Archive pour la catégorie ‘Politique’

Hommage à Jules Ferry

Lundi 14 mai 2012

Dans un message adressé hier à Victorin Lurel,  responsable du pole outre-mer au parti socialiste et Jean-Marc Ayrault, président du groupe SRC, à l’assemblée nationale,  le député de la Martinique Serge Letchimy, a tenu à faire part de sa position sur le choix de François Hollande d’honorer la mémoire de Jules Ferry au cours de la cérémonie de son investiture, prévue le mardi 15 mai 2012.

Serge Letchimy indique qu’il est  convaincu  qu’en honorant Jules Ferry, l’artisan des grandes lois libérales des années 1880 et de l’école primaire républicaine, François Hollande se soucie  de rappeler que l’école se trouve au cœur de son projet visant à refonder la République.

En effet, il sait que François Hollande souhaite assigner à l’école la mission d’enraciner les valeurs républicaines du respect des différences, tout en réaffirmant que l’appartenance à la Nation française peut se faire sur des bases très multiples et diverses.

Cependant, il rappelle que nous ne pouvons ignorer que Jules Ferry fut aussi, en son temps, l’homme qui a justifié la colonisation par des considérations économiques, diplomatiques et « humanitaires ». Les échos de son célèbre discours à la Chambre du 28 juillet 1885 résonnent encore dans nos mémoires et nous appellent à une extrême vigilance.

Serge Letchimy reste  persuadé que François Hollande ne souhaite en aucune manière honorer cette face obscure de Jules Ferry, mais que la part d’ombre de la République imprègne encore nombres de  représentations et de pratiques.

Enfin, Serge Letchimy réaffirme que c’est parce qu’il  croit en l’existence d’une éthique universelle pour la défense des droits et de la dignité des peuples, en la capacité de la République à rassembler ce qui est épars, qu’il regrette le choix porté sur un personnage dont l’ambivalence n’est plus à démontrer.

victoire de Francois Hollande

Mardi 8 mai 2012

Le Parti Progressiste Martiniquais se félicite de la victoire de François HOLLANDE à ces élections présidentielles 2012.
Cette élection ouvre de nouvelles perspectives pour la France, pour L’Europe, mais aussi pour la Martinique.

Le PPM, qui s’est engagé résolument et sans aucun préalable auprès du Parti Socialiste dans cette bataille pour le progrès, n’a pas ménagé ses efforts durant la campagne pour faire en sorte que les résultats soient à la hauteur des enjeux.
Le PPM  remercie donc tous ceux et toutes celles, aux rangs desquels ses propre militants, qui se sont effectivement mobilisés pour obtenir la large victoire de François HOLLANDE à la Martinique.

Le PPM, partenaire de longue date du Parti Socialiste, continuera à œuvrer en toute loyauté et sans concession pour un progrès porteur d’un avenir meilleur, conforme aux valeurs que nous défendons liées au droit à l’égalité, au droit à l’initiative et au droit au développement.

serge Letchimy
Président du PPM

Propos antirépublicain du Recteur

Lundi 6 février 2012

Monsieur André SIGANOS
Recteur de l’académie de Martinique
Les Hauts de Terreville
97233 Schœlcher

Objet : demande de clarification
             
Monsieur le Recteur,

J’ai été maintes fois sollicité par la communauté éducative au sujet d’attitudes et de propos anti-républicains que vous auriez tenus. Ces propos, dénigrant la société martiniquaise et sa langue créole, remettraient en cause le respect et la réserve qu’un fonctionnaire de votre rang devrait observer dans sa mission de service public.

Les déclarations qui m’ont été rapportées, mais aussi évoquées par plusieurs médias, me semblent suffisamment graves pour exiger de votre part une clarification.

Pour mémoire, à la réunion de rentrée  avec les chefs d’établissement, au mois d’Aout 2011 au lycée Joseph Gaillard,  excédé par un micro qui fonctionnait mal, vous auriez  déclaré qu’il s’agissait « d’un micro martiniquais » et présenté, quelques minutes après, de vagues excuses à l’assemblée  tout en soulignant la « susceptibilité » des personnels présents.

Le second fait est dans la même veine. Il m’a été affirmé qu’à l’occasion de réunions techniques, notamment à Paris lors du dialogue de gestion du mois de novembre 2011, vous auriez souligné la mauvaise qualité du travail fourni par les chefs de division du Rectorat et par les personnels de direction. Ces propos ont été d’ailleurs dénoncés par le syndicat des chefs d’établissement « indépendance et direction » dans un courrier du 28 novembre 2011 qui souligne que pareils comportements et propos portent gravement atteinte à l’intégrité professionnelle et morale des personnels injustement visés.

Le troisième fait qui m’a été signalé est que vous auriez tenu à Saint Domingue des propos fustigeant le manque d’ardeur au travail du Martiniquais, l’oisiveté des femmes, et condamné l’usage de la langue créole pour son inutilité.

Enfin, à l’adresse d’un député de Martinique, vous auriez au cours d’un vol sur la  compagnie Air France fustigé les annonces faites en langue créole et  l’enseignement du créole en indiquant que votre rôle consistait « à renforcer l’enseignement du français en territoire français pour favoriser au mieux l’émergence des jeunes martiniquais ».

Je sais que vous avez, par voie de presse, nié ces propos et que publiquement, vous auriez minimisé leur portée en les versant au dossier de l’humour.
Vous en conviendrez peut être, que la multiplication des témoignages convergents  nourrit le doute dans un champ où un fonctionnaire de votre rang n’y devrait  laisser aucune poche de respiration.

Il me semble néanmoins que la ligne balisée par les valeurs humaines et les valeurs républicaines est fragile, voire étroite, et qu’autour d’elle ne s’ouvre que d’insondables abîmes. Dès lors, s’éloigner avec tant de constance de la mesure ou de l’éthique, dans un commerce bien trouble avec le mépris, ou le racisme, ne relève d’aucun domaine qui puisse être praticable, et encore moins acceptable.

Le malaise persistant dans la communauté éducative, l’atteinte supposée à la dignité de tout un peuple, nécessitent que le  doute soit levé sur la nature de vos déclarations.

C’est en ce sens que je vous saurais gré de me faire savoir par retour de courrier tout élément d’information permettant de préserver les rapports qui existent entre la collectivité régionale et l’académie de Martinique.

Je vous prie de croire, Monsieur le Recteur, à mon attentive considération.

CETTE ABOMINABLE OPPOSITION !!!

Mercredi 28 décembre 2011

REGION MARTINIQUE : CETTE ABOMINABLE OPPOSITION !!!

Il a depuis longtemps été de coutume au Conseil Régional de la Martinique d’offrir des cadeaux au personnel et aux élus au moment de Noël. A son arrivée au Conseil Régional, le président Serge Letchimy a tout simplement respecté cette tradition. Le montant affecté à cette dépense fait l’objet d’une délibération actant le principe et le montant de cette dépense. Ce fut le cas lors de la Commission Permanente du 22 novembre dernier pour un montant de 53 988 euros *. Pour mémoire, le personnel régional compte environ un millier de salariés.

Cette année, afin de donner du sens à une réelle volonté d’aider la production martiniquaise, le choix s’est porté sur un coffret comprenant :
- Un vin de fruits produit par un jeune martiniquais à Sainte-Marie, sous le label « Fruité des Iles »
- Un sirop de mabi fabriqué au Lamentin, en Martinique,
- Des pâtisseries locales produites par la Biscuiterie Néma, en Martinique
- Des chocolats martiniquais « Frères Lauzéa »,
- Un disque du quintet antillais « BAYLAVWA »

Ce choix avait pour le Président de la Région, le double mérite d’honorer un acquis et une coutume bien à propos en cette période de Noël auprès d’un personnel qui démontre au quotidien sa mobilisation, mais aussi de donner du sens à une volonté d’accompagner la production locale en lui offrant la possibilité d’honorer une commande importante quant on connait la taille et le marché de ces petites entreprises.

Et voilà que la délibération de la Commission Permanente est tout simplement détournée par le chef de file de l’opposition, Monsieur Daniel MARIE-SAINTE qui relaie en toute impunité sur Internet en mentant et en trichant avec beaucoup d’assurance comme il sait faire que cette somme est en fait destinée à offrir des cadeaux aux ….élus.

Pour mémoire, les élus régionaux qui ne sont que 41 et ont été destinataires du même coffret avec le même contenu.

UNE ABOMINABLE OPPOSITION en panne d’idées, de projets, d’espoirs et d’espérances et qui a choisi pour exister LE MENSONGE GROSSIER. Soyez vigilants en attendant que l’histoire ne les juge définitivement.

• Montant votés en 2008 pour la même opération : 55 298,30 euros , en 2009 : 49 362,80 euros, en 2010 : 51 696,40 euros

Fort-de-France, le 28 décembre 2011
Pour le groupe « Ensemble pour une Martinique Nouvelle », son chef de file, Daniel ROBIN

Un grand Anticolonialiste nous a quittés….

Jeudi 15 décembre 2011

Henry BERNARD (1933-2011), est une figure emblématique des grandes luttes anticolonialistes.
Guadeloupéen d’origine, il se sentait avant tout Caribéen, avec toutes les hautes dimensions de l’identité et de la culture antillaises.

Indépendantiste convaincu, il avait vécu 15 ans parmi nous à la Martinique (Nov. 66 à sept. 79) et avec Césaire (qu’il admirait parmi tout) et le PPM (dont il était adhérent), il se sentait chez lui, au siège du PPM qu’il fréquentait très souvent, il apportait, avec brio, ses analyses, ses réflexions, sur le mot d’ordre et la stratégie anticolonialiste du Parti. Il a participé activement aux Congrès du Parti, avec toute la conviction ardente qui l’animait afin que le PPM avance vers la responsabilité martiniquaise la plus totale. Il faut signaler obligatoirement sa contribution magnifique au débat, dans une conférence au Théâtre municipal, salué particulièrement par CESAIRE, ALIKER, DARSIERES : « Conscience de classe, conscience de race, conscience nationale » vers les années 70.
Notre Parti en avait sorti un disque largement diffusé, et toujours d’actualité, aujourd’hui encore (nous l’éditerons à nouveau…).
De retour en Guadeloupe, il a été un acteur virulent avec Luc REINETTE, de l’A.R.C. (Alliance Révolutionnaire Caraïbe), il a été, pour cela, emprisonné à Fleury Merogis.

Nous saluons la mémoire de notre camarade qui, dans tous les Balisiers, et dans beaucoup de communes, et de façon pédagogique, participait à la formation du Militant.
Professeur de Philosophie, au Lycée de Bellevue, il a façonné, de son empreinte magistrale, des générations d’élèves, très attachés à son enseignement.
Salut Camarade, tu as été un exemple, dans le militantisme sincère et fervent de la Nation Martiniquaise!

Fusion des deux assemblées : les travaux avancent.

Lundi 28 novembre 2011

Préparation collectivité unique

Les travaux relatifs à la mise en place de l’Assemblée Unique se poursuivent.

Dans cette perspective, la Présidente du Conseil Général Josette MANIN et le Président du Conseil Régional Serge LETCHIMY se sont rencontrés à l’Hôtel de Région le 24 Novembre en présence des directeurs et des techniciens des deux collectivités, en charge de la fusion.

L’objectif étant pour les deux exécutifs de définir les compétences néanmoins de chaque assemblée, même si la fusion se traduira par une nécessaire mutualisation des moyens. Notamment sur les questions relatives à :

-      L’aide aux étudiants,

-      Le logement social plus particulièrement l’habitat insalubre. Sur ce point le Président serge LETCHIMY prévoit une concertation permanente, avec le département.

-      Le contournement de Saint-Pierre….

On notera parmi les nombreuses décisions arrêtées, les chantiers qui seront conduits par le Conseil Général, notamment :

-      Le Plan Département de Traitement des Déchets dont la révision fera l’objet d’un séminaire au cours du mois de décembre.

Le transport maritime, pour lequel le principe d’une consultation en vue de l’aménagement inhérent  au transport public est d’ores et déjà envisagé.

Le Conseil Régional poursuivra l’ensemble des travaux dans les domaines tels que :

Le Transport en Commun en Site Propre, (le TCSP), jusqu’ici géré par les deux collectivités à l’intérieur d’un syndicat mixte.

La préparation de la fusion des deux collectivités se poursuivra consensuellement entre la commission du Conseil Général et la commission ad hoc du Conseil Régional, même si les élus de l’opposition siégeant dans cette commission ad hoc,  continuent  à manifester un désintérêt quant aux travaux qui y sont menés.

Pour autant, les points essentiels tels que la nomenclature comptable ou encore le patrimoine y seront examinés en profondeur, ainsi que la question relative à  la fusion du personnel pour laquelle le Président Serge LETCHIMY attache un intérêt  tout particulier.

Pour réussir la fusion des deux collectivités,  l’UAG sera impliqué aux travaux pour y apporter une assistance juridique, financière, et fiscale.

Enfin au terme des différentes études prévues au cours de l’année 2012, le principe de la tenue d’un premier congrès d’information y a été arrêté pour le  début de l’année 2013. Puis, un second qui portera  sur la préparation de l’Assemblée Unique.

Préparation collectivité unique

Jeudi 24 novembre 2011

Dans le cadre des travaux préparatoires à la mise en place de la collectivité unique, le conseil régional a accueilli ce jour la deuxième rencontre entre les exécutifs du  Conseil général et le Conseil régional.

Ces rencontres qui seront bimensuelles permettront aux Présidents et collaborateurs des 2 collectivités d’élaborer des processus de mutualisation des moyens entre les deux institutions.
Un travail important qui s’articule autour de commissions, groupes de travail, audits…

1- Mutualiser les moyens et les équipements
La mutualisation est au cœur même de ces rencontres. Ainsi la mise en place d’un guichet unique pour l’aide aux étudiants a été actée. Ce dernier devrait être opérationnel d’ici la prochaine rentrée scolaire et permettre aux jeunes martiniquais de trouver en un seul lieu l’ensemble des dispositifs mis en place pour la poursuite de leurs études.
De même, l’harmonisation d’une carte scolaire département/région devrait permettre une meilleure gestion des structures telles que les restaurants scolaires, internats, logement des personnels… Une étude sera  lancée pour élaborer des solutions visant à rationaliser l’utilisation des infrastructures existantes.
Autre exemple de cette démarche volontariste d’un travail commun, les liens qui désormais se tissent entre les collaborateurs des 2 collectivités. Ainsi, les services informatiques, archivages, BTP sont de fait sollicités pour élaborer et entamer des politiques de travail commun

2- préparation de la collectivité unique
Poursuite des réunions entre  les deux commissions du département et de la région. La commission ad hoc de la région sera élargie à l’opposition qui jusqu’alors refusait de siéger.
Confirmation des deux audits financiers (région et département)
Mise en place d’une assistance technique et financière courant- 2012 sur : la nomenclature comptable, la gouvernance interne, les personnels, les enjeux  financiers et fiscaux.
La concertation avec les représentants du personnel est un enjeu prioritaire

3- Informer les élus et le grand public
La communication autour de la fusion est indispensable. Aussi, une réunion des élus des deux collectivités est envisagée afin de les informer ainsi que l’ensemble des martiniquais sur les avancées de la préparation à la Collectivité Unique.

Intervention lors du débat sur le budget

Dimanche 13 novembre 2011

Assemblée nationale XIIIe législature Session ordinaire de 2011-2012
Troisième séance du mardi 8 novembre 2011

Intervention de Serge Letchimy lors du débat sur le budget.

Madame la présidente, madame la ministre, chers collègues, je tâcherai d’être bref, puisque je n’ai que cinq minutes, mais je dirai l’essentiel.

Nous nous trouvons dans une nébuleuse financière, qui impose à tous les États européens une politique de rigueur, les oblige à réduire leurs déficits et à prendre les précautions nécessaires pour éviter le chaos social. La question essentielle pour nous est de savoir comment nous en sommes arrivés là, comment l’Europe s’est laissée entraîner par un système financier prédateur, dans un capitalisme effréné et un ultralibéralisme sans limite.

C’est dans ce contexte que s’inscrit notre débat budgétaire, et nos pays de l’outre-mer n’entendent pas pratiquer la mendicité ni se tenir en dehors de la solidarité. Ce sont des pays dignes, qui n’ont pas peur de se battre, et nous considérons qu’ils doivent participer à l’effort national.

Cependant, je le dis très clairement, il faut savoir traiter des situations différentes de manière différente, et je pense que le Gouvernement n’a pas pris la mesure de la gravité de la situation.

Je redoute que se produisent en Europe, aux portes de la France – chacun sait ce qui se passe en Grèce –, des événements majeurs qui impliquent pour nous de lourdes conséquences sociales. Si l’on s’inquiète pour la France avec son taux de chômage de 8,9 %, on ne peut qu’avoir les plus grandes craintes pour la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion, où le chômage oscille entre 25 et 30 % et atteint 60 % chez les jeunes.

Nous sommes dans une situation d’autant plus difficile, que vous prenez des mesures de restriction qui menacent le service public et touchent d’abord les plus démunis, tout en alimentant dans le même temps le secteur bancaire et le secteur financier.
C’est un paradoxe qu’il faut clairement dénoncer, et nous devons ériger face à la bulle financière une bulle de solidarité qui permette de soutenir ceux qui ne mangent pas le matin.
Ceci étant, vous avez avec le RSMA pris une bonne initiative, qui permet de mettre un maximum de jeunes au travail.

Concernant la défiscalisation du logement social, vous connaissez mon point de vue : tant mieux si elle permet d’augmenter le nombre de logements, mais je vous demande de faire attention : la défiscalisation reste la défiscalisation ; elle ne concerne que l’initiative privée, et subordonner à l’initiative privée le droit constitutionnel au logement c’est prendre un risque majeur, surtout quand on sait que, sur les 55 000 ménages qui attendent un logement en outre-mer, 60 à 70 % ont des revenus si bas qu’il leur faudrait des logements « très » sociaux, avec des loyers que la défiscalisation ne permettra pas d’abaisser suffisamment pour les leur rendre accessibles.

Du rapport que m’avait demandé Yves Jégo est née la loi sur l’habitat indigne ; j’attends avec impatience les arrêtés qui la concernent, paraît-il imminents. Quoi qu’il en soit, cette loi va exiger beaucoup de moyens, et la défiscalisation ne doit absolument pas se substituer mécaniquement à la LBU.
Jouez le jeu ! La défiscalisation doit produire du logement social ou intermédiaire : eh bien, continuez ! Quant à la LBU, elle doit servir à combler d’autres besoins, non satisfaits. Que faites-vous des besoins en matière d’amélioration de l’habitat des propriétaires occupants, en matière de restauration du patrimoine ancien dans nos bourgs, ou en matière de restauration et de restructuration des quartiers, où chaque opération – je prends l’exemple de Trenelle – coûte 300 millions d’euros ? Là, la LBU doit alimenter le fonds régional d’aménagement foncier urbain. C’est un impératif. Je vous demande donc d’être très prudente dans ce domaine.

Et puis, je regrette de le dire, mais je ne suis pas exactement sur la même ligne que le parti socialiste sur la question de la défiscalisation, tout en admettant que les niches fiscales posent certains problèmes.
Les décisions que vous avez prises en la matière n’ont rien d’anecdotique. Vous avez patiemment, depuis la LODEOM, raboté la défiscalisation sur les investissements outre-mer. Soit, si vous aviez su offrir en contrepartie à ces territoires les moyens d’accomplir leur mutation économique, de générer des investissements solidaires qui permettent un partage de la richesse et mettent un terme aux monopoles qui ne font que renchérir les prix et créent une société à deux vitesses.

Mais il n’en est rien, vous ne faites que raboter. Vous supprimez la TVA NPR ; vous supprimez les dépenses fiscales liées au logement libre ; vous supprimez des exonérations de base ; vous supprimez l’abattement de 30 % pour l’impôt sur les sociétés. Avec quel résultat ? Entre 460 et 500 millions d’euros en moins pour l’investissement outre-mer, à quoi il faut encore ajouter la suppression, par amendement, de 53 millions d’euros en crédits de paiement et 40 millions en autorisations d’engagement.
Ces aides à l’investissement permettent pourtant de réduire de 28 à 40 % le coût de ces investissements, qui s’élevaient, en 2010, à 3 milliards d’euros. On sait qu’elles profitent avant tout aux petites entreprises – sachant que 90 % des entreprises martiniquaises sont des TPE – et qu’elles ont permis de créer des centaines d’emplois. Enfin, les effets pervers qu’elles ont généré ont, si l’on excepte les structures de rémunération intermédiaire, progressivement été corrigés.

Vous savez pertinemment que s’attaquer aux niches fiscales doit se faire dans le temps, progressivement, et non brutalement. Il faut par ailleurs comparer le coût de l’aide à l’investissement productif en outre-mer aux autres dépenses fiscales. Elle ne représente que 1,3 milliard, soit 1,3 % des dépenses globales liées aux niches fiscales en 2010, quand la TVA sur la restauration coûte 3 milliards et les heures supplémentaires, 4,5 milliards. Sous prétexte que l’outre-mer doit participer à la solidarité nationale, le voici privé de son potentiel d’investissement ! Oui à la solidarité, mais pas à n’importe quel prix !
Je veux aussi parler de certains retards considérables dont nous pâtissons. L’aide au fret est restée fictive jusqu’en 2011 – elle est appliquée aujourd’hui, mais difficilement ; nous attendions un rapport sur les conséquences de la suppression de la TVA NPR : nous ne l’avons pas eu ; la suppression des réductions d’impôt sur le photovoltaïque est une bonne chose, qui permet d’éviter les dérapages, mais rester deux ans sans envoyer de signe aux acteurs économiques, c’est tuer la filière, et on a tué la filière !
Nous devons, madame la ministre, nous engager dans une mutation en profondeur de notre économie, qui nous préserve de l’instabilité sociale.

Je conclurai en signalant que l’aide aux collectivités territoriales a été diminuée de 14 %, et que ce sont ces collectivités qui aujourd’hui, dans nos régions, se substituent à l’État. L’aide à la continuité territoriale, déjà réduite à la portion congrue, a encore diminué. Les dettes vis-à-vis de la sécurité sociale sont compensées – et l’augmentation du budget s’explique en partie par là. Enfin le fonds exceptionnel d’investissement a également diminué.
Lorsque, d’un côté, on aggrave la précarité et le chômage, et que, de l’autre, on augmente le coût de la vie, cela produit des étincelles qui peuvent produire les conditions d’une véritable explosion.

Nous sommes prêts à organiser chez nous un développement endogène, qui s’inscrive avec cohérence dans notre environnement. Cela implique que l’Europe nous considère autrement. Arrêtons de dire que nous représentons 97 % de la surface maritime française et 80 % de la biodiversité européenne, sans en tirer les richesses que cela implique.

Un de nos proches voisins, c’est le Brésil. Finançons des moyens de transport pour aller y chercher des matériaux que nous transformerons localement. Il nous faut une coopération économique ouverte. Et chaque fois qu’une richesse sera détectée dans nos pays, comme le pétrole en Guyane, nous en voulons notre quote-part, pour être avec succès les acteurs de notre propre développement.

Serge Letchimy
8 novembre 2011

Rentrée politique

Samedi 10 septembre 2011

candidats et suppléantsLe mois de septembre est traditionnellement celui de la rentrée sous toutes ses formes, sociales, économiques politiques, mais également celui d’un regard en arrière pour mesurer le chemin parcouru…

La Martinique n’échappe pas à cette problématique et dans le contexte de crise actuel, il a bien fallu déployer des trésors d’énergie, de volonté, pour élaborer des stratégies permettant de faire avancer les choses. Avec le plan de relance d’urgence dont les premiers effets se font sentir, avec également le plan immersion jeune qui aura permis la mise en activité durant les mois de juillet- août de près de 700 jeunes. Dispositif qui a d’ailleurs été prolongé pour le mois de septembre et qui devrait être reconduit l’an prochain, en l’améliorant encore. Autant de mesures qui concernent le court terme, pendant que d’autres relatives au moyen et au long terme sont mises en place. Je pense particulièrement au plan ambition jeune adopté courant 2011 et qui commence progressivement à être mis en place, au plan de relance 2 qui concernera des projets plus structurants et sur un terme différent de celui du PR1, à la réforme de la politique agricole (adoptée) ou encore à la prochaine réforme des dispositifs d’accompagnement des entreprises… . L’objectif étant, par la conjugaison de toutes ces mesures, à court, moyen ou long terme, de permettre le redémarrage de l’économie martiniquaise.
La situation sanitaire est elle aussi préoccupante, avec l’invasion d’algues sur le littoral martiniquais, à l’origine de problèmes de santé publique, mais également économiques. Là encore, il a fallu faire preuve d’abnégation et de solidarité pour prendre à bras le corps ce problème et tenter d’apporter des éléments de réponse à une problématique complexe. Un phénomène qui, une fois de plus, doit nous interpeller sur notre relation à la nature, à notre environnement.

Sur le plan politique, les prochaines échéances sénatoriales du 25 septembre prochain occupent l’actualité, avec une campagne différente des campagnes précédentes. Rappelons en effet qu’il s’agit d’une élection au suffrage indirect, où le corps électoral est constitué de « grands électeurs » issus des élus locaux et des parlementaires.
Le PPM quant à lui, comme d’habitude, tâche de faire les choses avec méthode et dans l’ordre, en associant le plus largement possible nos militants à la réflexion qui doit précéder tout choix. C’est ainsi qu’après interrogation des militants, le 7 juillet dernier, le Comité National s’est prononcé sur cette élection.

C’est à l’unanimité des présents et représentés que le choix a été fait de soutenir la candidature de Serge LARCHER. La nécessaire et fructueuse discussion avec nos partenaires d’Ensemble pour une Martinique Nouvelle permettant de nous positionner dans le sens de l’intérêt général de la Martinique. Au sein de l’alliance, les débats ont permis de dégager un large consensus autour des candidatures de Serge LARCHER du PPM et Maurice ANTISTE du MPF. C’est donc tous unis au sein de l’alliance et conscients de l’intérêt supérieur de notre pays que nous nous engageons dans cette bataille électorale.

Viendra ensuite la nécessaire discussion avec les socialistes, lors de la préparation de l’élection présidentielle française qui précédera les législatives de juin 2012.
Les militants du Parti Progressiste Martiniquais seront comme à leur habitude impliqués sur tous les fronts, notamment lors de cette échéance, pour faire en sorte qu’ensemble nous puissions faire avancer notre pays sur la voie du développement et de la responsabilité.

Le 6 septembre 2011
Didier LAGUERRE
Secrétaire Général du PPM

Les dits « patriotes martiniquais » : la supercherie

Jeudi 14 juillet 2011

Je suis un indépendantiste utopiste ; cela signifie que je suis partisan de l’indépendance de mon pays et plus largement de tous les pays encore colonisés par des puissances coloniales ; mais en ce qui concerne mon pays, la Martinique, j’ai déjà réalisé que je suis devant un vœu irréalisable pour le moment du fait du refus du peuple d’aller vers un tel statut. Je me garde d’entrer dans la catégorie des gens que Jean ¨Paul Sartre qualifiait de gens de mauvaise foi ; des gens qui savent la vérité, mais se mentent à eux-mêmes pour mieux mentir au Peuple.

Même la dénomination de patriote relève de la psychanalyse ou tout au moins de la psychologie et est une réaction qualifiée par les spécialistes de « Processus de Contre investissement » : c’est une réaction où l’on remplace un terme rejeté par le subconscient par un terme très voisin mais assez flou pour qu’il l’accepte ; par exemple, il n’y a pas de noirs chez nous ; non, le subconscient collectif refuse cette qualification ; alors tous les noirs sont bruns et ce terme est acceptable et passe bien ; le subconscient collectif ne veut pas entendre parler d’indépendantistes et alors on lui fait admettre les patriotes.
Je sais que les réactions d’agressivité commencent à se manifester à mon endroit ; mais permettez que je vous livre mon analyse. Moi, indépendantiste chef d’entreprise, je me suis toujours posé la question : comment des militants arrivent à concilier leur statut de fonctionnaires avec celui d’indépendantistes ; autrement dit comment est-il possible de vouloir scier la branche sur laquelle l’on est assis.

J’ai du me rendre à l’évidence : c’est qu’en réalité les patriotes ne sont pas partisans de l’indépendance nationale martiniquaise et partant encore moins partisans de l’Autonomie du Peuple martiniquais.

Les psychologues et psychanalystes qui travaillent au sein du gouvernement français l’ont compris et le gouvernement surfe sur la méprise de nos leaders. Je sais que c’est dur d’entendre une telle vérité ; mais je vais étayer mon analyse.
Il est facile de se rendre à l’évidence par l’analyse des lapsus émis en politique par les dits « patriotes » et alliés. Un lapsus mineur mais révélateur avait été fait par le premier conférencier du RMC au stade du Lamentin. Edmond Mariette avait lancé à la fin de son discours en faveur du 74 ; « 74 ! 7 plus 4, onze, man sèbi » ; et toute l’assistance avait applaudi.
C’était déjà un lapsus mignon car mineur car en sèbi, 7 et 4 ne peuvent jamais se rencontrer, car il n’ y a pas encore de dé à 7 faces. Ceci n’est qu’une mise en bouche.
L’analyse d’un second lapsus collectif, plus important et plus grave celui-là, se trouve exprimé noir sur blanc dans la bible du Mouvement indépendantiste, Manifeste « Sanblé pou divini payi a ». Et celui-là est à la base de toute la démarche du gouvernement français à l’arrivée de la droite au pouvoir en plein milieu du Congrès des élus.
Je cite :
Les organisations soussignées réaffirment que le droit des peuples à l’autodétermination ne peut souffrir d’aucune exception et que la question de l’avenir institutionnel de notre pays doit être traité en conformité avec le droit international en matière de décolonisation.
Seule une consultation sous contrôle international, démocratiquement organisée, tenue après une période suffisante permettant à tous les courants de pensée, départementalistes, autonomistes, indépendantistes, de s’exprimer de façon libre et équilibrée serait conforma à ce droit
Il y a une expression sur laquelle vont sauter les psychologues du gouvernement : l’avenir institutionnel. Il y a une confusion avec l’évolution statutaire. Normalement pour aller à l’indépendance par étape, il faut une évolution statutaire, un changement de Statut. Mais l’instinct de survie des révolutionnaires installés sur la branche qu’ils ne veulent pas scier car ils ne sont pas suicidaires, se traduit par  le refus de l’évolution statutaire, emprisonné dans l’inconscient, le gouvernement l’a compris et il va surfer sur  l’expression évolution institutionnelle.

Une évolution des institutions n’a rien à voir avec une évolution du statut.

Prenons des exemples ; La France, l’Allemagne, l’Italie, ont un statut politique, c’est l’indépendance qui traduit leur souveraineté nationale. Ce sont des Nations, des Peuples. Les pays du Commonwealth comme Sainte-lucie et la Dominique dont l’existence des Peuples est officiellement reconnue, ont un Statut d’Autonomie au sein du Commonwealth. C’est une Autonomie reconnue à un Peuple dont la souveraineté est un petit petit peu partagée avec la Grande Bretagne ; mais ce régime d’Autonomie attaché à des Peuples fait que ces Etats sont reconnus et font partie de l’ONU. Maintenant au sein d’un statut, il peut y avoir des particularités institutionnelles accordées à des populations régionales. Nous avons l’exemple de la Sardaigne, de la Sicile ; ils sont italiens mais jouissent d’une large autonomie ; leurs peuples n’existent pas mais ce sont des populations régionales de l’Italie ;  ces régions jouissent de l’autonomie régionale. Quand le gouvernement français nous propose une évolution institutionnelle, il s’agit de nous faire accéder à plus d’autonomie régionale, pas à un régime d’Autonomie accordée à un Peuple. D’ailleurs pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, la Constitution affirme par l’alinéa 3 de l’article ,72 qu’il n’existe que des populations outre-mer. Cette situation paradoxale n’a pas manqué de heurter les deux seuls vrais politiciens martiniquais : Alfred Marie-jeanne et Serge Letchimy.

Le premier, très intelligent, par une forte introspection, comprenant le tour joué par le subconscient des patriotes fonctionnaires, a fleuré quelque chose d’ambigu dans cette histoire d’autonomie et il a poussé à la création du GRAM groupe de recherche sur l’autonomie martiniquaise ; mais pour masquer cette démarche  honteuse de sa part en tant que chantre de l’autonomie du 74, neuf mois après le choix du 74, il l’a fait contrôler par deux membres de son parti, Sainte Aimé et Marie Sainte et le chef du RDM, Lise. Quant  à Letchimy, nourri des enseignements de Césaire, il a démasqué tout de suite la nature néo coloniale du 74, tombeau des idéaux de libération nationale, car constituant une fin en soi; AMJ et Letchimy ont découvert tous les deux la supercherie du 74 qui conduirait donc à une autonomie régionale accordée à une population, différente de l’Autonomie d’un peuple, étape éventuelle à terme vers l’indépendance.

La suite a été un face à face pathétique entre deux consciences, nos deux plus valeureux politiques, les seuls (Letchimy avec les élus PPM, AMJ avec ses plus proches fidèles historiques), au sein du Congrès à savoir ce dont ils parlaient ; AMJ a choisi d’entrer dans la catégorie des gens de mauvaise foi de Sartre ; en liant une avancée bidon de son peuple à son espérance de vie ; Letchimy a choisi de sauver l’avenir de son Peuple, esquivant le piège du gouvernement,  en optant pour l’évolution institutionnelle du 73 et en sauvegardant l’évolution statutaire pour laquelle les conditions avaient été sciemment sabotées par le gouvernement colonialiste lui-même enfermant le Peuple martiniquais dans le bocal étriqué d’une population pour le manipuler à l’abri des regards de l’ONU et de la communauté internationale.

Max DUFRENOT