Dans la perspective des consultations populaires des 17 et 24 janvier,la Députée Christiane Taubira rappellera les enjeux du vote de janvier et expliquera les motivations de la pétition lancée par WALWARI pour élargir le corps électoral aux Guyanais résidant hors de Guyane. Seront abordées toutes les questions concernant l’avenir des Outre mer.
Cette conférence avec Christiane Taubira aura lieu le Lundi 19 octobre de 18h30 à 20h30, 126 rue de l’Université 75007 Paris Salle n°6242, 2éme sous-sol. Mme Taubira élargira le propos aux grands défis qui se posent aux Outre mer d’Amérique et de Caraïbe pour bâtir des sociétés plus prospères et plus justes. Elle exposera les motifs et la portée de la participation des diasporas à ce vote qui peut entraîner de profondes modifications dans le fonctionnement de nos sociétés. La réunion se poursuivra sur une séquence Questions-Réponses d’échanges avec l’assistance.
PETITION POUR L’EXPRESSION DEMOCRATIQUE DES GUYANAIS
SUR LEUR DEVENIR ET CELUI DE LEUR TERRITOIRE
EXPOSE DES MOTIFS
Les Guyanais ont été contraints de quitter leur terre natale, pour des études, faute d’une offre diversifiée dans l’enseignement supérieur ; pour des formations, faute de filières adaptées aux métiers disponibles ou à promouvoir ; en recherche d’emploi, faute d’activités économiques à valeur ajoutée ; en soins de longue durée faute de certains équipements sanitaires.
L’Etat, sous des gouvernements différents, a pris par le BUMIDOM, une part active dans ces départs pour la plupart sans retour.
Dans le même temps, délibérément ou par gestion conformiste, l’Etat a facilité l’installation de fonctionnaires détachés ou de personnels contractuels, et divers mécanismes ont écarté les Guyanais de nombreux métiers ; il en fut ainsi les premières années de l’IUFM.
De même l’Etat a mis en place un mécanisme automatique pour le règlement des primes et indemnités dues aux fonctionnaires détachés en Guyane, mais refuse de verser automatiquement les mêmes primes dues au titre du même décret de 1953 aux fonctionnaires guyanais mutés dans l’Hexagone ; et il use de la prescription quadriennale pour en refuser le versement différé.
Il était possible, sous tous les gouvernements, de faire d’autres choix en filières de formation, en stratégie de développement basée sur des secteurs économiques générateurs d’emploi ; en équipements structurants et en infrastructures éducatives, sanitaires, sportives.
Fidèles aux valeurs démocratiques de justice et aux valeurs morales de dignité et de responsabilité, nous considérons comme une injustice supplémentaire de tenir ces Guyanais en-dehors du choix de leur devenir et de celui de leur territoire.
NOUS EN APPELONS AUX GUYANAIS DU DEDANS EN SOLIDARITE AVEC CES GUYANAIS DU DEHORS QUI RESTENT SI INTENSEMENT A L’ECOUTE DE NOTRE TERRE NATALE.
Cette solidarité sera notre force commune pour négocier un programme d’accueil en faveur de nos jeunes diplômés, un plan de formation et de reconversion pour les jeunes en demande de filière utile, un dispositif d’accompagnement pour ceux qui feront le choix de la création d’entreprise.
Elle est la condition pour que nous soyons tous pris en considération.
Nous aurions pu choisir la voie de l’exclusion des électeurs qui séjournent provisoirement en Guyane. Elle aurait été juridiquement fondée et matériellement cohérente ; elle nous parait moralement dommageable. Au lieu de soustraire, nous avons préféré élargir. Nous avons choisi l’inclusion.
PREALABLE A LA PETITION
Nous connaissons les arguments juridiques. Nous connaissons les raisonnements pragmatiques.
Nous savons ce que dit la Constitution. Nous savons aussi combien le fatalisme peut étrangler d’opportunités.
Nous savons surtout ce que sut faire un Gouvernement dès lors qu’il consentit à faire face à la responsabilité d’Etat sur les conditions de vie profondément inégalitaires induites par les rapports coloniaux en Nouvelle-Calédonie.
En totale connaissance de l’état actuel du droit commun, en pleine conscience des hautes raisons qui peuvent conduire à remettre le droit en conformité avec la justice, nous nous situons résolument sur un noble terrain : celui, politique, de la participation de tous à la vie de la Cité ; celui, éthique, du Droit contre l’arbitraire.
C’est bien une action à caractère éthique et politique. Ce sera bien la nature de notre victoire commune lorsque cette pétition aura recueilli vos signatures, assemblées comme dans le rêve de Pablo Neruda qui voulait « toutes les mains des hommes pour pétrir des montagnes ».
PETITION
« PETITION POUR L’EXPRESSION DEMOCRATIQUE DES GUYANAIS SUR LEUR DEVENIR ET CELUI DE LEUR TERRITOIRE »
Les signataires sont engagés par le seul texte de la présente pétition
Nous, Guyanais, au nom des principes de la démocratie et des valeurs de dignité et de responsabilité
Entendons exercer pleinement notre droit d’expression sur l’avenir de la Guyane,
Nous, Guyanais et Amis de Guyanais, au nom des principes de la démocratie et des valeurs de dignité et de responsabilité :
Entendons que soit pleinement exercé, par les Guyanais résidant hors de Guyane, leur droit d’expression sur l’avenir de la Guyane,
En appelons aux plus hautes autorités de la République française afin que les Guyanais qui résident en France Hexagonale, dans l’Union européenne et à l’étranger puissent participer à la consultation populaire sur le choix du statut institutionnel de la Région Guyane, sur l’organisation, les compétences et le régime juridique de la future collectivité de Guyane, et sur le projet de société qui y sera annexé ;
Demandons solennellement au Président de la République et au Chef du Gouvernement de constituer le Corps électoral de la consultation populaire sur l’avenir de la Guyane, de façon à permettre l’égale expression au suffrage universel des Guyanais ayant été conduits, pour des besoins d’emploi et de formation, pour des raisons familiales et sociales ou des contraintes de santé, à séjourner plus de six mois hors de Guyane.
Pour signer la pétition : http://www.walwari.org/petition_c_electoral2.php