aux plus humbles. Et nous avons voyagé dans toute la caraïbe, vers Saint Domingue, vers la Jamaïque, à Kingston pour travailler sur comment régler la question de l’habitat populaire dans ces quartiers suburbains de Kingston, de Port au Prince etc.

Pour quelle raison je commence par cela, c’est parce que je considère qu’il y a des champs dans ce système économique très capitalistique, même si on se donne quelquefois des allures de sociétés de partage, on oublie quelquefois que les retombées de ce système peuvent être extrêmement graves et qu’à un moment donné cela se traduit par la paupérisation, la misère, et cela se traduit aussi par une nécessité de survie de tout un chacun qui s’exprime dans l’espace, dans l’habitat ou dans la vie d’un homme ou d’une femme.

D’un côté, c’était les urbanistes qui s’attaquaient à comment traiter Texaco, Volga Plage ou de Boissard, qui répondaient à une attente de besoin de conceptualisation et d’ingénierie.
De l’autre ma vie à croisé des femmes et les hommes qui essayaient de voir comment la maman qui se réveillait le matin pouvait donner à manger et à boire à ses enfants, comment elle pouvait s’abriter, comment elle pouvait faire éduquer sa famille, ses enfants, comment elle pouvait résister aux maladies, comment cette famille pourrait résister aussi à l’exclusion et à la drogue qui se substituaient à toute forme d’organisation de vie.

C’est-à-dire que ces deux histoires nous montrent bien que nous sommes face à des fléaux de la vie qui nécessitent de la solidarité, des moyens humains et surtout de la capacité de résister.

C’est pour cela que j’ai toujours dit, je le dis ici solennellement en tant que président de région, je salue très humblement le travail des travailleurs sociaux du monde entier, et plus spécifiquement, en l’occurrence, des travailleurs sociaux de la caraïbe, de la Martinique, de la Jamaïque, de la Guadeloupe, de Trinidad et d’ailleurs.

Maintenant nous sommes face à une réalité exceptionnelle, je ne donnerai pas des chiffres que David Zobda a déjà donnés, mais lorsque ce niveau de chômage que nous connaissons, ce niveau de précarité, ces états qui s’enchaînent entre les conditions de vie et les conditions d’habitat, on peut se poser la question de quelle politique sociale à mener demain pour faire face à ces fléaux.

Dans une société, dans une économie qui ne cesse d’avoir une croissance forte, pas nécessairement là où on produit le plus de billets ; en France seulement, pour ne pas citer la Martinique, 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.
En France, 3 millions de personnes vivent dans des conditions d’habitat terribles.
Et à la Martinique 87 000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Et des dizaines de milliers de personnes attendent un logement, attendent un secours ou attendent une main tendue.

Je considère que l’une des grandes problématiques qu’il y a actuellement à faire, c’est de construire une politique publique où tout le monde se sent impliqué.
Pas seulement l’institution publique destinée à apporter des financements publics, mais aussi le secteur privé de chaque pays doit mieux s’insérer dans la politique de solidarité sociale et de l’emploi de ces pays.

C’est pour ça que la politique régionale a pris plusieurs décisions :

La première décision c’est la conditionnalité. Nous travaillons en respectant le droit pour faire de telle sorte que les subventions qui sont versées aussi par l’Europe, par l’État et la collectivité régionale, obéissent à certaines conditions.
Une des premières conditions est de faire acte de respect du développement durable.
La deuxième condition, c’est faire acte de solidarité notamment vis-à-vis de la jeunesse. Je ne comprends pas comment on peut financer des entreprises à 400, 500, 600 000 € et que ces entreprises ne font pas l’effort de prendre des jeunes en apprentissage. Ce n’est pas normal !

Je ne comprends pas comment on puisse dégager autant de profits quelquefois et qu’on ne puisse pas investir sur le développement durable et en même temps créer des filières notamment sur les énergies renouvelables. Je ne comprends pas. Pourtant c’est en investissant qu’on peut créer l’activité.

Nous considérons aussi que la question de la jeunesse c’est aussi la question de la liberté et de la solidarité, c’est pour cela que cette année nous avons pris la décision de lancer ce qu’on appelle les « jobs vacances », nous avons demandé aux entreprises de prendre un millier de jeunes en activité pendant les mois de juillet et d’aout. Cela permettra à ces jeunes, pendant les deux mois de vacances, de pouvoir se constituer un petit pécule pour ne pas se retrouver avec sa maman devant l’assistante sociale pour pouvoir acheter ses bouquins à la rentrée scolaire.

Cela montre bien que les réseaux de solidarité sont en train de se casser malgré la force de votre présence. Nous avons aussi décidé de lancer un plan « ambition jeunes », très puissant, avec 17 actions déjà enclenchées, destinées à accompagner la jeunesse.

J’ai pris cet exemple de la jeunesse, et je voudrais avant de conclure prendre un deuxième exemple. C’est la question des personnes âgées.

Nous avons actuellement une situation où on nous dit que dans 30 ans nous serons le « département » le plus vieux de France. D’ici à 2030, nous serons environ à 32, 36 % des personnes âgées de plus de 60 ans.

Comment remplacer les personnes qui vont partir à la retraite en identifiant par exemple une GEPEC (une gestion prévisionnelle des emplois),  de telle sorte à permettre aux Martiniquais, aux jeunes, d’intégrer l’activité laissée par ces personnes, on n’en parle pas, il faut en parler parce que l’activité salariale est une activité importante.
Deuxièmement, pour ces personnes, comment aborder la question de la croissance de l’activité du nombre de personnes travaillant par rapport au nombre de personnes qui ne travaillent pas pour ne pas être dans une déstabilisation permanente des ressources publiques.

Ces deux questions sont essentielles et il y a autour de cela une véritable ingénierie sociale à développer.

La 3ème chose, cela concerne les associations. Nous avons actuellement, et vous le savez bien, qu’elles soient institutionnelles ou non institutionnelles, mais ce sont des associations qui remplissent un rôle de plus en plus important dans tous les domaines, qu’ils s’agissent dans le domaine de la santé, de la toxicomanie, de la drogue etc.

Je considère qu’il va falloir faire évoluer la loi de 1901 destinée à donner  un véritable cadre à ces associations parce qu’on peut difficilement comprendre que ces associations qui mènent un travail social fondamental, soient en situation d’exposition très dommageable sur le plan juridique.
Se sont des bataillons avec des dizaines de salariés, voire quelquefois dépensant des centaines de salariés sans aucun filet juridique et sans aucun moyen financier stable.
C’est une hypocrisie nationale qu’il faut dénoncer
Ces associations prennent des risques d’employeurs sans compensations, des risques personnels, sans pour cela que les institutions publiques ne s’impliquent, notamment en matière de financement et d’encadrement juridique.

Je veux conclure en vous disant que je suis venu ce matin personnellement, parce qu’on ne peut pas se désolidariser de qui que ce soit, et j’ai été très intéressé de voir comment vous avez associé les frères et sœurs de la Caraïbe et d’ailleurs.

Et pour revenir au départ de mon propos, c’est peut être avec moins d’argent ou plus d’argent, j’en sais rien, mais il faut avoir les moyens, qu’on peut réaliser, je n’en sais rien mais, c’est certainement avec l’ingéniosité de chacun qu’on pourra construire toutes ces forces de résiliences et de résistance sociale ; c’est par  l’homme, c’est dans l’homme qu’il faut chercher, c’est dans l’intérieur de chaque individu qu’il faut chercher la petite étincelle qui pourra faire briller, et repousser les forces d’inertie , cela c’est extrêmement important.

Et au-delà du Congrès, c’est la dimension humaine qui est pour moi extrêmement importante et fondamentale.

C’est dans ce sens que la Caraïbe a besoin certainement de liens et nous devons construire ces liens, mais devons aussi en tant que collectivité aujourd’hui départementale et régionale, et demain collectivité unique dans trois ans, on doit pouvoir aussi vous accompagner sur le bassin caribéen de telle sorte qu’on ait des liaisons communes aériennes, maritimes et qu’on sache de quoi on parle, quand on parle du bassin caribéen.

La France doit savoir que 97% de ses surfaces maritimes se trouvent dans l’outre-mer et qu’à ce titre là cette richesse que nous possédons, nous devons les gérer entre nous ; et que les 45 millions d’habitants de l’arc Caraïbe, la mer ne doit pas nous isoler. C’est justement en transcendant ces distances que nous pourrons construire une société beaucoup plus solidaire en donnant la main à Haiti et en souhaitant qu’Haiti se développe et en cherchant aussi en Haiti les richesses fondamentales qui permettent à ce peuple de résister malgré les difficultés qu’il connait aujourd’hui.
Merci de m’avoir écouté. »

CYCLONE TOMAS : UNE ACTION DE SOLIDARITE EN FAVEUR DE SAINTE-LUCIE

Mercredi 17 novembre 2010

Le cyclone Tomas a touché de plein fouet certaines régions de Sainte-Lucie, en particulier la commune de Mark où de nombreux dégâts sont à déplorer : glissements de terrains, pans de quartiers engloutis dans la boue, infrastructures routières et réseaux d’eau… endommagés.

C’est dans ce difficile contexte, que les Présidents de Région de Guadeloupe et de Martinique, dans le cadre de l’Union Régionale Antilles Guyane et d’une déclaration signée le 10 novembre 2010,  ont effectué avec les autorités  de Sainte-Lucie, une visite de terrain, le dimanche 14 novembre 2010 afin d’évaluer la situation pour mieux cibler l’aide à apporter à ce pays.

Le président du Conseil Régional de Guyane empêché, a chargé Serge Letchimy d’adresser son message de soutien et de confirmer sa participation aux actions.

Les exécutifs de Martinique et de Guadeloupe ont été reçus par le Premier Ministre Stephenson King et par le Ministre des Travaux Guy Joseph. Ils ont d’emblée annoncé l’engagement pris par les trois collectivités d’apporter une aide commune de 240 000 €  (soit 80 000 € par Région).

Serge Letchimy a indiqué que : « le soutien de la Région Martinique est un acte de solidarité et de fraternité. Cette démarche des trois Régions est respectueuse et remplie de bon sens… ».

Après s’être entretenus avec les autorités et notamment le ministre des travaux, les Présidents des Régions de Martinique et  de Guadeloupe ont souhaité connaître les besoins matériels et techniques de Sainte-Lucie pour mieux dessiner les contours de leurs interventions.

Le Président, Serge Letchimy,  a indiqué que trois domaines d’intervention peuvent être d’ores et déjà  être soulignés :

-          l’acheminement et la distribution de l’eau aux familles (avec un envoi de palettes d’eau et le traitement de l’eau grâce à deux unités de la SME. La Région Martinique accompagnera  financièrement l’achat et le transport de ces moyens à Sainte-Lucie) ;

- matériel d’adduction d’eau

- soutien humanitaire divers,

- fournitures de matériel, et matériaux de base

- le soutien technique : avec la reprise des berges et des ravines avec des entreprises martiniquaises et guadeloupéennes apportant la logistique technique, les études et moyens technologiques pour la remise en état de certains ponts…

Les exécutifs ont souhaité que le Gouvernement de Sainte-Lucie, via le ministère des travaux transmette aux régions, la liste des besoins et les demandes urgentes qui permettraient au pays de faciliter sa reconstruction.

-          matériel d’adduction d’eau

-          soutien humanitaire divers,

-          fournitures de matériel, et matériaux de base

-          le soutien technique : avec la reprise des berges et des ravines avec des entreprises martiniquaises et guadeloupéennes apportant la logistique technique, les études et moyens technologiques  pour la remise en état de certains ponts…

Les exécutifs ont souhaité que le Gouvernement de Sainte-Lucie, via le ministère des travaux transmette aux régions, la liste des besoins et les demandes urgentes qui permettraient au pays de faciliter sa reconstruction.

Journées mondiales de l’urbanisme:discours de Serge Letchimy

Jeudi 11 novembre 2010

L’urbanisme, d’hier à demain, ou l’art de la transmission

J’ai lu dans le programme des JMU que vous évoquiez « la révolution urbaine en cours, en Colombie, à travers le projet de Medellin ».

Cela m’intéresse beaucoup, J’y reviendrai.

Je dois vous dire que je suis un enfant d’une autre révolution urbaine, fomentée par un homme qui fut à sa manière le grand Urbaniste de Fort-de-France, je veux parler d’Aimé Césaire.

Quelle est cette révolution, elle est si simple qu’elle est terriblement complexe : Avec Césaire, la marge est au centre.

Vous l’avez vu, entendu ou appris … A Fort-de-France, les premiers quartiers dits d’habitat spontané s’édifient au sortir de l’habitation, comme vous le savez sur du foncier municipal et sur les 50 pas géométriques.
Là où le pouvoir identifie une pathologie urbaine, une plaie sociale à éliminer plutôt qu’à soigner ; d’autant plus que les terrains d’implantions sont pour le moins ingrats, inhospitaliers, et dangereux.
Or, au lieu de repousser, de congédier, de dissuader, Césaire comprend, accueille, soutient, organise.
Le Nègre veut quitter définitivement le système de la plantation ?

L’Etat n’a pas de politique de l’habitat ?

Et bien, la Ville va soutenir l’implantation …
A Trenelle, a Volga plage Césaire parie que le quartier, même dans les conditions les plus pénibles d’habitat, de précarité, de promiscuité, de vulnérabilité, offre une chance d’intégration et un terrain de cohésion pour ces hommes et ces femmes qui par l’urbain deviennent enfin concitoyens.

Car l’on sait quelles sont les valeurs, homériques et héroïques, que ces hommes et ses femmes ont incarnées pour produire leur Habitat.
Ces valeurs, mélange de d’entraide et de solidarité, de persévérance et de courage, de savoir-faire et de débrouillardise … ces valeurs marquent le seau d’une forme de génie populaire.

Quand Césaire accueille, dans les années 60, la misère de la Martinique, l’exode des campagnes, des plantations par les plus pauvres – ce que G Torres appelle « le grand déménagement ». L’économie se dérobe et le centre de gravité de toute l’activité se déplace vers la plaine du Lamentin.

L’ouverture de l’aéroport, la réalisation progressive de l’autoroute, la multiplication des zones d’activités achèvent de déstabiliser l’économie urbaine et portuaire de Fort-de-France qui produit d’autant moins d’emplois pour les bras qu’apparaît la conteneurisation du port.
On passe des stigmates de servilité économique coloniale de l’habitation à une aliénante société de consommation.
Cette cruelle mutation génère une mobilisation exceptionnelle de la ressource existante ou résiduelle. Et c’est l’urbain qui en sera le théatre offrant à l’imaginaire et à la culture une nouvelle étape de l’organisation de la société Martiniquaise.

C’est dans la ville et dans les quartiers que va se jouer le combat de la Dignité et de l’Identité.

Césaire prononçait ceci :
« J’entends par culture, tout ce que l’homme fait, non pas l’instruction, mais tout ce que l’homme fait, tout ce qu’il fait et tout ce qu’il entreprend  de faire chaque jour pour organiser sa vie, c’est-à-dire pour s’accommoder à la nature et à l’histoire d’autre part… »
Aimé Césaire

On peut comprendre pourquoi au milieu des années 70, Aimé Césaire donne une nouvelle impulsion à la  politique culturelle  foyalaise avec la création du Sermac, irradiant le territoire de centres culturels dans les quartiers et organisant le Festival Culturel de Fort-de-France.

L’accès à la culture pour tous est synonyme de l’accès à l’urbain offrant à l’homme des espaces de liberté et d’émancipation inédit, un nouveau droit à la ville est né.
Cette nouvelle politique culturelle est centrée autour de la question cruciale de l’identité : c’est affirmer une présence au monde, c’est valoriser la culture et les arts de l’Afrique et de la Caraïbe.
La culture pensée et vécue comme vecteur de résistance et d’espérance.
La culture habite la ville, elle l’innerve, elle bâtit même la ville donnant ça et là au prolétariat ses lieux à l’aspiration bourgeoise ses niches de progrès dans un milieu ou les traces de la race continuaient à rythmer la géographie sociale.
La culture- le « koudmen », la solidarité, la maitrise du foncier permettent  la construction de maisons, basée sur la stratégie communautaire d’appropriation collective de la terre et du droit à la ville.

On était pauvre, mais on avait au moins cela : la culture, était auto-générée et auto-alimentée par la relation sociale, émancipant du coup l’urbain, les stéréotypes architecturaux validant le vernaculaire dans un vocabulaire singulier et un esthétisme conjurant le conformisme occidental.
Au total, l’œuvre urbanistique du Maire Aimé Césaire est éminemment décisive et fondatrice. Ce que nous vivions à Trénelle, on le vivait aussi au même moment à la SURZA à Saint Domingue, à Cité Soleil en Haïti à la perla à Porto Rico, ou ailleurs dans le sud dans les favelas du brésil.

La Ville  demeurait un espace démocratique, accessible et ouvert.

Aujourd’hui, de nouveaux périls (violence, drogues, trafics …) remettent en question ces acquis qui constituent un fondement de l’urbain : la capacité des quartiers a s’ancrer dans la ville, la capacité de la ville à produire de la citoyenneté.
C’est ce que les héritiers de Césaire ont à leur charge de mener à bien. Faire que la ville redevienne un espace de démocratisation de citoyenneté de solidarité et de construction du lien social.
C’est ainsi que, dans les années 80, nous avons provoqué la création d’une école martiniquaise de pensée et de pratique de l’urbanisme, discipline pluridisciplinaire par définition. (Lariamep)

Deux éléments fondamentaux caractérisaient ce mouvement, qui fut pour nous une véritable révolution urbaine :

  1. la conviction que les villes et les quartiers des Antilles s’inscrivaient dans le paradigme du Sud et non de l’Occident, dans une géopolitique caribéenne ou sud-américaine et non européenne
  2. notre capacité à initier une recherche alternative, déroutante pour les idées reçues, à la limite de l’anti-conformisme, pour faire le lien avec une soif inextinguible d’action, d’initiative et de réalisation.

Ainsi, au sein de l’ARIAMEP puis de la SEMAFF, nous avons mené bon nombre d’études sur l’histoire et l’aspect des divers quartiers des villes de la caraïbe et notamment sur les quartiers populaires.

Il fallait réorganiser au mieux ces foyers nés de l’exode rural, sans pour autant effacer les empreintes laissées par le peuple, quand bien même elles s’étaient matérialisées de manière anarchiques ; elles devenaient les marques de l’architecture propre aux populations locales.

La soumission à l’Occident voulait qu’on rase tout et qu’on reconstruise des HLM.

Nous avons au contraire cherché à préserver des lieux de mémoire tout en laissant jouer l’imaginaire.
Et Fort-de-France, est devenue,  petit à petit, un laboratoire de la ville caribéenne
Ce paradigme est majeur pour tout ce qui va suivre, et plus largement, pour tout ce qui peut être pensé et avancé concernant la culture et l’habitat urbain dans la Caraïbe.

Notre histoire, notre géographie, ont conduit nos peuples, caribéens et sud américains …

… à inventer des langues nouvelles avec le créole,
… à réinterpréter des croyances et des fois,
… à créer des musiques, des danses sur des rythmes nouveaux
… à éclore une littérature, une poésie, des contes par la magie de l’imaginaire (et c’est Césaire, Walcott, Carpentier …)
… à redessiner le monde comme l’éclat d’une peinture de Wilfredo Lam

Fort-de-France illustre ici une dialectique universelle aux villes du nouveau monde qui est valable pour Pointe-à-Pître, Cayenne, nos villes créoles, et à une autre échelle et plus loin, Santo Domingo, La Havane, etc …, villes tiraillées entre …
- d’une part l’héritage-fardeau des quartiers de survie urbaine,
- d’autre part l’obsession de l’idéal patrimonial et architectural,
- enfin l’attractivité et la modernisation dans un contexte de compétitivité locale, régionale et mondiale.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’inverser le paradigme pour créer des clés de lecture en phase avec notre réalité caribéenne et considérer la ville, le quartier et l’habitat comme une création culturelle.
La culture est avant tout l’ensemble des traits d’appartenance à un groupe social. Elle « habite » une esthétique propre et caractérise un peuple tout comme elle traduit et reflète ses forces, ses talents, son imaginaire, en un mot son génie créatif.
Cette révolution méthodologique et sémiologique rejoignait les stratégies naissantes du CARIMOS, qui avançait que le véritable patrimoine des villes du nouveau monde qu’est la Caraïbe, et plus largement des Suds, se trouvait tout autant sinon plus dans l’architecture du peuple que dans la monumentalité et le prestige.

Cette position critique est consubstantielle de notre rapport et de notre apport au monde :
… soit nous reproduisons, calquons ou « tropicalisons » les critères, les règles, les méthodes importés de l’occident (voire imposés);
… soit nous fabriquons notre grammaire pour que l’objet étudié (l’espace, la société …) puisse être lu avec pertinence et sensibilité.

… Les quartiers de Fort-de-France, laboratoires de la mangrove urbaine

C’est dans ce contexte et selon cette démarche que le concept de « mangrove urbaine » a été pour la première fois employée et diffusée.
La notion visait à conceptualiser les caractéristiques principales de l’occupation périurbaine à la Martinique, lors de ces 50 dernières années.
Sans faire le professeur, le terme de mangrove urbaine désigne une aire naturelle  d’espoir et de désespoir, d’une existence en perpétuelle renaissance, qui dans le lais et relais de la mer et de la terre exhorte la fatalité et initie le limon créateur de la fertilité.
Isolé et à la marge, flanqué dans les mornes et dans les ravines, les quartiers populaires défie la mort et nous invite aussi perpétuellement à la résistance et à la vie.
Ce terrain complexe et dynamique va devenir le terrain d’engagement d’un urbanisme progressiste, nous impliquant dans une nouvelle culture de la démocratie urbaine, et une nouvelle ingénierie de l’aménagement et de l’urbanisme. C’est un des défis de l’urbanisme contemporain, qu’elle soit caribéen ou, par extension, universel.
L’urbanisme, le travail social des quartiers, la conception et la production de notre habitat, ont vocation à lutter contre l’uniformisation identitaire et, partant de là, à répondre à la demande sociale et à exprimer une réalité culturelle.

Aujourd’hui, que se passe-t-il ?

On essaye toujours de refaire la ville.
Mais les repères ne sont plus les mêmes.
On est plus dans la jouissance de droits que dans la conquête de droit.
On est plus dans un bien être matériel que dans une aspiration existentielle.
Mais est-ce que cette ville qui se refait tient autant compte de la parole habitante, de cette manière populaire de créer la ville-équilibre ?

Est-ce que les habitants accompagnent la construction de cette ville ?

Oui, dans l’intention. Dans le fond des réalités, c’est moins évident.
La spéculation prend le pas sur l’usage et la survie ; l’égoïsme sur la solidarité.
Dans un contexte où les villes sont submergées de problèmes de tout ordre, seules les réponses d’interventions techniques ou de régulation sociale semblent s’imposer, occultant de plus en plus l’urbain et l’humain rangés au rôle de variable d’ajustement soumis pour le premier aux exigences de la rentabilité et pour le second aux contraintes d’une gestion technocratique de l’espace

Pour nous, l’orientation donnée au développement et à la rénovation de la ville doit concourir, en premier lieu, à restaurer une culture sociale, une identité.

Le « malecon » dans le vaste projet de renouvellement urbain en cours, à Fort de France est loin d’être un exploit technologique, c’est avant tout un projet culturel. C’est  un lieu où convergent les populations des quartiers et des communes de Martinique, un lieu où les gens se rencontrent de nouveau, échangent, s’expriment. On retrouve l’idée d’une urbanité partagée, génératrice de lien social et de respect de l’autre.

Je crois que s’impose  alors à nous l’âge d’une nouvelle révolution urbaine, celle de la ville durable, pour employer un terme « porteur », celle de la « Ville équilibre », je dirais.

Il doit avoir au départ de tout projet urbain l’expression d’un projet humain, pensé, négocié, débattu et partagé, puis contractualisé et opérationnalisé.
Cela ne peut correspondre qu’à une éthique politique fondé sur une vision enracinée de l’avenir.

Un projet urbain visant à

  1. restaurer des fonctions urbaines,
  2. intégrer la ville dans l’ensemble plus vaste (le pays, l’agglomération, la Baie …).
  3. établir une vision du quotidien et du devenir, de l’opérationnel immédiat et du prospectif …
  4. Enfin, l’adhésion des habitant n’est pas la moindre des conditions de réussite du projet : c’est la démocratie participative  …

Tout comme notre génération a pris le flambeau l’héritage Césairiste, il incombe aujourd’hui aux nouvelles générations progressistes d’anticiper les nouveaux défis du nouveau réel urbain.
Aujourd’hui, trois phénomènes modifient ces comportements :

  • le virtuel, avec l’impact des images banalisant la violence extrême (médias, net, câble.)
  • la mobilité, avec les outils de liberté que sont par exemple le scooter et le portable
  • le désœuvrement, généré par l’exclusion sociale et la relégation du monde économique.

Pour nos villes, c’est aussi ça « le réel urbain ».

Or, c’est dans cette jeunesse désœuvrée que se vivra l’avenir de la Ville et du Pays, dans l’équilibre négocié ou dans la rupture violente et désespérée.
Car au-delà des ces deux grands champs de mutation sociale, ce qui  apparaît dans nos villes contemporaines, c’est ce lent glissement du collectif vers l’individuel ; de la cause noble, mobilisatrice, au repli égoïste de la consommation et de la satisfaction des instincts immédiats.
Le défi qui attend la Ville de demain, c’est le développement durable réel, équitable, authentique, c’est de la relation sociale, et la capacité de l’urbain à protéger la vie et à générer la vie …
Alors Oui, je crois que l’ALTER-URBANISME évoqué lors de ces JMU me parait plus que jamais pertinent, je dis même vital
Et donc Oui, Monsieur le  Président de la SFU, M. Jean-Pierre Gautry,
chers Amis
J’ai très volontiers accepté l’idée de présider ces Journées Mondiales de l’Urbanisme 2010 de Fort-de-France, entre Martinique, Guadeloupe et Guyane, entre Caraïbe, Amériques et Europe …

Je l’ai fait conscient du chemin parcouru, au cœur de l’universel urbain.
Conscient mais aussi inquiet des défis à venir.
Une autre ère s’ouvre pour les nouvelles générations qui, Fanon le disait, est confrontée à sa responsabilité : c’est l’ère du développement durable, équitable, raisonné.
J’invite d’ailleurs les urbanistes de demain à réévaluer les contours de ce développement pour notre espace pour nos villes, , à une époque charnière où la crise internationale bouleverse de manière irréversible les convictions sur le marché tout puissant ou sur l’Etat régulateur.

C’est une invitation à faire projet, avec discipline et méthode, dans avec passion et générosité

Le concept d’autonomie sera bien l’idée majeure et la clé du développement pour ce XXIème siècle, à l’échelle de l’individu, à l’échelle de la collectivité. Et la Ville doit demeurer l’espace du collectif , l’espace de la créativité, de l’autonomie et des libertés humaines.
Voilà quel est le nouveau rendez-vous!
C’est pourquoi il me plait d’accompagner les projets de coopération, réciproque et constructif, avec Haïti bien sur, avec la Colombie et Medellin, j’ai bien entendu.  Ce pont avec une autre « révolution urbaine », suggéré par l’AFD, initiée par Fabrice Richy et Bruno Carrer, me donne l’occasion de saluer deux invités prestigieux de ces JMU :

  • César Augusto HERNANDEZ, urbaniste de Medellin, qui vous a subjugué –je le sais et je veux le voir- par sa présentation de la « révolution urbaine «  et des Plans d’Urbanisme Intégraux de Médellin »
  • Edwin QUILES,  mon frère de combat, de PORTO-RICO, qui a la formule de ce que nous devons être « des activistes urbains »

C’est pourquoi, enfin, il me plait de soutenir l’idée, incontournable, d’un Institut Urbain Caribéen, à trois conditions :

  • sa représentation de notre diversité culturelle, au cœur de la grande Région Caraïbe
  • sa capacité à former une profession qualifiée, opérante,
  • sa capacité à recréer l’essence même de l’urbanisme : sa pluridisciplinarité.

Je demande aux enseignants, aux professionnels, aux étudiants… de s’approprier ce projet, de le structurer, et de développer.

Le Député et le Président de Région que je suis, affirme ici son soutien entier et décidé à ce projet seront pleinement associés  cette idée.

Je veillerai à en parler, quand il le faudra, avec mes collègues de Guadeloupe et de Guyane, dans le cadre de l’Union Régionale Antilles Guyane (URAG)
Comme pour les Villes, nous avons le devoir de la transmission, qui est aussi une transmission du savoir et de la recherche
Acceptez donc que j’emprunte à Césaire la magie du mot : l’urbanisme, c’est pour nous tous « une force pour regarder demain ».
Je vous salue.
Je vous félicite.
Je vous remercie.
Et j’invite le talent martiniquais, caribéen à exprimer les sons de ce que nous sommes,
Avec Victor O et sa « Révolucion Karibéana »

Déclaration_de_Fort_de_France_JMU_nov_2010

Hôtel la Batelière, le Mercredi 10 Novembre 2010

Serge LETCHIMY
Député, Président du Conseil Régional de la Martinique

Assemblée plénière du 14 septembre 2010

Jeudi 16 septembre 2010

LA PRESERVATION DES TERRES AGRICOLES

Une assemblée plénière s’est tenue ce mardi 14 septembre à l’Hôtel de Région. Pour les élus régionaux, l’heure est aux initiatives concrètes pour conserver les terres comme celles de les rendre attractives tant pour les touristes que pour les investisseurs.
La collectivité régionale a présenté un appel à projet portant sur l’attractivité touristique du territoire.  Cet appel  doit permettre aux Martiniquais de présenter leurs projets, ou d’attirer l’attention sur leur ville ou quartier : un monument à restaurer, ou un lieu à valoriser. La validation  des modalités de sélection des projets et de leur financement feront l’objet d’une session ultérieure.

CONVENTION DE PARTENARIAT ENTRE LA VILLE DE PARIS ET LA REGION MARTINIQUE

Assemblée des élus  a également examiné la convention de partenariat entre la ville de Paris et la région Martinique.
Cette coopération entre les deux collectivités découle de la volonté du Président du conseil régional de la Martinique et du Maire de Paris d’établir durablement des échanges dans divers domaines : administratif, culturel, touristique, social, économique et sportif.  Une des mesures phares et attendue depuis longtemps par les compatriotes vivant à Paris,  est de faciliter le retour au pays des personnes originaires de la Martinique. Ce dispositif expérimental appelé « AVA retour » repose sur la participation du conseil régional à l’achat du billet et  la participation de la ville de Paris à l’hébergement.

LE TCSP AVANCE

Le Président du Conseil Régional de la Martinique a obtenu l’autorisation des élus pour  créer un groupement de commandes entre le syndicat mixte du TCSP (SMTCSP) et la Région Martinique. Il était capital de repositionner  le dossier du TCSP au cœur des priorités de l’action régionale. Etablir et approuver une convention de groupement de commande permet d’assurer un meilleur suivi technique en vue d’une plus grande efficacité.  En effet, s’il est vrai qu’il y a plusieurs acheteurs publics,  le groupement de commandes permettra de désigner un coordonateur qui pourra signer, notifier les marchés et les exécuter au nom de l’ensemble des membres du groupement.

AIDER A LA MODERNISATION DU PORT EN ACCOMPAGNANT LES ENTREPRISES LOCALES

Dans une logique toujours affirmée de soutenir l’activité économique, la collectivité régionale a accepté de garantir 50% de l’emprunt nécessaire au financement du départ négocié à la retraite, de 20 dockers en vue de la création du GEMO (Groupement  des employeurs de main d’œuvre). Cette initiative répond au besoin vital de modernisation et de rationalisation du secteur de la manutention attendu par les professionnels de la manutention. Le GEMO, regroupe 6 sociétés de manutention.  Parmi les six sociétés fondatrices du GEMO, les sociétés GMM et SOMARTRAS ont contracté deux prêts auprès du Crédit Mutuel pour une somme totale de 3 millions d’euros.
Conformément à la loi, la Région Martinique garantira l’emprunt, qu’à hauteur d’1.5 millions d’euros.

RATIONALISER LE DEVELOPPEMENT DU PHOTOVOLTAIQUE

Le recours aux énergies renouvelables constitue pour la Région Martinique une opportunité majeure pour le développement de l’activité et de l’emploi. Toutefois, il a été clairement énoncé que la collectivité régionale refuse que l’on diminue encore les terres agricoles, pour permettre aux multinationales de profiter d’une bulle spéculative au détriment de l’économie locale.
Aussi, le Président du Conseil Régional souhaite un développement des « centrales en toiture » préférable aux « installations au sol » à savoir des fermes photovoltaïques gourmandes en terres agricoles. Pour atteindre cet objectif, il a soutenu avec l’ensemble des élus, une motion soulignant la gravité de la situation,  et qui refuse de laisser la politique énergétique au seul secteur privé.

STOPPER LA MONTEE DE L’INSIGNIFIANCE

Enfin, le Conseil régional de la Martinique attire l’attention du gouvernement français sur les pétitions visant à retirer du programme de 5ème l’étude d’une civilisation africaine. Considérant que l’histoire africaine ne se résume pas à la seule colonisation européenne et que l’histoire enseignée doit s’ouvrir à l’histoire des peuples qui composent aujourd’hui  l’ensemble français. La Région Martinique exige le maintien de cette partie du programme ainsi qu’une formation disciplinaire et didactique renforcée en direction des professeurs d’histoire-géographie de l’académie Martinique.

La cour des comptes critique la gestion de la continuité territoriale

Samedi 17 juillet 2010

Après quatre années de mise en œuvre, la politique de continuité territoriale aérienne avec l’outre-mer est globalement un échec par rapport aux objectifs fixés par le législateur.

La masse critique d’un financement associant l’Etat, les collectivités territoriales d’outre-mer et l’Europe est loin d’avoir été atteinte, si bien que la seule dotation de l’Etat n’a pas permis de servir à toute la population concernée une aide significative.

Laissant aux collectivités bénéficiaires de la dotation le soin de fixer elles-mêmes les critères d’attribution, il est résulté du dispositif une situation confuse, des disparités selon les territoires et des effets d’aubaine, propices à un usage détourné de ces concours financiers publics.

Enfin l’Etat n’a pas mis en place un système d’évaluation fiable et cohérent des effets de cette politique, se bornant à recevoir des collectivités d’outre-mer des bilans eux-mêmes lacunaires et tardifs. A l’évidence, la question de la poursuite de cette politique doit être posée car elle ne répond ni aux attentes des populations concernées, ni aux ambitions du législateur.

lire le rapport de la cour des comptes

URAG: La charte constitutive

Jeudi 17 juin 2010

Préambule :

La Guadeloupe, la Guyane et la Martinique ont en partage une histoire et des expériences humaines. De ce commun passé sont nées une culture et une identité singulières qui sont au fondement de leur ancrage caribéen et amazonien.

Cette culture et cette identité constituent un levier fondamental pour engager et soutenir les mutations nécessaires qu’exigent les impératifs du développement économique et social dans un monde globalisé en pleine recomposition.

Par ailleurs, la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique par leurs situations géographique, statutaire, économique et sociale partagent de nombreuses caractéristiques communes.

Même si chacune d’entre elles est singulière, les questions qui se posent à ces régions en termes de développement sont souvent identiques ou proches. Elles font face à des contraintes similaires sur le plan économique et rencontrent des problèmes sociaux analogues.

Leur relation à la République et à l’Europe s’inscrit dans un cadre juridique commun. Elle sont également concernées par plusieurs organisations internationales caribéennes et amazoniennes.

Enfin, ces trois régions sont confrontées actuellement à une double crise économique internationale et nationale qui se traduit, sur leur territoire, par des difficultés sociales particulières.

Pour toutes ces raisons, il apparaît pertinent de développer les échanges d’expériences, de favoriser les synergies entre les trois institutions régionales et d’adopter, chaque fois que possible, des positions communes à faire valoir auprès des autorités nationales et européennes ou des organisations internationales de la zone.

Les présidents des conseils régionaux des trois régions, réunis à Basse-Terre, le 17 juin 2010, ont donc décidé d’adopter la présente charte qui pose les fondements de l’Union Régionale de concertation et d’initiative des Antilles et de la Guyane (URAG).

Entre :

- la région Guadeloupe, représentée par le président du conseil régional, Victorin LUREL ;

- la région Guyane, représentée par le président du conseil régional, Rodolphe ALEXANDRE ;

- la région Martinique, représentée par le président du conseil régional, Serge LETCHIMY ;

Il est convenu ce qui suit :

Article 1er – Objet – :

La présente charte a pour objet de créer, entre les régions Guadeloupe, Guyane et Martinique, l’Union Régionale de concertation et d’initiative des Antilles et de la Guyane (URAG).

Article 2 – Forme juridique – :

L’URAG est créée transitoirement par voie conventionnelle. Les trois présidents des conseils régionaux expriment la volonté de doter l’URAG de la personnalité morale, dans les meilleurs délais et par délibérations concordantes.

Article 3 – Missions – :

Les missions de l’URAG sont de quatre ordres :

1- Favoriser les échanges d’informations et d’expériences sur tous les sujets communs aux trois régions ;

2- Elaborer des positions partagées sur des questions communes et les faire valoir auprès des autorités nationales, européennes et/ou dans les institutions internationales où elles sont représentées ;

3- Développer des projets communs sur les plans économique et social, dans les domaines culturels, sportifs, en matière de coopération internationale ainsi que sur tout sujet d’intérêt commun ;

4- Mutualiser des moyens et savoir-faire.

Article 4 – Ateliers – :

L’URAG organise ses travaux en ateliers. A sa création, l’URAG comprend les ateliers figurant en annexe :

Les présidents des conseils régionaux peuvent décider d’un commun accord de créer ou de supprimer des ateliers.

Un annuaire du réseau des référents de l’URAG est tenu à jour par ateliers et par thématiques Il est diffusé avant chaque conférence par la région organisatrice.

Article 5 – Tenue des conférences et réunions, animation, suivi des travaux, information des assemblées :

Les exécutifs régionaux cosignataires de la présente charte s’entendent sur les principes de fonctionnement suivants qu’ils proposeront dans les statuts de l’entité juridique qui dotera l’URAG de la personnalité morale :

- Tenue des conférences et réunions :

- La conférence plénière de l’URAG se réunit aux moins deux fois par an ;

- La première conférence s’étant tenue en Guadeloupe en juin 2010, la seconde se tiendra au premier semestre 2011 en Guyane, la troisième au second semestre 2011 en Martinique et ainsi de suite par ordre alphabétique des régions ;

- Des réunions extraordinaires de la conférence peuvent être organisées si l’actualité l’exige ;

- La conférence est précédée, la veille, de la réunion des ateliers. Les ateliers sont composés d’élus, de cadres et d’experts référents désignés par les régions, pour chaque thématique et qui forment un réseau permanent d’échange et de concertation ;

- Les travaux des ateliers sont préparés en continu tout au long de l’année, sur la base de fiches-actions, de fiches-projets ou de tout autre document commun, par les référents qui échangent par voie électronique et le cas échéant à l’occasion de déplacements dans les différentes régions.

- Animation :

- La région qui accueille la conférence semestrielle est chargée de l’animation de l’URAG pendant ce semestre.

- La Guadeloupe assure ce rôle pour l’année 2010, la Guyane prendra le relais au premier semestre 2011, puis la Martinique au second semestre 2011 et ainsi de suite.

- L’animation consiste notamment à établir l’annuaire, convoquer les réunions, diffuser les comptes-rendus de réunions, proposer des sujets d’intérêt commun à travailler, des communiqués communs sur des sujets d’actualité, des démarches communes auprès des autorités nationales ou européennes ainsi que toute initiative entrant dans l’objet de l’URAG.

- La conférence fixe, pour chaque semestre, les priorités de travail des ateliers.

- Information et suivi des travaux :

- A l’issue de chaque conférence, les conseils régionaux sont informés des travaux de l’URAG.

- Un comité de suivi composé des directeurs de cabinet et des directeurs généraux des services prépare et présente régulièrement aux présidents des conseils régionaux, l’état d’avancement des travaux de l’URAG

Article 6 – Moyens – :

L’URAG n’étant pas, à la date de signature de la charte, dotée de la personnalité morale, chaque région prend en charge les frais relevant des missions de ses propres référents (élus, fonctionnaires et experts).

L’organisation sur place des conférences et ateliers incombe à la région qui reçoit, les frais de déplacements (transport et hébergement) restant à la charge de chaque délégation.

Article 7 – Dispositions diverses – :

Lorsqu’une collectivité unique se substitue à une des régions fondatrices de l’URAG, cette collectivité peut adhérer à la charte de l’URAG.

Les travaux de l’URAG peuvent être, en tant que de besoin, ouverts aux départements de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique sur demande des régions concernées.

Peuvent aussi être associées aux travaux de l’URAG, selon des modalités à définir avec elles, les collectivités de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy.

D’autres partenaires (compagnies consulaires, syndicats, unions professionnelles…) peuvent être invités, en tant que de besoin, aux réunions de l’URAG.

Les exécutifs décident de lancer une consultation pour doter l’URAG d’une charte graphique.

Fait à Basse-Terre, le 17 juin 2010

Victorin LUREL Le président du conseil régional de Guadeloupe,

Rodolphe ALEXANDRE Le président du conseil régional de Guyane,

Serge LETCHIMY Le président du conseil régional de Martinique,

Annexe

(liste des ateliers)

- Atelier 1 « Politique » qui traite notamment des thématiques suivantes :

* institutions
* suivi de l’URAG

- Atelier 2 « Développement économique » qui traite notamment des thématiques suivantes :
* octroi de mer
* tourisme
* agroalimentaire et pêche
* carburants et pouvoir d’achat

- Atelier 3 « Aménagement du territoire » qui traite notamment des thématiques suivantes :
* continuité territoriale
* TIC et audiovisuel

- Atelier 4 « Gestion interne » qui traite notamment des thématiques suivantes :
* ressources humaines
* commande publique
* finances

- Atelier 5 « Développement humain » qui traite notamment des thématiques suivantes :
* éducation, enseignement supérieur et recherche
* insertion et formation professionnelle
* culture
* jeunesse et des sports

- Atelier 6 « Développement durable » qui traite notamment des thématiques suivantes :

* énergie
* risques naturels
* environnement

- Atelier 7 « Europe et coopération » qui traite notamment des thématiques suivantes :
* affaires européennes
* coopération amazonienne et caribéenne

Déclaration finale URAG

Flotille de Gaza: lettre au Président de la République

Jeudi 10 juin 2010

Monsieur le Président,

Lundi 31 mai, vers 4h du matin, les forces armées israéliennes ont donné l’assaut à une flottille internationale transportant plusieurs centaines de militants humanitaires et plusieurs tonnes de matériels destinées à la population civile de Gaza, très fragilisée par le blocus enduré depuis 3 ans ainsi que les destructions occasionnées par des opérations militaires multiples. Cet assaut criminel s’est soldé par plusieurs décès, des dizaines de blessés et des centaines d’arrestations, dont plusieurs citoyens français et ressortissants de pays alliés.

Cette action est inacceptable à plusieurs titres. D’une part, elle intervient dans les eaux internationales méditerranéennes où la liberté de naviguer doit être garantie, au même titre que dans l’océan Indien. D’autre part, elle a pris pour cible des internationaux désarmés dont l’action ne pouvait, en aucune manière, être considérée comme un acte d’agression envers l’Etat israélien, ni être assimilée aux actions des mouvements armés palestiniens. Enfin, elle concerne une action humanitaire visant à dénoncer un blocus parfaitement illégal et immoral au regard des obligations conventionnelles incombant à Israël comme puissance occupante des territoires palestiniens.

Dans ce cadre, il ne saurait être question de se contenter de dénoncer la « disproportion » de la force utilisée alors que c’est le principe même de son usage qui est en cause ici, comme il est en cause dans l’affaire du « Rachel Corrie » quelques jours plus tard. On ne saurait non plus invoquer une quelconque provocation alors que ces missions ambitionnaient de briser un blocus illégitime dont la levée est demandée par les pays membres de l’Union européenne et le secrétaire général de l’ONU. On ne saurait pas plus se contenter de simples remontrances verbales.

Ces actions s’ajoutant aux nombreuses exactions commises ces dernières années, notamment au Liban durant l’été 2006 et à Gaza au cours de l’hiver 2008-2009, mais aussi à la poursuite ininterrompue du processus de colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, je vous demande instamment de prendre, en concertation avec nos partenaires européens, les dispositions fermes et déterminées qui s’imposent pour obtenir des autorités civiles et militaires israéliennes qu’elles cessent, une fois pour toutes, ces violations constantes et inadmissibles des règles élémentaires du droit international, notamment humanitaire, et des consensus internationaux. Ces dernières rendent en effet parfaitement illusoire tout espoir de règlement pacifique des différents territoriaux au Proche-Orient tandis que la faiblesse des réactions de la France et de l’Union européenne vis-à-vis de tels agissements ne peut que décrédibiliser durablement leurs actions à l’égard du respect des droits de l’Homme, de la démocratie et des dispositions au fondement de l’architecture internationale de sécurité, notamment au Moyen-Orient.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.

Discours du Président du Conseil régional de la Martinique Forum de l’Ultrapériphérie – 27,28 mai 2010

Vendredi 28 mai 2010

Permettez-moi tout d’abord de saluer l’initiative prise par la Commission quant à l’organisation de ce forum. Il s’inscrit dans des principes de réflexions communes, du dialogue permanent, de l’échange et du respect mutuels.

Les nouveaux défis mondiaux tels que les dysfonctionnements financiers, les déséquilibres commerciaux, le dérèglement environnemental, les mutations démographiques, imposent, dans la vision d’ensemble, un regard spécifique sur des situations spécifiques.

Le principe de réalité nous conduit à mettre en évidence les contraintes liées à notre double appartenance à l’espace européen et à nos espaces géographiques respectifs. Mais ce même principe doit nous inviter à dépasser ces contraintes pour mieux apprécier nos atouts et répondre aux défis d’une économie moderne.

Malgré un PIB qui avoisine les 75% de la moyenne communautaire et un taux de croissance relativement élevé, le taux de chômage reste chez nous trois fois supérieur au taux de chômage moyen communautaire. Un taux de chômage qui s’inscrit hélas dans un syndrome de marginalisation croissante, dans un mal développement chronique et un mal être social.

Face à ces difficultés, deux enjeux :

- Quel modèle économique développer pour créer de la richesse et de l’emploi, en nous inscrivant résolument dans le système international, tout en mettant à profit notre environnement géographique ?
- Comment renforcer cette dynamique d’innovation et de compétitivité, sans faire passer en second plan les urgences du bien-être social de la population ?

Car, si dans notre berceau naturel, nous pouvons dénombrer des sources potentielles de création de richesse et d’emplois, le cadre communautaire, par ses contraintes induites, contrarie souvent le développement de ces opportunités. Je veux prendre quelques exemples :

- Ainsi, avec ses 55 000 km2 d’espace maritime très faiblement exploitée, la Martinique bénéficie de ressources halieutiques qui peuvent encore permettre un développement raisonné de l’effort de pêche. Seulement, cette filière est menacée par les nouvelles règles de la Réforme de la Politique Commune de la Pêche.

- La grande biodiversité et la richesse des écosystèmes font de la Martinique un « laboratoire » de premier plan pour les problématiques de gestion durable de la ressource, du développement des biotechnologies, ou celle de l’énergie renouvelable. Mais aujourd’hui, la complexité et la quasi-inaccessibilité des financements communautaires dans la recherche limitent ces potentialités.

- Au moment où les nouvelles orientations en matière de réduction de gaz à effet de serre favorisent l’émergence de grandes routes maritimes, la Martinique risque pourtant, faute d’adaptation des politiques communautaires, de rester éloignée des principales Autoroutes de la Mer.

- La mise en œuvre en l’état des politiques de transport ne permet pas de mettre à disposition les services d’intérêt économiques et généraux à des conditions de prix et de qualité comparables à ceux pratiqués sur le marché continental.

Ce panorama, non exhaustif, montre la nécessité de l’élaboration d’une stratégie intégrée, qui pourrait offrir à la Martinique des opportunités de diversification économique, dans le cadre d’échanges régionalisés et mondialisés. Une stratégie où l’équilibre entre l’adaptation des politiques générales de l’Union et l’adoption d’instruments spécifiques au bénéfice de l’ultrapériphérie demeure un enjeu fondamental. Une stratégie qui reste suspendue à de nombreuses mises en cohérence préalables au niveau communautaire, comme par exemple :

- la négociation, dans le cadre des Accords commerciaux internationaux, de règles spécifiques permettant un commerce juste et mutuellement bénéfique avec les pays voisins.

- le maintien d’un système d’aides équitable adossé à des leviers fiscaux et douaniers adaptés, compte tenu de la menace marginale face aux enjeux commerciaux astronomiques européens et internationaux.

- un programme ambitieux de recherche à dimension internationale associant l’ensemble des pays de la Grande Caraïbe, et favorisant les transferts mutuels de savoirs-faires et de connaissance.

Alors face à de tels enjeux, je ne peux m’empêcher de m’éloigner un peu des habituelles doléances pour apporter une réflexion sur les fondements de nos rapports à l’Europe. Réflexion qui se situe dans le droit fil du Mémorandum signé à las Palmas le 7 mai dernier, exprimant les besoins d’une vision rénovée de la stratégie européenne vis-à-vis de l’ultrapériphérie.

Car j’ai la faiblesse de croire que les handicaps et les atouts changent de nature, de prégnance ou d’intensité selon que l’on interroge de manière fondamentale ou pas, le principe même dans lequel s’inscrit la relation des pays dits de la « périphérie » ou de « l’utra-périphérie », avec le centre européen.

Je crois, par exemple, que nos « handicaps » et nos « atouts » changeront du tout ou toute à mesure que l’Europe s’éloignera du modèle d’une puissance économique libérale pour se réinscrire dans une dynamique de relations humaines, justes et horizontales avec les diversités du monde. Ainsi, nous serons nous-mêmes en mesure de surmonter ces handicaps, ou mieux, de les vaincre purement et simplement.

Je parle de puissance économique, mais j’aurais pu à dessein, parler d’empire libéral. En fait, je crains toute forme de verticalité. Par leur verticalité, les « puissances » ont toujours suscité des dévitalisations dans leurs périphéries et de grands vides autour de leur emprise, alors que, je le sais, c’est l’ambition contraire que, tous ici, nous partageons.

Il s’agit pour nous d’aller vers un nouveau modèle de développement, où la croissance et le progrés riment avec création d’emplois et d’activités ; qui réduit les puissances aliénantes de la société de consommation ; qui augmente la production locale ; qui fonde les bases d’une culture économique à partir de nouvelles solidarités économiques.

L’Europe à laquelle je crois est faite de réseaux actifs et solidaires qui prolongent dans le monde un espace originel commun.
(C’est cette nouvelle conception qui peut nous permettre de manière pertinente de répondre à ce mal développement.)

Des réseaux qui se développeraient de manière autonome dans un respect des différences culturelles, identitaires, géographiques, lequel ne remettrait en cause ni la sécurité des droits qui sont acquis, ni la solidarité agissante de l’ensemble.

Ainsi le principe dérogatoire, ou même l’idée d’un handicap dû à l’éloignement, cèderait la place à une approche positive, différenciée, intelligente, des indispensables harmonisations. Notamment dans l’équilibre à rechercher entre le volet interne et le volet externe des politiques de l’Union.

Si je regarde ce que sont nos pays, je vois des espaces-frontières ! Je vois des vitalités inscrites dans des parts éloignées et différentes du monde ! Ce sont les Atouts.

J’y vois aussi des contraintes comme l’accessibilité, l’étroitesse du marché, l’éloignement, les risques naturels permanents qui réduisent l’égalité des chances.

Mais j’y vois aussi des risques remettant en cause des décennies de progrés si ces régions ne sont pas réinscrites comme Actrices du développement et de la diplomatie économique dans leurs zones respectives dans des domaines aussi déterminants que les Accords commerciaux internationaux (APE, Accord Andin), le changement climatique, la propriété génétique et moléculaires, la propriété des usages.

Ce sont des laboratoires possibles pour de nouvelles conceptions culturelles économiques et sociales, susceptibles de mobiliser des richesses civilisationnelles qui manquent encore au fonctionnement du monde et bien entendu à l’idée de l’Europe !

Cela met aussi en relief l’absurdité qu’il y aurait d’essayer de penser notre épanouissement européen en dehors d’un grand espace relationnel caribéen, qui dépasserait la seule dynamique économique, pour s’inscrire dans l’échange culturel systématique, dans la valorisation concertée de notre biodiversité, dans un tourisme réinventé autour de valeurs nobles, dans l’éducation partagée ou dans le dynamisme universitaire mis en interaction…

L’idée de l’Europe n’atteindra à sa pleine noblesse que si elle suscite autour d’elle, et en relation avec elle, des dynamiques civilisationnelles qui sont souvent latentes dans nos zones respectives ; et qui sont indéniablement des forces d’inspiration, de progrès et de développement.

C’est un appel à une nouvelle conception de la Territorialisation Economique qui s’impose à nous, comme un espace nouveau d’innovation et d’investissement.

C’est le vœu que je forme à l’entrée de ce forum : Pensons autrement. Pensons positivement.

Serge LETCHIMY.