Archive pour la catégorie ‘Culture’

Héritage culturel africain et art contemporain de la Caraïbe

Jeudi 1 décembre 2011

« Héritage culturel africain et art contemporain de la Caraïbe » c’est le thème du Symposium international organisé par la collectivité régionale. La délibération de la commission permanente du Conseil régional du 24 mai 2011 a permis à ses rencontres de se dérouler du 31 octobre au 04 novembre 2011 et de présenter dans le même temps une exposition d’artistes de la Caraïbe intitulée “Spiritualité, rituels et imaginaires.”

En effet, comme l’a souligné Yvette Galot présidente de la Commission culture, dans son discours inaugural, les artistes caribéens contemporains – de Cuba, d’Haïti, de République Dominicaine, de Jamaïque, de Barbade, de Martinique, de Guadeloupe, de Trinidad, trouvent leur inspiration dans des sources spirituelles, religieuses, des mythes et des croyances apportés par les esclaves, venus du continent africain. L’héritage culturel africain a donné naissance à une esthétique typique affirmée dans nombre de pays de la Caraïbe.
C’est ainsi que des invités dont les travaux scientifiques font référence ont pu à cette occasion présenter leurs travaux et échanger les résultats de leurs recherches.

L’ exposition attenante au thème s’est attachée à intégrer un volet didactique en collaboration avec L’Académie de Martinique, l’Université Antilles-Guyane, les étudiants et les enseignants de l’IRAVM.
De l’avis de tous “Spiritualité, rituels et imaginaires” qui a demandé pour sa mise en place une technicité très pointue du fait de l’originalité des œuvres et leur dimension, a remporté un franc succès.

Le chantier culturel du Président du Conseil régional Serge Letchimy est immense, et intègre cette dimension de collaboration la plus large avec les partenaire d’autant qu’un programme ambitieux d’expositions est en préparation pour l’année culturelle 2012 de la région.

Jean Claude Duverger au Conseil Régional

Mercredi 26 octobre 2011

jcduverger

Il laisse aujourd’hui pour quelques instants  le feu des rampes de la scène pour passer dans la lumière de l’actualité. En effet, en respect de  la Loi sur le cumul des mandats le conseiller régional Maurice ANTISTE, nouvellement élu Sénateur, cede sa place à Jean-Claude DUVERGER.

Ancien conseiller municipal mais aussi ancien conseiller général, inlassable travailleur Jean-Claude DUVERGER est un homme de terrain dont le dynamisme et le militantisme au sein du Parti Progressiste Martiniquais ont fortement contribué à la construction du Pays et   l’accompagnement dans leur détresse de nombreux administrés.

Mais le nouveau conseiller régional est tout aussi connu pour son activité culturelle, en tant que conteur, comédien acteur de cinéma et de théâtre. Ses textes ont nourri l’imaginaire  de plus d’un martiniquais.
Et ses contes ont également éduqué tant les enfants que les adultes, à qui ils ont  transmis autant de connaissances  que lui-même en a apportées à des générations dans l’exercice de sa fonction  d’éducateur spécialisé.

C’est donc un grand homme tant par la taille que dans la besogne que le Conseil Régional accueille en son sein ; Une compétence supplémentaire au service de la Politique ambitieuse du Président  Serge LETCHIMY.

Proposition de loi relative au développement des langues et cultures régionales

Jeudi 30 juin 2011

Intervention du Sénateur Serge LARCHER

30 juin 2011

Monsieur le Président,
Chers collègues,

Je suis particulièrement heureux de participer au  débat d’aujourd’hui, tant il intéresse les Outre-mers en général, et singulièrement les territoires créolophones que sont la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion.
Le texte qui nous est proposé est important, en ce qu’il rappelle notamment à l’Etat ses obligations en matière de défense et de promotion des langues et cultures régionales.
En effet, il faut en finir avec l’hypocrisie d’un Etat qui prétend reconnaître les cultures régionales ; mais qui s’organise – par son inertie – pour en assurer une progressive et presque inéluctable disparition.

Les mauvais traitements infligés à la langue créole témoignent de cette stratégie sournoise de déconstruction.

Le créole a ceci de particulier que, contrairement a de nombreuses autres langues régionales, il demeure une langue pratiquée par la majeure partie des populations de nos territoires.  On peut alors supposer que cette langue très vivace n’est nullement menacée ! Malheureusement, elle est en réalité en grande souffrance.

En effet, malgré le travail considérable réalisé par les linguistes et plus généralement par les militants du créole, la langue demeure peu enseignée et peu écrite. Or, une langue jeune (moins de quatre siècles), une langue dont la codification écrite n’est pas suffisamment diffusée, une langue qui est largement pratiquée mais peu enseignée supporte mal les coups de boutoir de la langue dominante.

Le créole se trouve donc confronté à un risque avéré de délitement, où la vitesse de sa transformation relève plus de la détérioration que de l’évolution naturelle des langues millénaires.

Le temps est donc venu de mettre fin à cette spirale infernale.

A cette fin, plusieurs actions doivent être conjuguées, et la proposition de loi que nous examinons peut créer en partie les conditions de leur réalisation.
J’en citerai ici trois qui me semblent essentielles :

L’enseignement du créole est évidemment le premier point que j’évoquerai.

Il ne suffit pas qu’il soit autorisé !
Il faut un effort de systématisation !
Il convient donc que l’Etat mette effectivement en place les crédits permettant la formation d’un nombre suffisant d’enseignants.
Il convient également que la langue soit largement accessible à l’école, c’est-à-dire qu’il faut consacrer des moyens significatifs permettant de sortir la langue régionale de son statut d’option anecdotique.

Au-delà de l’enseignement de la langue en tant que telle, la proposition de loi rappelle également la nécessité d’un enseignement prenant en compte la littérature et l’Histoire régionale.
Comment en effet peut-on faire entrer Césaire au Panthéon et ne lui accorder aucune place dans les programmes scolaires !?
A quoi sert-il de parler d’éducation nationale si on se contente d’assurer une instruction publique standardisée et incapable de prendre en compte la richesse et la complexité de la construction de la France !?

La proposition souligne enfin le rôle des médias en matière de diffusion des langues et cultures régionales.

Je crains que la fusion de RFO au sein du Groupe France Télévision ne se soit accompagnée d’un affaiblissement des programmes régionaux.
Certes, des émissions locales demeurent, mais celles-ci me semblent relever d’un format standardisé où le divertissement l’emporte sur une production culturelle et audiovisuelle locale de qualité.

Je conclurai en rappelant ici que ce qui est en jeu dans ce débat, ce n’est pas seulement la capacité à sauvegarder nos langues et cultures régionales.
Ce qui est en jeu, une fois encore, c’est véritablement la capacité de la France à devenir un Etat moderne en changeant de paradigme. Unité ne signifie pas unicité, et la force d’un Etat ce n’est pas la démolition du particulier.

La force d’un Etat c’est au contraire d’être en permanence en capacité de se nourrir de cette richesse que constitue la diversité de ses régions.

Pour Marius GOTTIN

Mardi 21 juin 2011

A tout mot, frères
Pour Marius GOTTIN

sur un solo de Chykho JEHELMAN

TJIP ! Il y a des jours comme ça, rien n’y fait. Tout est défait. Les jeux sont faits… Dire à la vie, « Touche pas à mon pote » ? Redonner du cœur au cœur ? Suivre d’un regard vague l’absence qui se lève, vêtue de fumée ? Et au ping-pong du bonheur de se saluer, quand la parole ne revient plus ? Tjip !

J’avais investi Marius Gottin de la toute personnelle fonction de gardien de l’antan-paillottes, grand chambellan de l’ordre des pattes d’éléphant… Tout un statut quasi muséographique pour dire celui qui témoigne, celui qui traverse l’histoire en acteur discret, mais présent… Tout un vécu dans le vent des grands hommes, fossile revendiqué d’une époque exaltée qui s’appliquait à sortir du folklore un véritable art de vivre. J’avais peuplé la ville de nos émotions, comme un long chemin où douciner ce pays… Tout un rituel de souvenirs entretenu à grands éclats de  rire, et ne voila-t-il pas que Marius a échappé son corps, nous laissant-là avec le reste… Tjip !

J’oscille entre la bonne blague et le coup dur. Entre fatalité et peur du vide. Et d’abord ce prénom qu’il partage en privilège avec Pagnol, Cultier et mon grand-père ; comme un signe de paix et de bonhommie au milieu du tango de nos jours. Ayinama ! Et puis le perçant d’un regard qui a tout vu sans toujours le dire. Et puis la blue note d’une oreille caliban, hérétique à souhait… Marius, l’épicurien qui chantait l’épique du rien, Wopso ! L’esthète qui se prenait la tête en même temps que le pied, Abobo ! L’hédoniste jamais égoïste, lecteur vorace, partageur féroce, Let’s go, my bredren !

Marius s’en va avec l’échange, avec la rencontre, avec le bon mot, avec le rire gras et puis épais… Homme des lakou et de l’arrière-cour ; homme de la rue et de la scène, homme de parole et d’écritures… Héritier de l’épopée flamboyante des décolonisations, il repoussait de toute sa vie les horizons bornés d’une société mal-née. La dodine du temps n’a pas fini de balancer sa cadence de nostalgie… Nous traçons les âges du pays, comme ses paysages, dans la mémoire des gestes qui sont des pactes. Des pactes de vérité immortelle. Comme un discours de Césaire dans une ville en gésine… Tournons la page, comme autrefois les 33 tours, pour savourer la face B… Depuis le jour que Gottin rêvait de jouer Monsieur Médouze, le voila frimant sur la route de Guinée… Toujours là pour faire son l’intéressant, nous laissant le job de mettre un point final… Tjip mwen ka di’w, Misyé Gottin…  Pa an patat pwen-final! TJIP!!!

Kenjah

Message aux Lycéens qui passent le Bac

Mercredi 15 juin 2011

A tous les lycéens des Lycées d’enseignement professionnel, technologique et général , qui passent en ce moment leurs examens de fin d’année scolaire, je voudrais leur témoigner de mon soutien et de mes encouragements.

Aujourd’hui, c’est le début des épreuves du Baccalauréat général et technologique  en Martinique mais aussi celui de nombreux autres examens et les élèves qui ont travaillé toute l’année devront faire leurs preuves. C’est souvent un moment d’inquiétude et d’angoisse mais c’est aussi une grande satisfaction de pouvoir transformer l’essai pour réussir et récolter les fruits du travail.

Nos jeunes ont de l’audace et de la détermination, ils ont la force de regarder l’avenir avec courage.

Nous leur disons que nous avons confiance en eux et que la Région Martinique les accompagnera pour réaliser leurs projets professionnels et leur projet de vie afin qu’ils trouvent tous leur voie.

Bon travail et que le succès soit au rendez-vous avant des « grandes vacances » bien méritées !

Serge Letchimy

Commémoration decès Aimé Césaire

Vendredi 22 avril 2011

AIME CESAIRE : 26 juin 1913- 17 avril 2008

CESAIRE AD AETERNAM

Après la crypte du Panthéon pour un hommage solennel de la France au poète et homme politique, c’est dans la retenue et l’émotion que les militants PPM lui ont ce dimanche 17 avril 2011 rendu « une visite chaleureuse » en son éternité bienheureuse de La Joyau, dans sa terre natale. Une plaque commémorative, posée à l’entrée du siège du Parti Progressiste Martiniquais pour la circonstance, a été dévoilée.

Pour le maire de Fort-de-France Raymond SAINT-LOUIS-AUGUSTIN,  « cette commémoration est notre dû ; nous la devons à Aimé CESAIRE. Elle participe d’un devoir de respect et de reconnaissance pour tout ce qu’il nous a légué. CESAIRE nous inspire, nous habite et nous guide. La pensée de CESAIRE n’est pas l’évitement, l’éviction, le rétrécissement ou l’enfermement. CESAIRE nous apprend à nous regarder en face et nous prépare à relever les défis qui se présentent à nous. Il nous pare de clairvoyance pour reconnaître que  le dieu du vaincu est devenu le diable du vainqueur. Il nous rappelle, dans l’intérêt de notre pays, que ce que nous avons gagné en identité, nous ne devons pas le perdre dans l’effritement et la dilution. CESAIRE disparu, nous devons donner le temps à sa pensée de nous habiter. Le poète, le dramaturge, mais surtout l’homme politique, doit guider le peuple martiniquais ».

Bien qu’il s’en défende quand il dit « je ne veux pas substituer ma propre conscience à la conscience du peuple martiniquais », CESAIRE est tout simplement LA conscience du peuple martiniquais !

[Quelques mots forts : « La parole allume les morts à coups de fleurs de feu. Elle met dans l’antan et demain assez de connivence pour couvrir la Martinique » (Ernest PEPIN- Au verso du silence]

Serge SOUFFLEUR

Transat BENODET-MARTINIQUE

Dimanche 17 avril 2011

Ça y est la MARTINIQUE a enfin sa TRANSAT !!

Après que la MARTINIQUE ait refusé en 1977 d’accueillir la Route du Rhum, le Comité Martiniquais du Tourisme  et la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique ont répondu favorablement à la demande de la société PEN DUICK d’organiser la réception d’une course transatlantique  en solitaire.

Cette régate qui relie la station balnéaire de BENODET d’un peu plus de 3.000 habitants  en Bretagne à Fort de France s’appelle la Transat BENODET-Fort de France ou BENODET-MARTINIQUE (selon lecture) et met en compétition 17 skippers sur des voiliers de type FIGARO conçus par les chantiers BENETEAU spécialement pour la course en solitaire(Le FIGARO est un monocoque de
 10 m15 de long, d’un poids de 3050 Kgs avec un tirant d’eau de 2,20 m) .

Depuis le départ donné le 10 avril, la course se déroule dans des conditions météo très difficiles, avec pas mal d’avaries dont deux très importantes qui ont pénalisé deux des vainqueurs potentiels qui ont tour à tour occupé la première place au classement général.
En effet Gildas MORVAN, vainqueur de l’édition 2009 à la barre de CERCLE VERT et  Frédéric RIVET barrant VENDEE 1 ont  eu l’étai avant (câble reliant le mat à l’avant du bateau) de leur bateau  cassé et MORVAN a même du s’arrêter pour réparer.

A noter que LUISINA barré par Eric DROUGLAZET a  démâté.

Notre représentant Eric BARAY, Martiniquais de 48 ans, de l’association Van Dan Vwel,  régatier d’exception avec un prestigieux palmarès d’amateur,  a cependant fort à faire face à  des concurrents, professionnels pour la plupart naviguant toute l’année sur le bateau FIGARO.
Eric BARAY doit absolument être classé à l’arrivée  avant les trois autres amateurs engagés.
Le classement au mardi 19 à 12 h voyait en tête Thomas ROUXEL à la barre de CREDIT MUTUEL PERFORMANCE  et Eric BARAY à la barre de VAN DAN VWEL 972 en 10 ème position.

A noter que  les écarts sont faibles entre les 4 premiers  qui naviguent pratiquement à vue dans  des vents d’environ 25/30 nœuds avant de trouver les alizés qui les mèneront sous spinnaker vers la Martinique. 

Gité.

Lettre ouverte à tous ceux qui ont récemment rejoint le Parti

Dimanche 17 avril 2011

Bonjour chers camarades, nouveaux adhérents du Parti Progressiste Martiniquais.

Je vous adresse ce petit message parce que je suis triste de ne pas vous voir plus souvent.

Alors que nous sommes aujourd’hui en position de donner une dynamique nouvelle à notre pays, il me semble que cette nouvelle génération à du mal à tenir sa place au sein du parti et de ses évènements.
 
Les évènements du parti ne servent pas qu’a se faire voir et connaitre des cadres, ils permettent surtout de côtoyer les militants, les anciens, les baroudeurs, ceux qui ont l’expérience et qui, de surcroit, souhaitent nous la transmettre.
Pourtant je vous vois peu, aux Lundis du Parti, aux réunions, aux manifestations… même aux Fêtes.
 
Comment voulez vous ?
Que le parti vive, si ses cadres doivent le faire fonctionner, doivent le faire avancer et en même temps travailler pour le pays.
Que nous restions en contact avec la population, que nous puissions répondre à toutes ses attentes et aspirations, que nous ne décevions pas, s’il n’y a qu’une poignée, toujours la même, qui travaille jusqu’à l’épuisement.
Et, pour tous ceux qui affirment (et ceux qui se taisent  mais n’en pensent pas moins) des ambitions politiques, croire que les militants de ce parti se battront pour vous, s’ils ne vous connaissent pas, s’ils ne vous ont jamais vu agir.
Comment voulez vous ?

Ne perdez pas de vue que le Parti Progressiste Martiniquais n’est pas là pour offrir quoique ce soit, à quiconque.

A part des connaissances : sur les dossiers en cours, sur la situation politique, économique et sociale du pays, sur les actions menées par nos représentants dans toutes les instances : des conseils municipaux au conseil régional.
A part aussi de l’expérience : afin de savoir parler en public, d’être capable de mener un débat, d’exprimer des idées construites, de gérer une campagne électorale
A part surtout, une formation humaine.
 
Nous savons, pour l’avoir  expérimenté dans la douleur, que d’autres se sont servis du parti pour autre chose. Alors, je vous le demande simplement : Êtes-vous de ceux là ? Êtes-vous là pour servir ou pour vous servir ?
Si votre réponse est celle du véritable militantisme, alors je vous l’affirme : il ne suffit pas de le dire, il  faut le prouver par l’action.
 
J’ai cette sensation que les militants de longue date attendent l’émergence d’une relève compétente. Nous sommes l’avenir de ce parti et nous devons prouver que nous en sommes, à la fois, capables et dignes

Je suis fier d’être membre du PPM, je suis fier de l’héritage laissé par ce parti à la Martinique.

Aussi, j’en profite pour remercier tous ceux qui participent au  travail de formation et de transmission auprès de nous.
Par cette lettre, j’invite chacun à s’investir, à enrichir de sa présence participative, active, volontaire, chaque manifestation du parti, chaque évènement, chaque cours de l’université de formation, chaque lundi du parti, chaque réunion de balisier.

Poursuivre efficacement le travail effectué par nos illustres prédécesseurs ; Cela ne dépend que de nous.

Camaradement vôtre
HE et MD, Membres du MJP

Discours d’Yvette GALOT sur le patrimoine culturel immatériel en Martinique

Lundi 24 janvier 2011

Rencontres sur de Patrimoine Culturel Immatériel en Martinique

Monsieur Le Président du C.C.E.E,

Monsieur Le Président du Conseil Economique et Social,

Messieurs les présidents des commissions Culture et Education du CCEE, messieurs MASSOL et BISSOL,

Madame la déléguée aux Arts et à la Culture du Rectorat,

Mesdames, Messieurs les acteurs de la tradition,

Mesdames, Messieurs,

Au nom du Président de Région Serge LETCHIMY, je vous souhaite la bienvenue.

DSC03808

Le Patrimoine Culturel Immatériel  rend compte d’une définition et un rapport au patrimoine qui évolue au sein des instances officielles mondiales comme l’ONU et l’UNESCO mais aussi au sein de l’Etat français. Jusqu’alors les politiques institutionnelles liées en la matière demeuraient calquées sur un modèle privilégiant le bâti, les monuments. Les contradictions vont culminer à leur paroxysme lorsque nos collectivités locales, nos musées, les politiques patrimoniales vont ignorer et ignorent encore l’essentiel de notre patrimoine : un ensemble d’éléments non matériels, de l’ordre du savoir, du savoir-faire, du savoir être, du rapport à l’autre, de manière de faire société, d’institutions, d’organisations de la connaissance et de valeurs de l’esprit. Leur caractère éphémère dans l’expression a poussé à chercher à saisir  cette volatilité par le biais d’approches et de concepts qui vont opposer monde de l’écrit et monde de l’oralité. Il faut traduire par sociétés occidentales face au  reste du monde. Mais leur traduction en termes politique et de hiérarchie des pratiques culturelles vont reléguer nos pratiques au rang de savoirs primaires dans une vision coloniale.

Dès les années 40, en plein régime vichyiste, période dénommé chez nous « L’Amiral Robè », des intellectuels martiniquais s’étaient déjà élevés contre cette vision.  La revue Tropiques, qui connaîtra onze parutions (pour quatorze numéros) de 1941 à 1944,  s’articulait autour d’un inventaire encyclopédique d’une identité officiellement affirmée. Les textes des critiques littéraires de Tropiques, étaient aussi encadrés d’exposés et d’analyses sur le patrimoine culturel Martiniquais : les contes et légendes des Antilles, les survivances africaines et les pratiques culturelles héritée de l’Inde, la faune et la flore du pays, l’Histoire et l’analyse politique…

Vous comprenez donc tout l’intérêt que  nous  portons à vos travaux. Permettez-moi, au nom du Conseil Régional et de son président Serge Letchimy,  de saluer tout d’abord cette initiative du CCEE et de remercier tous ceux qui ont travaillé à la réalisation de ce colloque placé sous l’autorité scientifique de Juliette SMERALDA. Il nous faut également saisir cette opportunité qui nous est offerte afin d’amplifier, de valoriser et rendre hommage à tous ceux qui n’ont jamais douté de l’importance de leur patrimoine intangible, sans la nommer ainsi. Je pense aux porteurs de traditions naguère dénigrés, à nos associations, à nos militants de la culture qui ont maintenus et maintiennent  vivant nos patrimoines culturels qualifiés aujourd’hui d’immatériels. J’ai aussi une pensée pour tous ceux qui ont permis que des traditions et pratiques patrimoniales traversent le temps. La liste de tous ces militants culturels sera longue mais nous pouvons citer entre d’autres, les acteurs du Bèlè renouveau, de la haute-taille, du Conte, de Loulou Boislaville  pour les Chanté noël, Barrel Coppet pour la clarinette, Josélita Germany et son époux, Dédé saint Prix pour le Chouval Bwa,  Monsieur Brival et les marins-pêcheurs pour la course de Gommiers, le regretté Père Bernard  David pour ses travaux sur les proverbes, Anca Bertrant, tous ceux qui militent en faveur de la reconnaissance et de la valorisation de notre langue créole, Ina Cesaire, le regretté professeur Raymond RELOUZAT pour l’ethnographie du conte, Madame Fidélin et Mr Nossin  pour la pharmacopée et tous les autres acteurs en position de veilleur de leurs traditions sans oublier nos artistes contemporains…

Je vous remercie d’avoir eu une pensée pour Gérard Watello, professionnel de la Culture au sein du Sermac. Il nous a trop vite quittés en plein engagement pour la reconnaissance du patrimoine traditionnel vivant au sein du centre culturel qu’il dirigeait à Fort-de-France et du CCEE dont il était un membre très actif

D’énormes enjeux de toutes sortes se greffent autour de nos patrimoines. Ils nous invitent à la plus grande vigilance pour les sauvegarder, en garder la maîtrise. Il s’agit de chercher à se prémunir autant que possible de pillages, de risques d’éradication définitive d’aspects essentiels de notre existence, de notre identité en tant que peuple et de nation.

Le Conseil Régional a adopté récemment son Plan de Développement Culturel  qui prend en compte pleinement ce champ à travers la diffusion, l’enseignement et la valorisation du Patrimoine Culturel Immatériel. Cela implique le secteur économique, l’emploi, le social pour une plus grande cohésion sociale dont nous avons grand besoin aujourd’hui. A partir des outils régionaux de l’Agence Régionale de Développement Culturel et du Pôle de Recherche, d’Enseignement, de Professionnalisation du secteur Artistique et Culturel nous voulons conforter l’ensemble des acteurs et institutions culturelles dans ce domaine. Les musées régionaux y porteront un accent particulier pour  donner une plus grande lisibilité et de moyen au patrimoine culturel immatériel.

En conclusion, la création de nouvelles formes culturelles à partir du patrimoine culturel immatériel est donc le défi qui attend la culture martiniquaise aujourd’hui car c’est dans ces nouvelles formes que réside l’authenticité mais aussi la capacité de s’adapter à la modernité. Le point de départ d’une telle approche est de procéder à une nouvelle lecture du patrimoine, et donc de l’appréhender non d’une manière statique mais d’une façon vivante et dynamique.

DSC03818

Ceci ne peut avoir lieu qu’à la suite de l’étude, de la conservation et de la préservation de ce patrimoine, ce qui nécessite des actions comme:

- le recensement et l’enregistrement, oral et écrit, des manifestations de la mémoire collective par l’intermédiaire d’équipes de chercheurs et d’experts, dans le cadre de centres de recherches spécialisés;

- la reprise d’une muséographie dans les musées d’arts populaires renforcés par les nouvelles technologies immatérielles de l’informatique et de la communication;

- l’édition d’encyclopédies multimédias spécialisées sur  les arts et les traditions populaires (encyclopédie des proverbes, encyclopédie multimédia des instruments de musique et du patrimoine musical, encyclopédie des habits et des bijoux traditionnels…) à partir des travaux des Cahiers du Patrimoine;

- l’organisation de festivals, d’expositions et de journées consacrés au patrimoine culturel immatériel dans toutes ses formes qui puissent  reconstituer certains aspects de l’histoire civilisationnelle des Martiniquais, de leur origine, leur pensée, leur sagesse et les lieux de leur mémoire.

- sauvegarder les richesses des générations  passées et les exploiter pour l’édification de l’avenir, afin d’éviter toute rupture et de garantir la communication entre les générations et les civilisations pour poursuivre l’édification de  l’identité martiniquaise par la mise en place d’un plan pluriannuel pour la sauvegarde du patrimoine immatériel.

Bon travay !  sé grenn diri ka plen sak diri !

Yvette GALOT

Présidente de la Commission Culture et Patrimoine – 14 janvier 2011

Aménagement de la place de l’église du François

Samedi 13 novembre 2010