Archive pour la catégorie ‘Opinions’

Comme un major de fête patronale à la splendeur perdue

Dimanche 5 février 2012

Triste spectacle, cette réunion du MIM au François ! Toujours pas une idée à l’horizon, pas une proposition, pas un projet… Rien. En premier acte, des allusions de mauvaise gestion portées sur la nouvelle majorité régionale.

Des allusions tellement graves que l’auteur termine ses propos par « Ca se terminera au tribunal !!! ». Pas le tribunal du verdict démocratique du peuple convoqué prochainement à des élections, non pas du tout. Le Tribunal français !!! Celui du pays qu’on détestait tant au point de priver son équipe de football de disputer la « Coupe de France ». Ce même pays que l’on haïssait tant qu’aucune élection dite « nationale » ne trouvait grâce à nos yeux. Ce même pays, et oui, … ce même pays. Depuis on ne jure que par ses Tribunaux qui étaient jusqu’à encore récemment, la pire expression du colonialisme. Mé temps fè temps !

Depuis, on s’est drapé de bleu, blanc, rouge, on siège à l’Assemblée Nationale, vesté, complété, cravaté. Le « machin » est tellement bon qu’on va jusqu’à dire « le MIM aura des candidats dans toutes les circonscriptions ». Temps fè temps !!!
La même séance hollywoodienne du François se termine avec le même acteur dans son One man Show qui  comme un major de fête patronale à la splendeur perdue donne dans la provocation et se met à rêver d’une énième confrontation (qui se terminerait  bien sur par une énième défaite)  avec Letchimy. Effets spéciaux garantis : On donne des coups de poings dans le vide, des coups de bek mè virtuels, on se « fesse » à terre comme dans un danmyé tout ça pour masquer l’amertume et la tristesse que provoque une imminente fin programmée. Triste spectacle, je vous jure !!!

SOIREE DIFFICILE A SAINTE-THERESE : HORS DES CONSTATS STERILES

Mardi 25 octobre 2011

Au-delà du récit de cette difficile soirée sur laquelle on pourrait s’étendre des heures durant, il nous appartient avant tout en tant que responsable de prendre le temps de la réflexion.

L’histoire de Fort-de-France ne saurait être dissociée de celle de ses dizaines de quartiers populaires édifiés au prix d’efforts et de sacrifices de ses habitants et de l’édilité Césarienne. Porter le savoir, l’eau, les équipements, la culture au plus près des populations figuraient au nombre des priorités que la Ville a su parfaitement orchestrer même au milieu de difficultés conjoncturelles et d’oppositions politiques farouches. Pas un enfant ne devait être « en panne » de scolarisation, pas un martiniquais ne devait souffrir des affres de l’eau non potable. Les  routes, sentiers et traverses devaient au mieux de l’imagination irriguer ces quartiers spontanément nés d’une rage de vivre incontrôlable.

Les efforts singuliers des uns et des autres pour leur survie étaient magistralement repris en effort collectif portés par une municipalité acquise à la cause des plus humbles. Césaire inventait l’insertion par l’activité et érigeait ce soutien en politique publique avant-gardiste pour l’époque.

Plus de 4 000 âmes pouvaient espérer trouver l’essentiel de leur quotidien auprès d’une main généreuse et désintéressée. Les laissés-pour-compte d’une politique post esclavagiste avaient trouvé leur porte-parole, leur défenseur, leur voix et cahin-caha, l’urbanisation métamorphosait paysage, existences et revendications.

30 ans, 40 ans, 50 ans plus tard, notre imagination est de nouveau interpellée. Ces nouvelles générations n’ont plus comme référence sociale des éléments qui étaient vitaux pour l’époque. Les efforts portés sur le scolaire se sont banalisés, les combats culturels pour l’identité se sont dilués dans un univers élargi, l’eau potable, la route, le logement décent sont désormais rangés  au titre d’un DU élémentaire.

La reconnaissance de politiques publiques efficaces ne passera pas par les mêmes normes. Aimé Césaire et ses héroïques compagnons ne sont plus pour ces générations que des pièces de musée.

Au milieu de ces constats, comment revoir efficacement ce qui faisait notre force ? Comment remettre en cause avec courage que la culture ne se diffusera plus de la même manière ? Comment envisager que le sport ne sera plus un élément déterminant de cohésion sociale ? Comment adapter une offre politique à une génération qui est désormais sourde aux valeurs prônées par leurs ainés ?
Il faudra accepter pour nous aussi cette révolution des mœurs sans nostalgie, sans sanglots au milieu d’un « an tan moin ça pa té con sa ! ».

L’activité qui apparaissait comme le seul moyen de s’en sortir ne sera pas la seule et unique solution. L’offre permanente d’une société de consommation délirante accroit les besoins et le « ti job » n’aura plus l’effet d’assagir ces consciences turbulentes.

Au milieu d’un désert de valeurs et de références « en toc », notre imagination forcée à réagir en mode accéléré devra passer par la case dialogue permanent, par la case omni présence dans ces lieux de vie, pour remettre des bornes là ou elles seront rendues nécessaires et éviter un délitement des esprits complètement « bouffés » par des médias importateurs d’images surfaites.

Le challenge est énorme et demandera humilité et réadaptation permanente. Le challenge demandera aussi des sacrifices importants de nous tous , une remobilisation magistrale de nos énergies pour réadapter en permanence discours et initiatives. Les modes de communication devront être revus pour éviter d’échapper aux cibles recherchées et s’auto-satisfaire de méthodes sensées avoir fait leurs preuves, je dis bien sensées.

Fort-de-France n’est plus le Fort-de-France de nos ainés et cela il faudra l’admettre. La survie de nos valeurs d’airain bâties par Aimé Césaire trouvera sa suite  dans la métamorphose de nos postures et de notre action publique. On en a tous l’énergie, la foi et la conviction. Il suffira alors d’accepter plus que jamais les sacrifices qu’elles réclament.

Une grande réflexion doit s’ouvrir dans nos rangs pour tenter courageusement d’infléchir une tendance que personne tout seul dans son coin ne pourra infléchir. L’heure n’est plus aux doigts pointés sur untel ou untel, telle ou telle institution. L’heure de nous-mêmes a sonnée, une heure terrible certes mais une heure refondatrice et bienfaisante de fraîcheur pour laquelle il faudra très vite des déclinaisons très opérationnelles de propositions concrètes et adaptées.

C’est notre priorité à tous ! C’est la priorité de notre génération très largement impliquée aux affaires aujourd’hui.

Alors…. A nos cerveaux !!!!

Catherine CONCONNE

Propositions citoyennes, pour les Ainés et les Jeunes

Mercredi 20 avril 2011

N’importe quel observateur présent en Martinique depuis 2 ans est capable de ressentir en notre pays une Paix retrouvée et une confiance sereine dans l’avenir.

Restons lucides malgré tout, et, surtout, n’éludons aucun chantier majeur. Particulièrement, doit être au centre des préoccupations le problème du vieillissement de la population et ses conséquences :
l’hébergement en maisons de retraite et EPHAD.
Et, paradoxalement, penser aux ainés ramène à réfléchir au problème de l’emploi des jeunes !
En effet, en l’absence de perspectives encourageantes, les jeunes s’engagent très tardivement à créer une famille et se limitent à un maximum de 2 enfants (sauf exception). le renouvellement de génération n’est pas assuré.
Dans le même temps, les Séniors qui travaillent encore subissent des conditions de vie harassantes (exigences de rendement, stress, accidents et maladies professionnelles, etc…).

Je dis qu’il faut coupler les problématiques de l’emploi des jeunes avec celui de l’amélioration de la qualité de vie des séniors.
Par exemple, les emplois aidés doivent répondre à un triple objectif  :

  1. assurer le jeune d’un emploi stable à court terme;
  2. alléger la tâche des séniors entre 55 et 60ans;
  3. apporter à l’entreprise une puissance de productivité supplémentaire.

On peut imaginer le montage suivant :

  • s’agissant d’un emploi peu qualifié et pénible ,à côté du salarié de plus de 55ans ,on embauche un jeune de 16 à 18 ans en rupture avec le système scolaire, rémunéré par le RMI pour une activité  de 10heures par semaine, complétée par une consolidation des acquis voire une formation professionnelle.
  • Entre 18 et 25 ans, le jeune est rémunéré par le RSTA pour une activité de 20heures par semaine, complétée par une formation professionnelle de 6heures par semaine. Après 2 ans, il est titularisé en même temps que le sénior est retraité.
  • s’agissant d’un emploi qualifié, à côté du salarié de >58 ans, un jeune de 23 à 30 ans est recruté en binôme, pour une durée de 20 heures par semaine et rémunéré par le RSTA pendant 1 an et la 2ème année à hauteur du salaire brut des 20 heures assurées. Il est titularisé au bout des 2ans, en même temps que le titulaire part à la retraite.
  • S’agissant de placement en Maison de retraite et en EPHAD, c’est un vrai parcours du combattant ! Pourtant, les nombreuses mutuelles implantées ici ont pour mission de construire des établissements de ce type, comme elles le font en France !

je pense qu’il faut créer un »  Office Mixte public et privé »  ( MGEN,MAÏF,MG,SLI, CARMF, etc.) pour développer un « parc de logements de retraite à loyer modéré »,  moins de 1,4 SMIC.
Les emplois générés par ces structures seraient exonérés de charges pendant 10 ans.
Au total, il ne parait pas inintéressant de considérer du même regard les problématiques des jeunes et celles des plus âgés.
On peut espérer ainsi des lendemains solidaires et plus heureux.
N’est-il pas ?

Alain PHILIPBERT

Lettre ouverte à tous ceux qui ont récemment rejoint le Parti

Dimanche 17 avril 2011

Bonjour chers camarades, nouveaux adhérents du Parti Progressiste Martiniquais.

Je vous adresse ce petit message parce que je suis triste de ne pas vous voir plus souvent.

Alors que nous sommes aujourd’hui en position de donner une dynamique nouvelle à notre pays, il me semble que cette nouvelle génération à du mal à tenir sa place au sein du parti et de ses évènements.
 
Les évènements du parti ne servent pas qu’a se faire voir et connaitre des cadres, ils permettent surtout de côtoyer les militants, les anciens, les baroudeurs, ceux qui ont l’expérience et qui, de surcroit, souhaitent nous la transmettre.
Pourtant je vous vois peu, aux Lundis du Parti, aux réunions, aux manifestations… même aux Fêtes.
 
Comment voulez vous ?
Que le parti vive, si ses cadres doivent le faire fonctionner, doivent le faire avancer et en même temps travailler pour le pays.
Que nous restions en contact avec la population, que nous puissions répondre à toutes ses attentes et aspirations, que nous ne décevions pas, s’il n’y a qu’une poignée, toujours la même, qui travaille jusqu’à l’épuisement.
Et, pour tous ceux qui affirment (et ceux qui se taisent  mais n’en pensent pas moins) des ambitions politiques, croire que les militants de ce parti se battront pour vous, s’ils ne vous connaissent pas, s’ils ne vous ont jamais vu agir.
Comment voulez vous ?

Ne perdez pas de vue que le Parti Progressiste Martiniquais n’est pas là pour offrir quoique ce soit, à quiconque.

A part des connaissances : sur les dossiers en cours, sur la situation politique, économique et sociale du pays, sur les actions menées par nos représentants dans toutes les instances : des conseils municipaux au conseil régional.
A part aussi de l’expérience : afin de savoir parler en public, d’être capable de mener un débat, d’exprimer des idées construites, de gérer une campagne électorale
A part surtout, une formation humaine.
 
Nous savons, pour l’avoir  expérimenté dans la douleur, que d’autres se sont servis du parti pour autre chose. Alors, je vous le demande simplement : Êtes-vous de ceux là ? Êtes-vous là pour servir ou pour vous servir ?
Si votre réponse est celle du véritable militantisme, alors je vous l’affirme : il ne suffit pas de le dire, il  faut le prouver par l’action.
 
J’ai cette sensation que les militants de longue date attendent l’émergence d’une relève compétente. Nous sommes l’avenir de ce parti et nous devons prouver que nous en sommes, à la fois, capables et dignes

Je suis fier d’être membre du PPM, je suis fier de l’héritage laissé par ce parti à la Martinique.

Aussi, j’en profite pour remercier tous ceux qui participent au  travail de formation et de transmission auprès de nous.
Par cette lettre, j’invite chacun à s’investir, à enrichir de sa présence participative, active, volontaire, chaque manifestation du parti, chaque évènement, chaque cours de l’université de formation, chaque lundi du parti, chaque réunion de balisier.

Poursuivre efficacement le travail effectué par nos illustres prédécesseurs ; Cela ne dépend que de nous.

Camaradement vôtre
HE et MD, Membres du MJP

LE PERE DE LA NATION

Samedi 16 octobre 2010

Il n’existe pour nous, en Martinique, qu’une question qui soit véritablement politique : celle de la responsabilisation.

L’idée de responsabilisation nous permet d’échapper aux écartèlements des vieux mots d’ordre (Assimilation, Autonomie, Indépendance) qui n’ont fait jusqu’ici que nous diviser, et en finale : nous paralyser.

L’idée de « souveraineté optimale » est ici précieuse : elle signifie que nous nous efforçons d’investir le maximum d’espaces de souveraineté qu’il nous sera possible, compte tenu de notre niveau de conscience collective et de l’état des forces politiques en présence.

Dans le monde contemporain, « souveraineté » signifie : non pas rupture, mais maîtrise des interdépendances qui nous sont nécessaires.

D’espace de souveraineté en espace de souveraineté (habilitations transversales, compétences élargies, statuts spéciaux…etc.), nous avancerons ensemble dans un processus de responsabilisation qui n’aura de limite que notre volonté seule.

Raisonner autrement, dans le cadre d’une Constitution française obsolète, qui ne connaît que la République une et indivisible ; ou qui n’admet que des populations, jamais des peuples ; qui force à choisir entre la néantisation de l’identité législative (Art. 73) ou la sanction colonialiste de toute reconnaissance d’une quelconque différence (Art. 74), reviendrait à s’en aller en marronnage dans le potager du maître.

Dès lors, celui qui parviendra, avec le souffle d’un idéal, l’énergie d’un projet, à mettre en branle ce processus de responsabilisation, cette liberté de conception, en entraînant avec lui, sans peur, sans renoncement, sans régression aucune, la majorité des Martiniquais, deviendra le père de la Nation.

Tout autre faible degré politicien (déresponsabilisation, agitation dans les urgences, logique de gestion, panacée économique ou paternalisme social) est voué aux oubliettes de nos histoires.

Patrick CHAMOISEAU

OUI AU DÉBAT DÉMOCRATIQUE ÉLARGI !

Mardi 28 septembre 2010

PREMIÈRE CONTRIBUTION AU DÉBAT SUR LA QUESTION DU STATUT
NON À LA PRÉCIPITATION ET À L’IMPROVISATION !
OUI AU DÉBAT DÉMOCRATIQUE ÉLARGI !

Édouard de Lépine

Le gouvernement est manifestement pressé de tout boucler le plus rapidement possible, en tout cas avant les présidentielles et les  législatives de 2012. Il se mettrait à l’abri d’un éventuel renversement de majorité et organiserait sans difficulté majeure la mise en place des nouvelles institutions. Il rendrait ainsi plus compliquée la remise en question des principales dispositions de cette réforme même si la majorité actuelle devait être battue en 2012.

Du moins l’opinion aura-t-elle été très largement informée pendant trois ou quatre ans du contenu des réformes, des avancées qu’elles comportent comme des reculs ou des risques qu’elles font courir à la démocratie. Quelque réserve qu’inspire le pouvoir de l’argent sur l’information en France, la qualité des débats sur les médias, toutes nuances confondues, aura laissé peu de place au malentendu. On est pour ou on est contre.  Mais on sait qui veut quoi. Les électeurs en 2012, pour les deux élections les plus importantes de la vie politique française, les présidentielles et les  législatives comme pour les cantonales de 2011 et les sénatoriales de 2012, se prononceront en toute connaissance de cause.

On peut difficilement en dire autant pour la Martinique. Ce n’est pas que le temps nous ait manqué. Sans remonter  aux temps forts d’un débat commencé il y a plus d’un demi-siècle, par la rupture de Césaire avec l’assimilationnisme qui a si profondément marqué notre vie politique depuis l’Abolition, disons pour aller vite que la question dite du statut relancée, il y  maintenant plus de 13 ans, en 1997, par la lettre sur l’assemblée unique adressée par feu le député Camille Darsières aux présidents de nos deux collectivités, Claude Lise au Conseil Général, Émile Capgras au Conseil Régional, n’a pas cessé d’occuper les esprits depuis plus d’une décennie. Le débat a été ponctué par trois consultations qui n’ont apparemment rien tranché, le 7 décembre 2003, le 10 et le 24 janvier 2010.

C’est peu de dire qu’on n’a pas le sentiment d’avoir avancé. On a peut-être même reculé. Pour cacher ou masquer ce recul, nous sommes lancés depuis les dernières élections régionales dans une course irréelle à des ersatz de propositions plus ou moins abracadabrantesques dont le sérieux ne saute pas aux yeux. Rien n’en  mesure mieux la légèreté que cette lettre de commande à « un collège d’experts » saisi le samedi 26 juin pour fournir une réponse le mardi 29. Une réponse qui devait être discutée le mercredi 30 par des commissaires ad hoc chargés de préparer une rencontre initialement prévue pour début juillet avec le gouvernement.
Si l’on avait encore quelque doute, le constat sans complaisance du président de la commission ad hoc du Conseil Régional, curieusement annexé à un rapport supposé procéder d’une commune volonté de parvenir à un compromis acceptable par le plus grand nombre,  aura probablement emporté les dernières illusions des observateurs les plus optimistes.

À qui et à quoi peut servir la précipitation ?

Qui, aujourd’hui à la Martinique, peut avoir intérêt à agir dans la précipitation, l’improvisation, la cacophonie et la confusion qui semblent caractériser la démarche de nos élus ?
Même pas ceux qui ont appelé à voter pour l’article 74 de la constitution. Deux fois désavoués par les électeurs en janvier et en mars, ils peuvent évidemment choisir la politique du pire et jouer les Cassandre à peu de frais. Ils laisseraient  à leurs vainqueurs désunis, la responsabilité d’un échec prévisible. Nous nous retrouverions dans le droit commun comme la Réunion qui n’avait rien demandé ou  comme la Guadeloupe qui avait souhaité  un délai de réflexion de 18 mois, avec, semble-t-il, l’aval du Président Sarkozy. Un délai qu’elle a remarquablement exploité pour produire un excellent travail, le Rapport Lurel, dont le gouvernement n’a tenu aucun compte.
À part les départementalistes, plus résignés que convaincus, personne, en tout cas pas le peuple martiniquais, ne gagnerait  quoi que ce soit à précipiter les choses. Ceux qui ont fait confiance au Président qui leur  avait dit : « tout sauf le statu quo », n’auront pas perdu. Le nouveau régime ne ressemblera pas à l’ancien, mais nous serons toujours dans le même rapport de subordination au pouvoir central. Une subordination probablement aggravée du fait de la conjoncture. Nous serons des Français comme les autres, relevant du droit commun comme les autres, sans contrainte particulière mais sans avantage spécifique.

Il suffit de discuter avec un responsable politique français, de droite ou de gauche, pour s’en rendre compte : la France en a marre de nos caprices d’enfants gâtés de ce qui reste de ce qui fut le colonialisme français, qui ne savons toujours pas ce que nous voulons. Elle est prête à nous donner ce que nous voulons, y compris naturellement l’indépendance, même si les  indépendantistes ont trop peur de l’indépendance pour la revendiquer. Les autonomistes seraient-ils dans la même situation ? Après avoir disparu pendant plus de neuf mois tout comme son substitut « la troisième voie », une fausse couche enterrée au bout de quelques semaines en même temps que le MAP, le mot autonomie semble avoir fait une timide réapparition, il y a quelques jours. Jusques à quand ?

Une seule certitude.  Si nous ne parvenons pas à faire des propositions qui tiennent la route, nous resterons prisonniers du droit commun. Après tout, c’est peut-être ce que mérite le spectacle lamentable que nous donnons depuis quelque temps. Ce n’est pas que nous ayons renoncé à nos spécificités, à nos particularités, à nos singularités, toutes choses dont nous ne sommes évidemment pas les inventeurs, le colonialisme en ayant fait jadis ses choux gras pour nous refuser l’égalité.

Du moins avons-nous gardé notre identité et même notre identité nationale. Nous ne sommes pas aussi nationalistes ni aussi provocateurs que Malsa. Nous ne hisserons pas au fronton de l’Hôtel de Région le drapeau (imaginaire) rouge vert noir de Septembre 70. Mais nous ne sommes pas moins patriotes que Marie-Jeanne. La preuve ?  Nous n’allons pas faire flotter le drapeau bleu blanc rouge sur le Conseil Régional.
Mieux. Nous n’allons même pas nous appeler Région comme les régions de France… comme Césaire le préconisait il y a 52 ans.  Nous serons « la Collectivité Martinique ». C’est le seul point qui ait fait l’unanimité des responsables de la négociation avec Mme Penchard (et encore cela n’est même pas sûr !). Ils se sont mis d’accord aussi, avec quelle condescendance ! sur un strapontin à réserver aux communes, dans un conseil consultatif.

Mais sur l’essentiel ? Sur le nombre d’élus de la future assemblée unique ? Sur le mode d’élection de cette assemblée ? Sur son fonctionnement ? (pardon, sur sa gouvernance ! c’est tellement plus précis et tellement plus moderne, cet américanisme !)  Sur  ses ressources ?  Sur  ses compétences ?
L’électeur n’en saura pas plus que ce qui est contenu dans le fameux rapport remis la semaine dernière aux deux présidents Serge Letchimy et Claude Lise. Un rapport dont la vacuité n’a d’égale que la présomption ridicule d’exprimer la volonté de ceux qui ont voté non au 74 et oui au 73.
J’ai voté non au 74 mais ni oui ni non au 73, estimant que je n’avais pas à répondre à une question qui n’avait pas été posée par les élus martiniquais mais imposée par le Président de la République. Je n’en suis pas moins intéressé par l’usage qui pourrait être fait de ce 73 et par la mise en place de cette assemblée unique dont peut dépendre en grande partie le destin de ce pays.

C’est dire qu’il n’est pas trop tôt pour sortir le débat des conciliabules entre élus et experts vrais ou faux, sans parler de quelques constitutionnalistes de contrebande toujours à l’affût d’un bon coup médiatique.

Il faut porter le débat dans les partis et dans la rue c’est-à-dire dans  l’opinion, la réveiller de ce quiétisme malsain dans lequel elle semble se complaire et qui pourrait nous coûter cher si nous étions incapable de saisir la chance que nous avons encore, si ténue qu’elle soit, de rassembler ce pays autour d’un projet modeste mais cohérent qui, à défaut de garantir un progrès significatif dans notre vie publique, en empêcherait une irréversible dégradation.

Le Robert, 27.09.10.

Collectivité unique: déclaration de Didier LAGUERRE

Jeudi 16 septembre 2010

A MM les Présidents des Conseils Régional et Général,

J’ai l’honneur de vous transmettre le compte-rendu des travaux de la commission mixte des élus du Conseil régional et du Conseil général, mise en place le 1er juin 2010. Pour mémoire, je vous rappelle qu’elle était composée de sept conseillers régionaux avec comme chef de file, moi-même ; et de sept conseillers généraux dirigés par Monsieur Eugène Larcher. Dans le cadre de ces travaux, cette commission a pu bénéficier, à titre d’experts, du concours de messieurs Emmanuel Jos, Justin Daniel, Christian Vitalien.

Le texte que nous vous remettons est un compte rendu fidèle des différentes positions qui se sont maintenues autour des dix axes de travail et de réflexion que nous avions retenus.

Le groupe « Ensemble pour une Martinique nouvelle » que je dirigeais, a abordé cette réflexion dans un esprit de concertation la plus large possible. Nous n’avons pas ménagé nos efforts afin de parvenir à une « union sacrée » qui nous paraissait indispensable sur une question où l’avenir de la Martinique, et celui de nos enfants, sont manifestement engagés pour les décennies qui viennent.
De notre côté, rien n’a donc été négligé pour qu’une voix martiniquaise se fasse unanime sur l’essentiel, et porte, dans un esprit d’élévation et de responsabilité, les propositions qui seront faites aux instances françaises en vue des dispositions juridiques ultimes.

La question n’est pas celle d’une évolution statutaire en soi, elle est celle d’une accession à un processus de responsabilisation.

Il s’avère que, dans notre cas, pour passer d’un système d’assistanat-dépendance à un processus de responsabilisation, il faut une redéfinition des structures institutionnelles qui ne peut se trouver dans la simple addition ou fusion de deux institutions « conseil général et conseil régional ».

Ces deux institutions ont montré leur incapacité à atteindre cet objectif, et c’est d’ailleurs un des enseignements du vote du 24 janvier dernier.

Je crois que c’est la tâche de notre génération que de sortir de la mise sous tutelle qui relève de la gestion assistée ou de l’indifférenciation malsaine avec la France. Derrière l’exigence de la responsabilisation, il y a une conviction fondamentale : l’existence d’un peuple et d’une nation martiniquaise. Il s’agit d’actionner le seul ingrédient qui n’a jamais été de mise dans tous les plans de développement que l’on nous a assénés depuis 1946. Cet ingrédient c’est la responsabilisation. La prise en main de notre destin dans le monde, cela est fondamental.

La responsabilisation ne peut plus se poser en termes de rupture ou de séparation d’avec la France. Elle se pose en termes de différenciation et d’interdépendance. Il s’agit donc pour nous de construire de manière autonome et créatrice des liens de partenariat véritable avec la France, avec la Caraïbe, avec l’Europe, avec le monde.

Une Martinique en processus de responsabilisation peut décider, si elle le désire, de confirmer son adhésion au pacte républicain français, comme elle peut choisir d’adhérer en plus à une organisation latino-américaine, ou caribéenne.

Notre accession à la différenciation et à la responsabilisation ne se pose plus qu’en termes de rupture et d’opposition à la France, voire de repli sur soi, comme le cultive nos opposants.

Hélas, si quelques points de convergence ont pu être dégagés sur des aspects mineurs, nous en sommes restés à une mosaïque de positions différentes, voire divergentes, dans lesquelles les clivages politiciens et les positions idéologiques, et sans doute revanchardes, ont pris le dessus sur ce qui devait constituer une vision haute de l’intérêt de notre pays.

Je persiste à penser que l’auto-définition de cette nouvelle collectivité, « suis generis, à statut particulier », reste une occasion historique majeure pour notre Martinique. Dans le respect de la décision du peuple martiniquais d’être régi par l’article 73 de la Constitution, je crois qu’il nous est possible d’ouvrir les fenêtres, d’appeler l’oxygène, et d’avancer sur la voie d’une responsabilisation optimale, par l’extension des moyens constitutionnels qui sont mis à notre disposition.

Le peuple martiniquais a signifié une fin de non-recevoir à l’aventure et à la fragilisation de ses acquis, mais il n’a en rien renoncé à disposer d’une meilleure emprise sur les outils politiques qui vont forger sa destinée.

L’éthique politique en la matière exige, non pas l’addition mécanique de deux outils imparfaits, mais une dynamique d’innovation, d’audace, d’auto-organisation visant à nous doter, dans le cadre de notre appartenance à la République, d’outils institutionnels modernes, conformes aux mutations du monde et aux grandes ambitions que nous nourrissons tous pour notre pays.

Je regrette infiniment que le calcul politicien et l’esprit de revanche aient pris le pas sur la dignité et la raison. Je prends acte de l’échec de cette commission, et recommande que nous poursuivions, par tous les moyens possibles, la recherche de cette « union sacrée », de cette voix forte et commune, qui fera en sorte que les propositions qui seront signifiées aux autorités françaises soient l’expression de la plus grande majorité possible d’élus martiniquais.

Des élus investis d’un esprit de liberté et non de soumission idéologique, et conscients de la nécessité d’une inébranlable et juste autonomie de conception.

Didier LAGUERRE

Il faut respecter le personnel de la région

Dimanche 27 juin 2010

DANIEL MARIE-SAINTE : UN MENTEUR « GRA ET EPI EPAI »

Vendredi 7 mai 2010

Qu’est-ce-qu’il ne faut pas entendre ? Etourdis par le rythme de la nouvelle Région, pas habitués à penser développement et encore moins à le mettre en œuvre, il ne reste plus aux Patriotes (euh pardon et… Sympathisants) qu’à faire le choix du mode mauvaise foi. Le ton est au mensonge, à la transformation de la vérité et à de mauvais emballages très peu crédibles.

Et le voilà, l’ancien 1er Vice-Président de la Région, éructant à Politix contre celle à qui le peuple lui a prié de céder sa place, et la traduisant devant un mauvais tribunal.

Mais voilà, la vérité est la !

Oui, Monsieur l’ex 1er Vice-président, oui, la Ville de Fort-de-France a subi LA PURGE (1), pour ne pas dire la GRANDE PURGE pendant ces 6 dernières années de mandature patriote. Des financements ridiculement bas, des non-réponses à la pelle, des refus incompréhensibles et non objectifs, tout cela pour n’arriver qu’au montant de 6 375 224.13 euros et non les 8 et quelques millions qu’il se plait à annoncer fièrement. 1 million d’euros à peu près par an, ARPEL – ACRC comprise, pour une ville de 100 000 habitants aux enjeux reconnus comme historiquement terribles.
Sachez tout de même que nous respectons ces décisions au nom de la démocratie et de votre liberté à gérer,…. mais le Peuple lui a moins aimé ce 21 mars dernier.

Alors, c’est vrai que ce Monsieur certainement très honteux de son score rajoute habilement dans son total à lui tout ce qui concerne de loin ou de près Fort-de-France. Pour gonfler l’addition, on y met tout ce qui est fait sur les Routes Nationales qui traversent la capitale. Pas le moindre nid de poule sur le boulevard Gal de Gaulle ou au bord de mer bouché par le propriétaire du lieu, la Région, qui ne soit mis dans la cagnotte. On va même, et là vous conviendrez que l’on est au summum de la mesquinerie, à y rajouter la contribution de la Région à la manifestation Nationale Martiniquaise rendue aux victimes du crash du 16 août 2005….organisée à Fort-de-France. Odieux !!! Dans le mode « véglaj », et toujours pour faire joli, allez hop, on y accumule bien sur l’ARPEL récemment devenue ACRC, une aide classiquement banale convenue d’avance pour toutes les communes chaque année… se résumant pour la ville capitale à 3,60 euros par habitant. Magnifique !!

La vérité est là, et je laisse juger nos lecteurs !

Pas satisfait de ses maigres forfaits, le voilà, honteux encore de son absence de performances récemment sanctionné, à justifier de sa grande implication dans un plan post-crise de 2009. Il affiche ses généreux prêts donnés aux chefs d’entreprise via son officine « Martinique Initiative », opération demeurée d’ailleurs très intime. L’argent donné, un vrai virus patriote vous conviendrez ! Il suffit d’en donner et tout va bien. Aides par-ci, aides par-là,…une vraie baguette magique. Eh bien, non Messieurs les patriotes, l’entreprise a aussi besoin que l’on s’intéresse à elle, qu’on l’aide dans sa grande détresse, qu’on lui explique des mécanismes compliqués, que les dirigeants de ce pays fassent corps avec elle, pas loin d’elle, perchés dans le confort de Plateau Roy.

Et c’est dans cet objectif, que le Président Letchimy a choisi de mener une expérience qui finalement a été heureuse : faire l’effort de décentraliser l’information et l’explication au chef d’entreprise ! La porter en la démystifiant à Sainte-Marie, au Marin, etc… une simple explication !!! Rien d’autre ! Des centaines de chefs d’entreprise ont répondu à cet appel et ont enfin compris qu’il fallait faire vite pour bénéficier de l’aménagement de leurs dettes. Une opération montée rapidement face à cette date couperet du 30 avril et à laquelle les 3 chambres consulaires, le RSI, etc ont accepté de participer. Des centaines de chefs d’entreprise qui ont pu faire tranquillement leur demande de sursis à poursuites, au plus près de leurs territoires. « Expérience à renouveler au plus tôt et à pérenniser » ont répété les chefs d’entreprises reçus !!

Pour terminer, les voilà, les mêmes, dénigreurs d’une expérience dite « commission ad-hoc » voulue par le Président. Monsieur Tout le Monde invité à participer à la réflexion pour une meilleure construction de son pays sont qualifiés par ces gens « d’experts », etc… Experts de quoi ? La nouvelle polémique : les jetons de présence qui serviraient à « récompenser des amis ». Récompense de quoi ? Pas besoin, je suppose de vous rappeler le principe du « jeton de présence » ? Il s’agit en effet de prendre en charge les frais liés à la présence de ces citoyens. Pratique très courante dans beaucoup d’institutions (y compris à la Région), les CA de sociétés de HLM, etc… et qui représentent une somme très dérisoire de quelques euros basée sur le déplacement en voiture personnelle et sur un tarif légal. A une ou deux réunions par mois et quelques euros, quelle récompense !!! y’aura vraiment de quoi devenir riche !!!!

Enfin, … gardons l’espoir et crions en chœur …. « Ni an lè yo ké lasse ».

La semaine prochaine, réponse au Sieur Carole, ex et éphémère Conseiller Général de Fort-de-France sur l’Etablissement Public Foncier Local qui a l’air de lui provoquer un vrai delirium.

Moin di zot, an lè yo ké lasse, lasse, lasse !!!

(1) PURGE : selon le DIXEL – ROBERT : Mise en place d’actes volontaires aux fins de procéder à l’élimination autoritaire et violente d’éléments considérés comme politiquement indésirables
(2) SOURCE : Comptes administratifs de la Ville de Fort-de-France

Fonmy wouj

Il faut préserver la liberté de la presse

Samedi 9 janvier 2010

Le rôle du journaliste est d’informer les citoyens en rendant publics les faits et événements dont il a connaissance. Ce rôle d’information implique la recherche d’éléments susceptibles d’éclairer le public, par des canaux plus ou moins officiels, qu’il lui appartient de vérifier et de recouper, et qui constituent ses sources.

Dans l’exercice de sa profession, le journaliste peut être confronté de diverses manières à la justice : il peut lui être demandé d’apporter la preuve des informations qu’il a publiées lorsqu’il est par exemple accusé de diffamation ; les enquêteurs peuvent également vouloir l’entendre dans leur recherche d’éléments de preuve sur une affaire dans laquelle il a également enquêté.

La justice n’exige à l’évidence pas en permanence de la presse qu’elle révèle ses sources ; elle ne le fait que pour certains sujets sensibles pour l’opinion publique et, plus fréquemment, lorsqu’ont été divulguées des informations confidentielles à l’insu du juge en charge d’une affaire. Tout dépend donc du sujet traité et, partant, du choix initial du journaliste quant au domaine de ses investigations. Il reste que cette liberté de choix apparaît étroitement corrélée à la liberté d’information.

Dès lors, la liberté de la presse ne se conçoit pas sans que soient apportées des garanties aux journalistes dans l’exercice de leur profession et, notablement, sans que soit protégé le secret de leurs sources : la possibilité pour un journaliste de taire l’origine de ses informations permet d’éviter un tarissement de ses sources et favorise donc une réelle liberté d’informer. Il serait sans doute extrêmement difficile pour les journalistes de mener des enquêtes approfondies si les témoins qu’ils sollicitent n’avaient pas l’assurance de pouvoir s’exprimer sans courir le risque de voir leur identité révélée ou leur situation sociale remise en cause. « Qui cite ses sources, les tarit » dit l’adage.

Notre droit n’a jusqu’ici pas érigé le principe de la protection du secret des sources journalistiques comme règle générale : depuis la loi du 4 janvier 1993, est seulement reconnu aux journalistes un droit de non-divulgation de leurs sources lorsqu’ils sont entendus comme témoins dans le cadre d’une procédure d’instruction (article 109 du code de procédure pénale).

Or il est urgent pour la France de se doter enfin d’une législation plus ferme afin d’être en conformité avec les règles de la cour européenne des droits de l’Homme qui fait de la protection du secret des sources « l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse ».

Répondant à cette nécessité, mais aussi à l’attente des journalistes, qui réclament depuis de nombreuses années déjà des aménagements du régime juridique qui leur est opposable, ce texte n° 2010-1 du 4 janvier 2010, paru au JO n° 3 du 5 janvier 2010, entend renforcer la liberté d’exercice du métier de journaliste, ainsi que, de manière plus générale, la crédibilité dont les journalistes pourront se prévaloir auprès de leurs informateurs en affirmant de manière solennelle et absolue le principe de la protection du secret de leurs sources et en tirant les conséquences de ce principe en matière de procédure pénale.

Il consacre ainsi, au sein de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, un principe général et complète les dispositifs applicables en matière pénale pour permettre aux journalistes de s’opposer plus efficacement à la remise en cause de leur droit au silence et de bénéficier, dans le cadre de perquisitions effectuées sur leur lieu de travail ou à leur domicile de garanties procédurales renforcées.

Jeff Lafontaine (extrait des synthèses des débats parlementaires)