Archive pour la catégorie ‘Economie’

Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) de l’apprentissage

Vendredi 2 décembre 2011

Dans le sillage du plan de relance et de la stratégie de développement de la formation professionnelle de la région, Serge LTECHIMY et Nadine MORANO ont signé le Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) de l’apprentissage pour la période de  2011-2015.

Dans un objectif commun visant à lutter contre le chômage des jeunes et favoriser leur insertion professionnelle, ce sont 10 millions d’euros que la Région (5 millions) et l’Etat (5 millions) ont décidés de consacrer à l’apprentissage, et qui  ont été formalisés entre la Ministre de la formation professionnelle et de l’apprentissage et le Président de région.

Effort financier considérable, puisqu’il a quadruplé par rapport au précédent COM 2006-2010, le COM  2011-2015 marque une volonté affichée, de doublement des effectifs d’apprentis en Martinique pour atteindre le chiffre de 4000 d’ici 2015, de même qu’une dynamique de valorisation et de développement de l’apprentissage.

C’est cette détermination régionale avec les nombreuses actions prévues et celles déjà enclenchées en faveur de l’apprentissage qui ont défini ce montant.
Ainsi, la région pourra parfaire, avec des  moyens plus importants, sa démarche entreprise par son plan de relance.

En effet la politique régionale de redynamisation de l’apprentissage initiée l’an dernier  a  permis entre autres, de mettre en place des médiateurs-développeurs au sein des CFA, d’augmenter  l’aide aux employeurs d’apprentis à compter de la session 2011,  d’instaurer une nouvelle prime régionale pour l’emploi de plusieurs apprentis (pour les entreprises de moins de 10 salariés),  de recruter des apprentis au sein du Conseil régional, et d’envisager une participation de nos apprentis talentueux aux Olympiades Internationales des Métiers.

Le COM vient abonder le dispositif fortement enclenché par la Région.
La création de nouvelles sections, l’élaboration d’une plate-forme de formation des acteurs enseignant de l’apprentissage, le recrutement de médiateurs développeurs sont autant d’actions de fonctionnement entreprises par le plan de relance régional, qui pourront être prorogées ou améliorées, ce à quoi bien sûr pourront s’adjoindre de nouvelles mesures comme l’anticipation pour la rénovation de la cartographie des formations.

De nombreux programmes d’investissement ont aussi été actés  prévoyant notamment la rénovation et l’extension des CFA, leur équipement informatique, ainsi que la création de lieux d’hébergement.

C’est donc avec une grande satisfaction, de voir conforter sa démarche, que Serge Letchimy a signé ce nouveau COM et entend par la même redorer à juste titre,  le blason de l’apprentissage, formation en alternance qui revêt une place prépondérante dans la carte de formation, répondant à 65% des profils d’emplois recherchés sur le territoire, tout en constituant une formation d’excellence de plus en plus prônée.

Séminaire Convergence 2014-2020 : « Préparons l’avenir »

Vendredi 25 novembre 2011

Saint Denis de La Réunion 21,22 et 23 novembre 2011

Discours du Président du Conseil régional de Martinique Serge LETCHIMY

Monsieur le Président du Conseil régional de la Réunion,
Monsieur le Président….
Mesdames, Messieurs,

Je tiens d’abord à vous présenter mes excuses  pour mon absence à  ce séminaire Convergence « Préparons l’avenir » au moment même où, suite aux récentes propositions législatives de la Commission européenne, notre avenir est en train de se jouer dans les différents débats inter institutionnels du parlement et du conseil.

Lors de la conférence des Présidents des RUP qui s’est tenue à la Martinique en ce début de mois et pour laquelle je tiens à remercier individuellement et collectivement tous les participants pour la qualité de leur intervention, nous avons avec force, ensemble, rappelé à la commission Européenne l’importance de maintenir un traitement spécifique pour les RUP.
A l’heure d’une Europe à 27 mise à mal par la crise financière mondiale et de la diffusion généralisée d’une approche « gagnant-gagnant», quelle reconnaissance, quelle place pour les RUP ?

Je partage l’idée que nous sommes les premiers acteurs de notre propre lendemain. Notre reconnaissance est d’abord une reconnaissance de nous-mêmes, par nous même de nos atouts, de nos richesses. Placés aux quatre coins du monde, riches d’une biodiversité exceptionnelle, d’un métissage culturel, nous pouvons être une chance pour l’Europe de demain.

Alors oui, nous devons nous battre pour que nos territoires ne soient pas réduits à des statistiques mais reconnus pour leur juste valeur. Et la reconnaissance de cette juste valeur passe d’abord par notre capacité à nous inscrire dans de nouveaux schémas de gouvernance où logique de projets, innovation, mesure de l’impact qualitatif sont les maîtres mots.

Les propositions actuelles de la commission ne nous sont pas favorables, j’en veux pour preuve que l’article 349 du TFUE n’est pas toujours visé dans les considérants des règlements spécifiques.
En particulier sur l’allocation spécifique RUP, la dilution de notre article est patente :
•    Réduction significative de l’enveloppe de l’allocation spécifique des RUP : – 44%
•    Obligation de justifier de nos surcoûts
•    Taux de cofinancement de 50 % alors que le mainstream est à 85 %
•    Un fléchage de l’ASRUP de 50% sur la diversification économique, qui bien que fondamental ne correspond pas aux enjeux premiers de l’ASRUP qui vise à compenser des handicaps structurels permanents

En général sur l’ensemble des politiques sectorielles :
Telles que la pêche, l’agriculture où nos spécificités sont ignorées et notre développement endogène menacé par certains accords commerciaux, comme par exemple, les APE UE –Mauritanie ou encore UE – CARICOM ou UE – MERCOSUR semblent en contradiction avec la stratégie de l’UE à destination des RUP et notre incapacité à mobiliser les clauses de sauvegarde, trop rigides. Si je salue la proposition du parlement européen qui vise à allouer au POSEI une enveloppe supplémentaire de 30 millions pour le secteur de la banane, qui a été lésée par ces accords MERCOSUR je rappelle que c’est tout le secteur agricole et toute la pêche qui sont impactés.

En tant que frontières extérieures de l’Europe, les RUP  doivent pouvoir bénéficier d’une protection accrue de leur production locale, aujourd’hui menacée par la concurrence internationale.
Et enfin en matière d’insertion régionale, où si la proposition d’augmenter de 80 % est un effort significatif de la commission européenne, cette dernière n’a pas été au bout des possibilités laissées par les mécanismes de fonds de coopération et n’a pas abordé la problématique posée par une meilleure articulation FED / FEDER.
En ce sens, la conférence des Présidents qui s’est tenue à Martinique aura posé le principe d’une plateforme régionale de coopération en vue de renforcer le dialogue ACP –RUP dans chaque bassin régional.

Je sais pouvoir compter sur la Présidence des Açores pour continuer à porter haut le flambeau des RUP pour que nos atouts soient reconnus et que l’Europe n’ignore pas le caractère permanent et structurel de nos handicaps.
Je vous remercie

Commission permanente du 22 novembre 2011

Mercredi 23 novembre 2011

Activité très soutenue au conseil régional, des chantiers routiers essentiels à l’ordre du jour. Plus d’une centaine de dossiers étaient programmés à l’occasion de cette séance.

ZONES D’ACTIVITES
A cette occasion, le premier dossier émargeant aux programmes conjoints Région/Europe destinés aux zones d’activités et abondés à hauteur de 3 millions d’euros voit enfin le jour. Sans aucune programmation depuis 2 007 (année de la mise en application de cette mesure), le Conseil Régional dans sa volonté de voir émerger des lieux destinés à accueillir des entreprises a voté aujourd’hui une aide de 235 378 euros à la Ville du Robert. En effet, dans le cadre du foncier disponible du Parc de la Semair, la Ville a initié la création d’un premier lotissement d’entreprises d’une capacité de 6 lots. Cette première initiative laisse augurer de la volonté qui s’exprimera  très prochainement dans le cadre du Plan de Relance 2 qui prévoit l’émergence d’une vingtaine de projets de zones d’activités fortement soutenus par la Collectivité Régionale.

RESEAU ROUTIER
Le réseau routier fait aussi l’objet de l’approbation d’une série de marchés afin de rendre opérationnelle la volonté du Président de Région d’accélérer le rythme dans ce domaine. Pour ce qui concerne le TCSP (Transport Collectif en Site Propre), des marchés de travaux importants ont été notifiés à des entreprises. Il s’agit en particulier :
•    33 millions d’euros pour créer la voie en site propre dans les deux sens, à l’Avenue Maurice Bishop (Sainte-Thérèse),
•    7,9 millions d’euros pour la portion entre l’échangeur du canal du Lamentin et le Pont de la Rivière Lézarde,
Ces plus de 40 millions d’euros de travaux lancés sur ces deux tronçons essentiels qui permettent de donner de la visibilité à un projet important, abondé en fonds européens qui menaçaient d’être dégagés sans ces efforts essentiels portés par la nouvelle majorité.
A ces décisions du jour, il convient de rajouter les 13 millions d’euros votés à la séance précédente pour réaliser le chantier de l’échangeur d’Acajou (3ème pont de l’Autoroute). Ces travaux permettront de dédier une voie spéciale, non réalisée à ce jour, au transport en commun sur les ponts de l’Autoroute.
Pour terminer sur cet important chapitre « Travaux », la Commission Permanente a autorisé le Président à procéder à des acquisitions de terrains, à Détour Bourdin, Route de Balata afin de lancer le chantier de reconstruction de cette partie de route emportée par un glissement de terrain.

PREVENTION DES INNONDATIONS
Toujours dans le cadre des travaux routiers, l’étude permettant de déclencher des travaux pour éviter l’inondation de la Plaine de Rivière Salée, a été notifiée aux entreprises. Elle est prévue pour durer 10 mois. A partir de ses conclusions, le Conseil Régional prendra des décisions importantes pour éviter ce phénomène récurent qui n’a que trop duré et tiendra donc les engagements pris publiquement par son Président. Cette deuxième phase d’initiatives fait suite au curage qui a déjà été effectué pour libérer le bouchon de sédiments qui bloquait l’écoulement des eaux à l’embouchure de la Rivière-Salée.

TRAVAUX DANS LES LYCEES
A cette occasion, ce sont également environ 3 millions d’euros de marchés divers qui ont été attribués à des entreprises pour permettre des travaux dans les lycées,… et permettre ainsi une amélioration importante du patrimoine régional.

FORMATION PROFESSIONNELLE

Dans le cadre de ses compétences dédiées à la Formation Professionnelle, environ 320 000 euros ont été attribués lors de cette instance à près de 200 personnes pour contribuer à leur effort individuel de formation.

AIDES AUX ETUDIANTS
Concernant les étudiants, plusieurs d’entre eux bénéficient du dispositif d’accompagnement régional à leurs études en Doctorat. Ce sont 30 jeunes martiniquais qui recevront leur bourse pour un montant total de 335 800 euros. 3 autres  jeunes se verront aider pour leurs études à Sciences Po Paris.

CULTURE
Dans le domaine culturel, plusieurs dossiers étaient également à l’ordre du jour. Le Conseil Régional aidera la Ville de Grand Rivière à réaliser une fresque peinte par des jeunes en formation qui viendra figurer sur une place bientôt dénommée par la Commune, « Place Aimé Césaire »,. L’aide de la Région est de 6 650 euros pour un projet estimé à 7 000 euros.
La Région a également approuvé sa contribution à hauteur de 30 000 euros pour un programme de manifestations destinées à célébrer les 65 ans des Grands Ballets de Martinique.

AIDES AUX ENTREPRISES
L’aide aux entreprises était également au programme de cette Commission Permanente. Environ 1 400 000 euros d’aides ont été réparties permettant ainsi à 17 unités d’émerger ou de se moderniser induisant de fait, la création ou le maintien de plusieurs dizaines d’emplois. Il est à noter que parmi elles, figure le très emblématique Jardin de Balata, site touristique le plus visité de l’île qui s’est vu octroyer près de 600 000 euros pour sa modernisation qui se monte à plus d’un million d’euros d’investissements.

ACCUEIL DES SENIORS
Enfin, pour terminer, un établissement destiné à l’accueil de personnes âgées situé à Ducos a reçu une contribution régionale de 325 000 euros pour réaliser l’équipement non médical de la structure. Cette unité accueillera 65 personnes et créera une quarantaine d’emplois.

Monsieur le président de contact-Entreprises,

Mercredi 16 novembre 2011

Monsieur le président de contact-Entreprises,

J’ai pris connaissance de votre lettre ouverte et de votre interprétation des chiffres publiés par l’IEDOM et l’INSEE. Je vous sais gré de cette initiative, car, dès ma prise de fonction j’ai rappelé l’importance que j’accorde au monde de l’entreprise : véritable partenaire des orientations politiques générales. Cette perspective demande que les avis soient donnés, que des initiatives soient prises de part et d’autre, et que tout soit fait pour que nos mondes, faces convergentes d’un même pays et d’une même ambition, puissent s’écouter, se comprendre et instaurer une synergie positive entre différentes logiques.

J’ai perçu votre inquiétude. Elle rejoint celle qui est la mienne depuis le début de cette mandature où j’ai immédiatement pris des mesures pour enrayer l’extraordinaire ralentissement de notre économie, et ses effets désastreux sur le chômage hors-norme qui structurellement malmène notre pays. Le Plan de relance 1 (PR1) nous a permis de générer globalement plus de 2000 emplois. Nous poursuivons, cet effort par la mise en place d’un nouveau plan (PR2) qui devrait lui aussi porter ses fruits et instaurer une dynamique précieuse dans notre espace économique.

Comme vous le savez, nous avons créé deux zones d’attractivité régionale majeure, qui s’inscrivent dans le long terme, et qui devraient, par leur multi dimensionnalité, leur niveau d’investissement et d’ambition, amorcer un épanouissement durable du grand Nord et du Sud.

Nous avons inauguré récemment la première des 15 zones d’activités que nous prévoyons de faire, afin de permettre de faciliter l’accès à l’immobilier d’entreprise, mais surtout engranger une dynamique de production locale en relation avec le monde agricole, l’ébénisterie, et d’autres activités qui permettraient de baser notre développement sur la production locale.

En ce moment, en concertation avec les socioprofessionnels, nous préparons un Plan d’Action pour le Développement de la Martinique (P.A.D.M) dans lequel nous définirons les voies et moyens pour de nouveaux possibles, quitter les spirales négatives de l’importation consommation, et du surcoût opaque du mécanisme, donner de nouvelles bases au port maritime. Nous travaillons (comme nous le faisons pour le tourisme, avec le contrat d’excellence qui sera bientôt signé avec l’Etat) sur les questions tellement essentielles, de la fiscalité, de la rénovation des hôtels, du financement bancaire, des énergies nouvelles, de la géothermie, du logement social, des nouvelles techniques de l’information et des communications (T.I.C), de la restauration des filières agricoles et celles de la pêche, toutes susceptibles de nous rapprocher d’une autosuffisance alimentaire et de conforter les plus indispensables de nos capacités productives. En tout et pour tout c’est plus de 60 millions d’euros investis en un an dans les hôtels, plus de 300 millions de relance dans le BTP. Plus de 20 millions d’euros d’augmentation de la contrepartie régionale sur les projets structurants du Contrat Etat Région Département alors même que les autres contreparties diminuent de façon significative. Le budget d’investissement de la collectivité régionale a augmenté en un an de plus de 100 millions d’euros.

Alors oui, aucune piste n’est abandonnée et la collectivité régionale se bat sur tous les fronts à vos côtés.
Malheureusement, nous ne pouvons effacer d’un tour de main les stigmates d’une politique de guichet qui aura duré 12 ans. Cela demande du temps et de la concertation. Je dirais surtout : une mobilisation de nos intelligences et de nos capacités à innover dans une conjoncture pour le moins défavorable. Néanmoins, cette dernière ne saurait faire perdre, au-delà de notre vigilance créatrice, de notre culture projets, confiance en notre capacité collective à surmonter les plus graves difficultés.

Le travail doit continuer à se faire au niveau de l’Europe comme le montre la dernière conférence des Présidents des RUP qui s’est tenue chez nous.
Il doit continuer à se faire au niveau de l’Etat dans une coordination des élus de nos régions, et en concertation avec l’ensemble des partis qui composent le paysage politique de la France. Nous ne négligeons rien.

Reste maintenant le travail des martiniquais par des martiniquais. Nous devons le faire ensemble, en pleine marche confiante vers la responsabilité. Nous avons à parer aux urgences, traiter l’indispensable, veiller à l’essentiel, trouver des solutions nouvelles pour que des horizons encore insoupçonnés se dégagent en face de nos jeunes et de tous nos enfants.

C’est, paradoxalement, là où se trouvent la misère, la paupérisation, le désarroi des jeunes, les préoccupations des entreprises, la qualité de vie de nos aînés, que se trouvent en réalité les bases déterminantes de n’importe quel pays ; et pour la Martinique c’est à ces endroits-là que je me trouve.

J’ai confiance en nous.

Je poursuivrai donc les initiatives qui m’incombent pour que nous ne cédions ni aux lamentations, ni au défaitisme, mais que nous trouvions ensemble, en nous-mêmes, et pour nous mêmes, les voies neuves vers des élans décisifs et adaptés aux mutations du monde.

Soyez assuré, monsieur le Président, de mon attentive et parfaite considération.

Serge LETCHIMY, Président du Conseil régional de Martinique

Intervention lors du débat sur le budget

Dimanche 13 novembre 2011

Assemblée nationale XIIIe législature Session ordinaire de 2011-2012
Troisième séance du mardi 8 novembre 2011

Intervention de Serge Letchimy lors du débat sur le budget.

Madame la présidente, madame la ministre, chers collègues, je tâcherai d’être bref, puisque je n’ai que cinq minutes, mais je dirai l’essentiel.

Nous nous trouvons dans une nébuleuse financière, qui impose à tous les États européens une politique de rigueur, les oblige à réduire leurs déficits et à prendre les précautions nécessaires pour éviter le chaos social. La question essentielle pour nous est de savoir comment nous en sommes arrivés là, comment l’Europe s’est laissée entraîner par un système financier prédateur, dans un capitalisme effréné et un ultralibéralisme sans limite.

C’est dans ce contexte que s’inscrit notre débat budgétaire, et nos pays de l’outre-mer n’entendent pas pratiquer la mendicité ni se tenir en dehors de la solidarité. Ce sont des pays dignes, qui n’ont pas peur de se battre, et nous considérons qu’ils doivent participer à l’effort national.

Cependant, je le dis très clairement, il faut savoir traiter des situations différentes de manière différente, et je pense que le Gouvernement n’a pas pris la mesure de la gravité de la situation.

Je redoute que se produisent en Europe, aux portes de la France – chacun sait ce qui se passe en Grèce –, des événements majeurs qui impliquent pour nous de lourdes conséquences sociales. Si l’on s’inquiète pour la France avec son taux de chômage de 8,9 %, on ne peut qu’avoir les plus grandes craintes pour la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion, où le chômage oscille entre 25 et 30 % et atteint 60 % chez les jeunes.

Nous sommes dans une situation d’autant plus difficile, que vous prenez des mesures de restriction qui menacent le service public et touchent d’abord les plus démunis, tout en alimentant dans le même temps le secteur bancaire et le secteur financier.
C’est un paradoxe qu’il faut clairement dénoncer, et nous devons ériger face à la bulle financière une bulle de solidarité qui permette de soutenir ceux qui ne mangent pas le matin.
Ceci étant, vous avez avec le RSMA pris une bonne initiative, qui permet de mettre un maximum de jeunes au travail.

Concernant la défiscalisation du logement social, vous connaissez mon point de vue : tant mieux si elle permet d’augmenter le nombre de logements, mais je vous demande de faire attention : la défiscalisation reste la défiscalisation ; elle ne concerne que l’initiative privée, et subordonner à l’initiative privée le droit constitutionnel au logement c’est prendre un risque majeur, surtout quand on sait que, sur les 55 000 ménages qui attendent un logement en outre-mer, 60 à 70 % ont des revenus si bas qu’il leur faudrait des logements « très » sociaux, avec des loyers que la défiscalisation ne permettra pas d’abaisser suffisamment pour les leur rendre accessibles.

Du rapport que m’avait demandé Yves Jégo est née la loi sur l’habitat indigne ; j’attends avec impatience les arrêtés qui la concernent, paraît-il imminents. Quoi qu’il en soit, cette loi va exiger beaucoup de moyens, et la défiscalisation ne doit absolument pas se substituer mécaniquement à la LBU.
Jouez le jeu ! La défiscalisation doit produire du logement social ou intermédiaire : eh bien, continuez ! Quant à la LBU, elle doit servir à combler d’autres besoins, non satisfaits. Que faites-vous des besoins en matière d’amélioration de l’habitat des propriétaires occupants, en matière de restauration du patrimoine ancien dans nos bourgs, ou en matière de restauration et de restructuration des quartiers, où chaque opération – je prends l’exemple de Trenelle – coûte 300 millions d’euros ? Là, la LBU doit alimenter le fonds régional d’aménagement foncier urbain. C’est un impératif. Je vous demande donc d’être très prudente dans ce domaine.

Et puis, je regrette de le dire, mais je ne suis pas exactement sur la même ligne que le parti socialiste sur la question de la défiscalisation, tout en admettant que les niches fiscales posent certains problèmes.
Les décisions que vous avez prises en la matière n’ont rien d’anecdotique. Vous avez patiemment, depuis la LODEOM, raboté la défiscalisation sur les investissements outre-mer. Soit, si vous aviez su offrir en contrepartie à ces territoires les moyens d’accomplir leur mutation économique, de générer des investissements solidaires qui permettent un partage de la richesse et mettent un terme aux monopoles qui ne font que renchérir les prix et créent une société à deux vitesses.

Mais il n’en est rien, vous ne faites que raboter. Vous supprimez la TVA NPR ; vous supprimez les dépenses fiscales liées au logement libre ; vous supprimez des exonérations de base ; vous supprimez l’abattement de 30 % pour l’impôt sur les sociétés. Avec quel résultat ? Entre 460 et 500 millions d’euros en moins pour l’investissement outre-mer, à quoi il faut encore ajouter la suppression, par amendement, de 53 millions d’euros en crédits de paiement et 40 millions en autorisations d’engagement.
Ces aides à l’investissement permettent pourtant de réduire de 28 à 40 % le coût de ces investissements, qui s’élevaient, en 2010, à 3 milliards d’euros. On sait qu’elles profitent avant tout aux petites entreprises – sachant que 90 % des entreprises martiniquaises sont des TPE – et qu’elles ont permis de créer des centaines d’emplois. Enfin, les effets pervers qu’elles ont généré ont, si l’on excepte les structures de rémunération intermédiaire, progressivement été corrigés.

Vous savez pertinemment que s’attaquer aux niches fiscales doit se faire dans le temps, progressivement, et non brutalement. Il faut par ailleurs comparer le coût de l’aide à l’investissement productif en outre-mer aux autres dépenses fiscales. Elle ne représente que 1,3 milliard, soit 1,3 % des dépenses globales liées aux niches fiscales en 2010, quand la TVA sur la restauration coûte 3 milliards et les heures supplémentaires, 4,5 milliards. Sous prétexte que l’outre-mer doit participer à la solidarité nationale, le voici privé de son potentiel d’investissement ! Oui à la solidarité, mais pas à n’importe quel prix !
Je veux aussi parler de certains retards considérables dont nous pâtissons. L’aide au fret est restée fictive jusqu’en 2011 – elle est appliquée aujourd’hui, mais difficilement ; nous attendions un rapport sur les conséquences de la suppression de la TVA NPR : nous ne l’avons pas eu ; la suppression des réductions d’impôt sur le photovoltaïque est une bonne chose, qui permet d’éviter les dérapages, mais rester deux ans sans envoyer de signe aux acteurs économiques, c’est tuer la filière, et on a tué la filière !
Nous devons, madame la ministre, nous engager dans une mutation en profondeur de notre économie, qui nous préserve de l’instabilité sociale.

Je conclurai en signalant que l’aide aux collectivités territoriales a été diminuée de 14 %, et que ce sont ces collectivités qui aujourd’hui, dans nos régions, se substituent à l’État. L’aide à la continuité territoriale, déjà réduite à la portion congrue, a encore diminué. Les dettes vis-à-vis de la sécurité sociale sont compensées – et l’augmentation du budget s’explique en partie par là. Enfin le fonds exceptionnel d’investissement a également diminué.
Lorsque, d’un côté, on aggrave la précarité et le chômage, et que, de l’autre, on augmente le coût de la vie, cela produit des étincelles qui peuvent produire les conditions d’une véritable explosion.

Nous sommes prêts à organiser chez nous un développement endogène, qui s’inscrive avec cohérence dans notre environnement. Cela implique que l’Europe nous considère autrement. Arrêtons de dire que nous représentons 97 % de la surface maritime française et 80 % de la biodiversité européenne, sans en tirer les richesses que cela implique.

Un de nos proches voisins, c’est le Brésil. Finançons des moyens de transport pour aller y chercher des matériaux que nous transformerons localement. Il nous faut une coopération économique ouverte. Et chaque fois qu’une richesse sera détectée dans nos pays, comme le pétrole en Guyane, nous en voulons notre quote-part, pour être avec succès les acteurs de notre propre développement.

Serge Letchimy
8 novembre 2011

Evaluation du plan de relance

Jeudi 27 octobre 2011

LA METHODE D’EVALUATION DU PLAN DE RELANCE
EST TRANSPARENTE

Nous avons eu l’occasion d’expliquer à plusieurs reprises comment se concevait l’évaluation du Plan de Relance d’Urgence à l’initiative du Conseil Régional et désormais en œuvre depuis un an.
A la remise par les donneurs d’ordre (mairies, EPCI), de la liste des entreprises retenues après appel d’offres sur un marché labellisé Plan de Relance, nous lançons un questionnaire auprès de cette entreprise.

Plusieurs questions sont posées à cette dernière et en particulier tous les éléments qui touchent à l’emploi de ses effectifs sur le chantier concerné.
Cette déclaration est rédigée de la main du concerné et nous est renvoyée par fax ou mail.
Ces données sont comptabilisées dans une base informatique qui reprend tous les éléments liés au dispositif Plan de Relance.

A ce jour, les 204 entreprises qui ont obtenu un chantier « Plan de Relance » sur les 98 lancés à ce jour ont été l’objet de ce questionnaire. 80 % d’entre elles nous ont fait l’honneur de répondre. Les opérateurs sociaux se sont chargés, eux, pour leur part de recueillir les données concernant les chantiers de construction et de réhabilitation de logements individuels.
Les chiffres annoncés sont donc le résultat de ces déclarations.

Pour compléter le dispositif, un comité de suivi composé d’organismes tels la Sécurité Sociale,  le POLE EMPLOI, l’INSEE etc analysent avec nous régulièrement les grandes tendances économiques. Cette initiative d’évaluation a été saluée par tous pour son caractère innovant au service de la mesure d’une politique publique.

Par ailleurs, les chantiers Plan de Relance sont signalés par des panneaux particuliers et peuvent être facilement identifiés par tout un chacun.

Le Conseil Régional n’a jamais eu la prétention de pouvoir remplir les carnets de commande de toutes les entreprises du bâtiment et des travaux publics au travers du Plan de Relance.  C’est un dispositif audacieux qui a voulu au travers de la commande publique, redonner du souffle à une économie en grande difficulté dans l’urgence.

Il ne saurait résumer à lui tout seul toutes les initiatives utiles pour que l’économie martiniquaise passe de la simple résistance à la crise à une vraie offensive partagée de tous les secteurs.

CONSEIL REGIONAL DE LA MARTINIQUE
27 octobre 2011

XVIème Conférence des Présidents des RUP

Mercredi 26 octobre 2011

PLAN DE RELANCE D’URGENCE : 1 AN APRES : DES OBJECTIFS ATTEINTS

Mercredi 26 octobre 2011

VOLET COMMANDE PUBLIQUE
Nombre total de chantier commune et EPCI : 221
Volume d’affaire : 201 532 988 euros
Participation région : 78 028 649 soit 38,7%
Dont Plan de relance : 71 365 907 euros
Et ACRC : 6 662 742 euros

ELEMENT DU CLIMAT DE L’ECONOMIE EN MARTINIQUE

En 2010 : 2780 création nette d’emploi et une baisse du nombre de chômeur au sens du BIT de 690 (source note de l’INSEE juin-juillet 2011)
Vente de ciment : augmentation de la vente de ciment en vrac de 7,7% sur un an (20102011) dont une augmentation de 52% pour les 6 derniers mois. (Source IEDOM 2011)
L’augmentation des recettes de TVA de 6,6% (source DRFIP 2011) sur un an (2010-2011) prouve une reprise de l’activité.
L’octroi de mer

APPORT DIRECT EN TRESORERIE DES COMMUNES
En 2010 : 4,8 millions d’euros ont été versé aux communes
En 2011 : une aide de 5 millions d’euro sera de nouveau répartie équitablement entre les 34 communes

SYNTHESE
Emplois générés par le Plan de Relance Régional d’Urgence : 2006,
Dont 1328 par le volet commande publique
Et 678 par le volet logement
Au cours des 12 derniers mois : 1 salarié, de la construction, sur 4 a été impacté par le Plan de Relance Régional d’Urgence
Au cours des 12 derniers mois : 3 entreprises, dans le domaine de la construction sur 4 ont été impactées par le Plan de Relance Régional d’Urgence.
Volume d’affaire global déclenché : environ 111 010 869€ sur 3242 371 196 €
Au 15 octobre 2011
Nombre de chantiers démarrés : 98
Volume d’affaire déclenché : 105 010 869 €
Participation Totale de la région sur ces projets : 32 570 091 €
Nombre entreprises impactées : 204

EMPLOIS
Masse salariale distribuée : 30 329 378 euros de masse salariale ont été distribués au 1er octobre 2011, soit 28,9 % du volume d’affaires déclenché.

VOLET LOGEMENT

Près de 1 000 familles verront enfin leur souhait d’être mieux logées se réaliser .
Le Conseil Régional de la Martinique dans le cadre du Plan de Relance Régional d’Urgence a souhaité rendre opérationnels environ un millier de décisions favorables de l’Etat (LBU) pour le financement de réhabilitation ou de construction de logements individuels. Cette opération vient en soutien des subventions AAH (Aide à l’Amélioration de l’Habitat) et LES (Logement Evolutif Social) attribuées par l’Etat.

Les décisions d’octroi par l’Etat de subventions les plus anciennes remontaient à 2004 et 2005 et seraient frappées d’annulation fin 2 010 si elles ne se transformaient pas en chantiers réels.
Il est à noter que près de 200 de ces 1 000 familles étaient des sinistrées du cyclone DEAN (2007) et ne pouvaient jusqu’alors retrouver des conditions décentes de vie.
Pour réaliser l’ensemble de ce dispositif, Conseil Régional de la Martinique a consenti un effort de plus de 4 millions d’euros et a ainsi permis de déclencher près de 30 millions d’euros de travaux auprès essentiellement de petits artisans (plombiers, maçons, électriciens, couvreurs,…)

Parallèlement et au vu des débats engagés dans le cadre de cette action, la Région en a profité pour adhérer au Fonds de Garantie de l’Habitat de la Martinique qui ne comptait parmi ses membres jusqu’alors que le Conseil Général et l’Etat.
Ce fonds a été abondé en conséquence : 6,6 millions d’euros pour permettre d’ouvrir ses services à un maximum d’emprunteurs qui ne peuvent présenter de caution pour accéder à leur emprunt pour réparer ou reconstruire leur logement. Plus le fonds est abondé et plus les familles qui peuvent en bénéficier sont nombreuses.

A dispositif exceptionnel, mesures exceptionnelles.
En effet, ces dossiers ont fait l’objet d’un traitement individuel au cas par cas, sans se voir imposer ni plafond ni quota. L’essentiel était de boucler le plan de financement pour permettre de déclencher le chantier. Cette initiative a permis un énorme travail partenarial avec les opérateurs sociaux de Martinique (GIDOS et le PACT), l’Etat, l’interface social financier, Martinique Habitat.
Cette action s’inscrit largement dans le cadre du Plan de Relance d’Urgence de la Région qui vise à redonner du souffle à une économie en grande difficulté et à créer autour de la commande publique un maximum d’emplois. Elle servira de tremplin à l’écriture dans les prochaines semaines de la politique de la Région Martinique en matière de logement social.
Enfin, cette opération comme l’ensemble des actions du Plan de Relance est soumise à évaluation directe et fera l’objet d’une information la plus large dès les prochaines semaines (nombre d’emplois générés, nombre de chantiers ouverts, volumes financiers, …).

Rappel Chiffres globaux
Nombre total de chantier : 956
Volume d’affaire : 33 238 208€
Participation région Plan de Relance : 4 714 107€
Au 15 octobre 2011
Nombre de chantiers démarrés : 228
Pour Part régionale : 1 470 649 €
Nombre entreprises impactées : 65
Le volet logement du Plan de relance bénéficie à 90,6 % aux petits artisans

DES INITIATIVES EN FAVEUR DES ENTREPRISES
Pour optimiser les effets du Plan de Relance, les investissements réalisés par les collectivités doivent se répercuter immédiatement dans l’économie Martiniquaise.
Le 28 juin 2011, à l’initiative du Conseil Régional, une rencontre était organisée afin de fluidifier les règlements entre les donneurs d’ordre publics et les entreprises.
Suite à cet échange un groupe de travail composé de représentants des collectivités territoriales, de chef d’entreprises de toutes tailles et de la paierie régionale s’est constitué.
Ce groupe est chargé, de présenter une charte partenariale collectivités/entreprises qui permettra, bien au-delà du Plan de relance, de réduire les délais de règlement des entreprises.

Loi Letchimy : la stratégie de Louverture

Mardi 14 juin 2011

Deux ou trois réflexions autour de la Loi Letchimy.

Tout d’abord, qu’en digne héritier de la méthode Césairienne, son rapporteur a su porter l’exposé d’insolubles problèmes Martiniquais (voire Foyalais) jusqu’à l’expression d’une problématique universelle (puisque l’héritage colonial n’est pas une spécificité Martiniquaise), dimension qui a su forcer, à trois reprise, le consensus d’un Parlement pourtant en état de précampagne. Au-delà de la réalité humaine qui motive son engagement, le politique doit savoir s’affranchir des postures partisanes et chercher l’unité qu’exige la cause défendue (lanmizè pa ni koulè).

Deuxième leçon importante, quant à la qualité du travail que nous attendons de nos représentants : cette loi, si elle ne sera pas sans incidences financières, ne porte pas sur une demande de plus d’argent public ; elle porte sur des principes, sur une organisation opérationnelle, sur une mobilisation plus efficace de moyens, conçus mieux en rapport avec la réalité qu’ils entendent traiter. Plis lajan pa ka fè yanm tijé. Le politique n’est pas qu’un quémandeur, il est aussi celui qui aide à acter la prise de conscience (sinon à provoquer cette prise de conscience). Le politique doit pouvoir se hisser au-delà des effets et modifier les causes ; nous comprenons de mieux en mieux qu’il y faut des compétences qui ne sont pas qu’électorales !

Enfin, et sur la portée concrète de ce texte, qui vise la lutte contre l’habitat indigne en Outre-mer, il faut souligner que les incidences opérationnelles découlant de cette loi illustrent parfaitement la démarche politique qui fonde le socle de notre société en projet sur l’initiative locale et l’accomplissement d’une identité législative qui reste encore en déficit d’égalité sociale. Nou ka maché asou on chimen ki (lwen) poko bout. Pour ces deux ou trois raisons, le député Letchimy aura honorablement mérité du supplément d’âme qu’apportèrent à l’histoire de cette République, ces trois maîtres en dignité que furent Louis Delgrès, Toussaint Louverture et Aimé Césaire.

Kenjah
14 juin 2011

Intempéries en martinique

Samedi 7 mai 2011

Le président du conseil régional Serge Letchimy a reçu vendredi 6 mai à 16h des organisations d’agriculteurs afin de faire le point sur les dégâts causés par les pluies diluviennes des semaines passées, et encore en cours. Après deux heures de discussion très fructueuses toutes les doléances ont été enregistrées afin que les services régionaux les instruisent pour déterminer l’éligibilité des demandes et les modalités d’intervention de la collectivité régionale.

Le président du conseil régional a immédiatement adressé un courrier au premier ministre pour l’interpeller sur le caractère exceptionnel de la situation, et les menaces de lourdes pertes qui s’annoncent. il a saisit le premier ministre afin d’examiner la possibilité d’enclencher la procédure de calamité agricole dans les meilleurs délais de manière a apporter un soutien aux producteurs déjà fortement en difficulté après le cyclone thomas.

Serge Letchimy a aussi adressé un courrier au président de la caisse régionale de crédit agricole afin de lui demander d’examiner la possibilité d’accorder aux agriculteurs qui en feront la demande des report de paiement d’échéance ou un rééchelonnement de dettes. en effet la quasi totalité des des récolte sont compromises.

Les organisations suivantes étaient présentes:

OPAM
ORGAPEYI
Caraïbes Meloniers
COPROLAM
SYNDICATS DES APICULTEURS
CANNE-UNION
SOCOPMA
SCACOM
COOPMAR
Caraïbes Exotiques
GIE-MHM
BIO des Antilles